De l’homme de l’ombre à l’homme d’Etat : qui était Omar Souleiman, maître-espion égyptien et figure énigmatique de l’ère Moubarak ?

Personnage mystérieux tant au sein de l’Egypte qu’à l’étranger, spécialiste de la paradiplomatie et des négociations officieuses, Omar Souleiman se distinguera au cours de sa carrière par ses relations ambigües avec les services de renseignement occidentaux, son opposition aux Frères musulmans et son rôle dans les derniers jours de l’ère Moubarak.
De fait, les Egyptiens se souviennent aujourd’hui de Souleiman comme le tout-puissant - et craint - chef du principal service secret égyptien, le Service de renseignement général égyptien (EGIS), mais aussi comme celui qui annonça à l’Egypte, le 11 février 2011, la démission du président Hosni Moubarak, après plusieurs semaines de manifestations et répression ayant causé la mort d’au moins 850 personnes.
Cet homme de l’ombre, vice-président de Moubarak, se verra confier les rênes du pouvoir par ce dernier lors de sa démission ; revêtant ainsi pendant quelques semaines les habits d’un homme d’Etat, Souleiman incarnera surtout les espoirs de l’armée de conserver les rênes du pouvoir. La réputation d’homme cruel poursuivra cependant le général égyptien, qui ne parviendra pas à réellement investir la scène politique avant sa mort soudaine en juillet 2012, dans une clinique américaine de l’Ohio où il se faisait soigner.
Le présent article entend ainsi exposer, en synthèse, la vie de cet homme au parcours éminemment trouble mais dont le rôle dans la vie politique et diplomatique de l’Egypte de la fin du XXème et du début du XXIème siècle aura été central.
- Une carrière orientée très tôt vers l’appareil sécuritaire égyptien
- Du diplomate chevronné à la lutte anti-terroriste