ANAM : Samba Sall hausse le ton contre le CNDES et le GSPD : « La politique sous cagoule ne remplacera jamais la compétence ! »

Le maire de Dabaly, porte-parole des élus de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains et président de l'Alliance Internationale pour l'Espoir et le Développement (AIED), Samba Sall, livre une réponse particulièrement ferme au communiqué du 10 octobre 2026 du CNDES et du GSPD. Il dénonce un mélange de considérations techniques et partisanes, conteste les jugements portés sur le nouveau Directeur général de l'ANAM, Dr Mamadou Thiaw, et appelle les organisations professionnelles à davantage de rigueur et de responsabilité.
Le communiqué n° 07 du Conseil national des dirigeants d'entreprises du Sénégal (CNDES) et du Groupe Secteur Privé et Développement (GSPD), signé par Birane Yaya Wane, continue de susciter la controverse.
Cette fois, Samba Sall a choisi de répondre sans détour.
Pour le maire de Dabaly, les auteurs du texte ne peuvent pas prétendre donner des leçons de bonne gouvernance tout en mélangeant analyses techniques, appréciations personnelles et considérations partisanes.

À ses yeux, ce communiqué révèle surtout une question de méthode : comment prétendre défendre la rigueur administrative sans distinguer systématiquement les responsabilités des différentes institutions ?
Première contradiction : vouloir juger toutes les administrations à travers une seule personne
Samba Sall commence par rappeler que la délivrance des licences de pêche industrielle relève du ministre chargé des Pêches.
L'ANAM intervient dans un autre cadre : celui de l'administration maritime, du contrôle des navires et de la sécurité de la navigation.
Les deux domaines sont liés, mais leurs responsabilités ne sont pas interchangeables.
Pour le porte-parole des élus de KIIRAAY, une organisation véritablement soucieuse de transparence devrait produire un tableau précis des décisions contestées, des autorités compétentes et des textes applicables.
Il ne suffit pas, estime-t-il, d'évoquer plusieurs dysfonctionnements dans un même communiqué pour démontrer qu'ils engagent tous la responsabilité du Directeur général de l'ANAM.
Deuxième contradiction : reconnaître le travail des inspecteurs et contester les décisions sans produire les dossiers
Sur les permis de navigation, le communiqué souligne lui-même que les inspecteurs de l'ANAM établissent des rapports techniques susceptibles de motiver certaines décisions administratives.
Samba Sall considère qu'il serait alors plus rigoureux de discuter le contenu de ces rapports que de mettre globalement en cause la direction de l'Agence.
Si un navire fait l'objet d'un refus de permis, les questions pertinentes sont simples : quelles irrégularités ont été relevées ? Quels textes s'appliquent ? La décision a-t-elle été correctement motivée ? Existe-t-il des voies de recours ?
Pour l'élu, ce sont ces éléments qui permettraient d'établir l'existence éventuelle d'une faute, et non les jugements sur la personnalité d'un dirigeant.
Troisième contradiction : réclamer une administration exemplaire sans distinguer les responsabilités juridiques
Navires désarmés, hypothèques maritimes, différends de propriété, immobilisation des bâtiments : autant de sujets que le communiqué aborde pour critiquer les explications du nouveau Directeur général.
Or, ces situations peuvent relever de plusieurs régimes juridiques.
Samba Sall estime qu'un débat sérieux devrait identifier séparément les questions de sécurité maritime, les responsabilités portuaires, les droits des propriétaires et les décisions susceptibles de relever de la justice.
Il rappelle qu'une autorité administrative ne peut pas s'attribuer un pouvoir que les textes ne lui donnent pas, même lorsqu'une situation exige une solution urgente.
Pour lui, la connaissance du droit ne consiste pas seulement à citer des règlements : elle suppose de respecter les limites des pouvoirs de chaque institution.
Quatrième contradiction : dénoncer un audit avant d'en démontrer les insuffisances
Le recours à un cabinet international pour un éventuel audit de la flotte sénégalaise fait aussi l'objet de critiques dans le communiqué.
Samba Sall considère que le recours aux compétences nationales doit être encouragé. Mais il distingue cette exigence légitime d'une condamnation anticipée d'une prestation.
Avant de juger un audit, encore faut-il connaître son coût, son cahier des charges, les qualifications du prestataire, la procédure de sélection et les résultats attendus.
Le porte-parole des élus de KIIRAAY invite donc les organisations à réclamer ces documents et à présenter une analyse comparative sérieuse.
Sans ces informations, une critique peut exprimer une inquiétude légitime, mais elle ne suffit pas à établir une mauvaise gestion.
Cinquième contradiction : transformer une préférence professionnelle en jugement définitif sur un dirigeant
Sur le profil du Directeur général de l'ANAM, Samba Sall conteste la conception défendue dans la dernière partie du communiqué.
Les auteurs y accordent une place prépondérante aux Administrateurs des Affaires maritimes et aux autres professionnels spécialisés du secteur.
