Dakar 2026 : la Flamme olympique quitte Athènes pour embraser le Sénégal

Dakar 2026 : la Flamme olympique quitte Athènes pour embraser le Sénégal

Un moment historique pour l’olympisme africain. La Flamme des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 a été allumée et officiellement remise au Sénégal, lors d’une cérémonie organisée à Athènes, berceau de l’Olympisme. Prenant la parole à cette occasion, le président du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, Mamadou Diagna Ndiaye, a salué un moment « historique » et réaffirmé la détermination du Sénégal à offrir au monde des Jeux placés sous le signe de l’excellence, de l’amitié et du partage.

Dans son discours, Mamadou Diagna Ndiaye a d’abord adressé sa « profonde gratitude » à Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique (CIO), ainsi qu’à l’ensemble du mouvement olympique pour la confiance accordée au Sénégal et, plus largement, à l’Afrique.

« Merci à toi et à tout le mouvement olympique pour la confiance en l’Afrique, pour la confiance au Sénégal », a-t-il déclaré, rappelant également le rôle joué par Kirsty Coventry dans l’accompagnement de Dakar 2026 à travers la Commission de coordination des Jeux.

De la Grèce au Sénégal, une Flamme chargée de symboles

« Il y a à peine un instant, une flamme est née du soleil », a lancé le président du COJOJ Dakar 2026, avant de rendre hommage à la Grèce, « berceau de l’Olympisme ».

Pour Mamadou Diagna Ndiaye, la remise de cette Flamme au Sénégal dépasse largement le cadre protocolaire. Elle constitue un symbole fort de la place désormais occupée par l’Afrique dans le mouvement olympique.

« Merci de nous confier cette Flamme. Nous en prendrons grand soin », a-t-il assuré.

La Flamme olympique, qui a traversé les continents et fait plusieurs passages en Afrique au cours de son histoire, s’apprête cette fois à y demeurer plusieurs jours. Elle doit arriver à Dakar dès le lendemain de la cérémonie d’Athènes, où elle sera accueillie par le chef de l’État sénégalais.

Une nouvelle séquence symbolique s’ouvrira alors avec la mobilisation de 100 femmes, appelées au Sénégal les Linguères, qui marcheront vers l’emblématique Place du Souvenir Africain pour accueillir et accompagner la Flamme.

Les Linguères, gardiennes de la transmission

Dans son intervention, Mamadou Diagna Ndiaye a accordé une place particulière à la figure de la Linguère, symbole historique de la femme dans les sociétés sénégalaises.

« La Linguère n'était pas seulement l'épouse ou la mère du roi. Elle en était souvent l'inspiratrice, celle qui faisait et défaisait les couronnes, la gardienne des terres, des lignages, et de la parole donnée », a-t-il expliqué.

C’est donc à ces femmes que reviendra « le geste fondateur » de l’accueil de la Flamme au Sénégal. Entre leurs mains, l’allumage prendra naissance, donnant le coup d’envoi à une vaste tournée nationale destinée à faire vivre l’esprit des Jeux dans toutes les régions du pays.

500 porteurs, 3 600 kilomètres et 30 étapes

Après son arrivée à Dakar, la Flamme entamera un périple exceptionnel à travers le Sénégal. Le « Pass the Energy » Tour mobilisera 500 porteurs, parcourra 3 600 kilomètres, traversera les 14 régions du pays et comportera 30 étapes.

De Dakar à Kédougou, de Saint-Louis à Ziguinchor, la Flamme olympique ira à la rencontre des populations et de la jeunesse sénégalaise.

Pour le président du COJOJ, cette tournée ne sera pas une simple caravane promotionnelle. Elle sera avant tout une opération de transmission.

« À chaque étape, elle prendra quelque chose. À chaque étape, elle laissera quelque chose. C’est cela le “Pass the Energy” Tour. Moins une tournée qu’une transmission », a-t-il souligné.

L’ambition est ainsi de faire des Jeux de Dakar 2026 une fête qui dépasse les seuls sites de compétition et qui implique l’ensemble du territoire national.

« L’Afrique ne se demande pas si elle peut »

Face aux interrogations que pourrait susciter l’organisation, pour la première fois en Afrique, des Jeux Olympiques de la Jeunesse, Mamadou Diagna Ndiaye a livré un message de confiance et de détermination.

« Le monde pourrait se demander si l’Afrique peut. Nous répondons : l’Afrique ne se demande pas si elle peut. Le Sénégal est prêt. L’Afrique est prête », a-t-il affirmé.

Le président du COJOJ n’a toutefois pas promis des Jeux « parfaits ». Il a plutôt revendiqué des Jeux « vrais », à l’image du Sénégal et de sa culture de l’hospitalité.

« Nous ne promettons pas des Jeux parfaits. Nous promettons des Jeux vrais. Des Jeux chaleureux, durant lesquels le sport sera, pour 14 jours, la langue commune du monde », a-t-il déclaré.

2 700 jeunes athlètes attendus à Dakar

Le 31 octobre 2026, quelque 2 700 jeunes athlètes, venus de 206 pays, sont attendus au Sénégal pour prendre part à cette grande célébration sportive.

Ils y retrouveront les valeurs fondamentales de l’Olympisme : l’excellence, l’amitié et le respect. Mais ils découvriront également une valeur profondément ancrée dans l’identité sénégalaise : la Teranga.

Pour Mamadou Diagna Ndiaye, la Teranga ne se décrète pas et ne s’apprend pas dans les manuels. Elle constitue une manière naturelle d’accueillir l’autre, héritée de la culture et de l’histoire du Sénégal.

« Chez nous, on ne demande pas d’où vient celui qui arrive. On lui fait une place avant même qu’il ne la demande », a-t-il déclaré.

L’étranger devient ainsi un hôte, puis un ami. Une philosophie de l’hospitalité que le Sénégal entend mettre au cœur de Dakar 2026.

« Vous ne serez pas nos invités. Vous serez chez vous »

Le message adressé aux jeunes athlètes du monde entier se veut particulièrement fort.

« Vous ne serez pas nos invités. Vous serez chez vous », a lancé Mamadou Diagna Ndiaye.

À travers cette formule, le président du COJOJ entend faire de Dakar 2026 bien davantage qu'une compétition sportive. Les Jeux Olympiques de la Jeunesse doivent constituer une rencontre entre les jeunesses du monde et le continent africain, autour des valeurs de paix, de respect, de fraternité et de partage.

« L’Afrique accueille. Dakar célèbre », a-t-il résumé, avant de rappeler que cette célébration est d’abord celle « d’une jeunesse, la nôtre et celle de la terre entière ».

La Flamme olympique, désormais confiée au Sénégal, devient ainsi le symbole d’une transmission entre la Grèce antique, berceau de l’Olympisme, et une Afrique qui s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire sportive.

À 51 jours de l’ouverture des Jeux, le rendez-vous est désormais fixé : Dakar, le 31 octobre 2026.

Michel DIOUF