Dialogue Afrique-Russie sur les mines à Saint-Pétersbourg : plus de 600 participants de 45 pays vers un partenariat stratégique pour la valorisation des ressources naturelles

Dialogue Afrique-Russie sur les mines à Saint-Pétersbourg : plus de 600 participants de 45 pays vers un partenariat stratégique pour la valorisation des ressources naturelles

Le dialogue Afrique-Russie sur les mines, organisé à Saint-Pétersbourg, marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre la Russie et les pays africains autour de la gestion, de l’exploitation et de la transformation des ressources naturelles. Réunissant plus de 600 participants issus de plus de 45 pays, cette rencontre a mis en lumière les enjeux de souveraineté économique, de formation des ingénieurs, de transfert de technologies et de développement industriel. Les échanges ont également été marqués par la signature de mémorandums et la création annoncée d’un Centre Afrique-Russie pour le développement des mines.

Saint-Pétersbourg, carrefour du dialogue minier entre l’Afrique et la Russie

Le dialogue Afrique-Russie sur les mines se poursuit à Saint-Pétersbourg dans un contexte où la maîtrise des ressources naturelles constitue un enjeu majeur pour le développement économique et industriel des pays africains.

La deuxième journée de cette rencontre, organisée le mardi 13 octobre 2026, a été consacrée à une séance plénière sur les matières premières. Avant les travaux, les participants ont effectué une visite du musée de l’Université des mines de Saint-Pétersbourg, une institution qui occupe une place importante dans la formation des spécialistes des secteurs minier et géologique en Russie.

Cette rencontre a rassemblé plus de 600 participants représentant plus de 45 pays. Universitaires, responsables gouvernementaux, représentants d'organisations professionnelles et acteurs du secteur des ressources naturelles se sont retrouvés autour d'une préoccupation commune : comment faire des ressources minières un véritable levier de développement pour les pays qui les possèdent ?

L'ouverture des débats a été assurée par le recteur de l'Université des mines de Saint-Pétersbourg, Vladimir Stefanovic Litvinenko. Dans son intervention, il a insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles et de construire une coopération durable entre l'Afrique et la Russie.

Vladimir Litvinenko plaide pour la souveraineté des ressources naturelles

Prenant la parole à l'ouverture de la plénière, le recteur Vladimir Stefanovic Litvinenko a rappelé que la question de la souveraineté sur les ressources naturelles constitue un enjeu politique et économique essentiel.

Il a notamment déclaré que « la Russie a demandé à l'ONU de voter des Résolutions sur la souveraineté des pays par rapport à leurs ressources premières ».

Évoquant l'évolution de la politique russe dans ce domaine, il a estimé que « Poutine a changé la politique sur les ressources naturelles de manière positive ».

Pour le recteur, la coopération entre l'Afrique et la Russie doit reposer sur une volonté commune de développer les capacités nationales, de renforcer les compétences techniques et de favoriser l'industrialisation.

« Nous allons travailler ensemble entre l'Afrique et la Russie », a-t-il affirmé, soulignant également que « nous avons les mêmes défis que les pays africains ».

Dans cette perspective, Vladimir Litvinenko a appelé à une coopération fondée sur le partage d'expériences, la formation et le développement de compétences adaptées aux besoins des économies africaines.

« Nous devons développer ensemble », a-t-il insisté.

Au-delà de l'exploitation des ressources minières, son intervention a ainsi placé la formation du capital humain et le développement des capacités scientifiques au cœur des échanges.

La Russie fait de la coopération scientifique avec l'Afrique une priorité stratégique

Le vice-ministre russe de la Science, Konstantin Ilyich Mogilevsky, a ensuite pris la parole pour réaffirmer l'importance que Moscou accorde à ses relations avec le continent africain.

« Les relations avec l'Afrique sont une priorité stratégique pour la Russie. Nous maintenons la coopération avec les pays africains », a-t-il déclaré.