Le maire de Dabaly reconnaît toute l'importance de ces qualifications, mais estime qu'elles ne peuvent être présentées comme l'unique fondement de la capacité à diriger une agence publique.
Le Directeur général doit coordonner les services, mobiliser les compétences, veiller à l'exécution des missions et rendre compte de la gestion de l'établissement.
Samba Sall rappelle à ce titre le parcours du Dr Mamadou Thiaw, expert en sciences de gestion et en management stratégique, et apporte son soutien au travail engagé depuis sa nomination.
Il se dit convaincu que les résultats à venir permettront d'apprécier plus concrètement la contribution du nouveau Directeur général.
Pour Samba Sall, la compétence ne se décrète pas dans un communiqué : elle s'apprécie à partir des qualifications requises, des responsabilités exercées et des résultats obtenus.
Sixième contradiction : proclamer sa neutralité tout en convoquant KIIRAAY et PASTEF dans le débat
C'est sur ce terrain que la réponse du porte-parole des élus de KIIRAAY devient la plus sévère.
Le CNDES et le GSPD affirment ne pas prendre parti dans les rivalités politiques. Pourtant, le communiqué oppose explicitement les appartenances partisanes du Directeur général entrant et de son prédécesseur.
Samba Sall y voit une contradiction que les deux organisations devraient expliquer.
Pourquoi introduire KIIRAAY et PASTEF dans une argumentation présentée comme exclusivement professionnelle ? En quoi l'appartenance politique permettrait-elle de déterminer si un permis de navigation est conforme ou si un audit est justifié ?
Il critique ce qu'il appelle « des politiciens encagoulés derrière des organisations prétendument neutres ».
À travers cette formule, il dénonce une méthode qui, selon lui, risque d'utiliser les appartenances politiques pour influencer la perception publique d'un débat administratif.
Il rappelle cependant que l'expression d'une opinion politique demeure un droit. Ce qu'il réclame, c'est une distinction claire entre opinion partisane et démonstration technique.
Auditions parlementaires : une enquête doit établir les faits, non alimenter les procès d'intention
La même exigence devrait, selon Samba Sall, s'appliquer aux commentaires entourant les travaux de la Commission d'enquête parlementaire sur les licences de pêche.
L'audition de l'actuel Directeur général de l'ANAM, Mamadou Thiaw, et de son prédécesseur, Bécaye Diop, le 9 octobre 2026, a suscité des réactions dans l'espace public.
Le maire de Dabaly note que certains parlementaires de la Commission appartiennent à PASTEF, mais que d'autres sensibilités y sont également représentées.
Il estime que cette composition multipartite doit conduire à une vigilance constante sur l'impartialité des débats.
Toutefois, l'appartenance à un parti ne constitue pas, à elle seule, une preuve de partialité.
Pour Samba Sall, l'essentiel est ailleurs : les députés doivent pouvoir recueillir des documents, interroger les responsables concernés, examiner les procédures et tirer des conclusions motivées par les preuves.
Une commission parlementaire ne doit pas être jugée uniquement à travers les commentaires politiques qui entourent ses travaux.
Une organisation responsable devrait d'abord instruire ses accusations
Au-delà de ses désaccords, Samba Sall adresse un message de méthode au CNDES et au GSPD.
Une organisation qui affirme défendre la bonne gouvernance doit pouvoir présenter des constats vérifiables, identifier les dispositions méconnues, produire des éléments justificatifs et formuler des recommandations réalisables.
Si elle conteste une décision, elle doit expliquer en quoi celle-ci serait contraire à la réglementation.
Si elle estime qu'un audit est coûteux, elle doit documenter le montant et son appréciation économique.
Si elle met en question l'aptitude d'un dirigeant, elle doit distinguer les exigences légales de ses préférences professionnelles.
Et si elle se présente comme apolitique, elle doit expliquer pourquoi elle estime nécessaire d'introduire les appartenances partisanes dans son argumentation.
Pour Samba Sall, la sévérité d'un communiqué ne constitue ni une démonstration juridique ni une preuve d'expertise.
« Que chacun respecte ses prérogatives »
Le maire de Dabaly conclut en réaffirmant sa confiance dans le Dr Mamadou Thiaw, tout en rappelant que l'action de tout dirigeant public doit demeurer soumise au contrôle, à la transparence et à l'évaluation.
Il souhaite que les organisations professionnelles contribuent au renforcement de l'administration maritime par des propositions concrètes, plutôt qu'en alimentant les controverses sur les personnes.
« Que chacun respecte ses prérogatives. Que les députés recherchent les faits, que les dirigeants travaillent et que les organisations professionnelles jouent pleinement leur rôle. Le Sénégal a besoin de résultats, pas de règlements de comptes politiques », conclut Samba Sall.
Samba SALL
Maire de la Commune de Dabaly
Porte-parole des élus de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains
Président de l'Alliance Internationale pour l'Espoir et le Développement (AIED)