Son intervention a particulièrement porté sur la formation des ingénieurs, le renforcement de la recherche scientifique et le développement des échanges entre les universités russes et africaines.

Pour Konstantin Mogilevsky, la coopération doit dépasser les déclarations d'intention et se traduire par des contacts directs entre les techniciens africains et les établissements universitaires russes.

L'objectif est de permettre aux pays africains de bénéficier de compétences scientifiques et techniques susceptibles d'améliorer la connaissance de leurs ressources, leurs méthodes d'exploitation et leurs capacités de transformation industrielle.

Le vice-ministre a également plaidé pour un renforcement de la recherche scientifique commune et un partage plus important des expériences entre les deux parties.

Cette orientation répond à l'un des défis majeurs du secteur minier africain : disposer de ressources naturelles importantes tout en renforçant les compétences locales nécessaires à leur exploitation rationnelle et à leur valorisation.

Les universités africaines veulent renforcer leurs capacités de formation

Représentant plus de 50 universités africaines, Olusola Bandele, originaire du Ghana et secrétaire général des Universités africaines, a souligné le potentiel du continent dans les domaines scientifiques et techniques.

« Nous augmentons notre formation dans les domaines différents », a-t-il déclaré, avant de rappeler que « l'Afrique a un grand potentiel ».

Pour lui, le dialogue organisé à Saint-Pétersbourg représente une plateforme appropriée pour approfondir les relations entre les établissements d'enseignement supérieur africains et russes.

« Ce dialogue entre la Russie et l'Afrique est une plateforme appropriée », a-t-il affirmé.

Se montrant optimiste quant aux perspectives de cette coopération, Olusola Bandele a exprimé sa confiance dans la possibilité de développer des partenariats universitaires capables de répondre aux besoins du continent.

La formation des ingénieurs, des géologues, des chercheurs et des techniciens apparaît ainsi comme un axe essentiel de cette dynamique. Elle doit permettre aux pays africains de disposer de compétences locales pour mieux gérer leurs ressources et participer davantage à la création de valeur.

Julio Alberto : « La matière première doit servir à l'Afrique »

L'intervention de Julio Alberto, originaire du Mozambique et président de la Fédération des organisations d'ingénieurs d'Afrique australe, a mis en évidence l'une des préoccupations centrales du dialogue : la faible valorisation locale des matières premières africaines.

« Cette manifestation est importante pour l'Afrique », a-t-il déclaré, estimant que le rapprochement entre les deux parties doit s'appuyer sur la confiance réciproque.

« Ce dialogue s'appuie sur la confiance réciproque », a-t-il souligné.

Le responsable africain a également insisté sur l'intérêt de tirer profit de l'expérience russe dans les domaines minier, scientifique et industriel.

« Nous voulons profiter de l'expérience de la Russie », a-t-il affirmé, ajoutant : « Nous allons nous servir de l'expertise russe ».

Pour Julio Alberto, cette coopération doit notamment contribuer au développement des établissements d'enseignement supérieur en Afrique et à la formation d'un personnel qualifié.

« Nous devons ouvrir des universités en Afrique », a-t-il déclaré.

Son intervention a également été marquée par une dénonciation de la faible part de valeur qui revient aux pays africains dans l'exploitation de leurs ressources. Selon les chiffres qu'il a avancés, en 2019, un milliard de tonnes de matières premières auraient été exportées du continent vers l'étranger, tandis que seulement 12 % seraient revenus à l'Afrique.

Ce constat l'a conduit à défendre une nouvelle approche de la politique minière africaine, fondée sur la transformation locale et l'industrialisation.

« La matière première doit servir à l'Afrique », a-t-il insisté.

Il a appelé à développer la collaboration avec la Russie en mettant l'accent sur la formation du personnel, le transfert de compétences et la transformation des ressources sur le continent.

« Nous devons mettre l'accent sur la transformation », a-t-il affirmé, plaidant également pour que les pays africains s'inspirent de l'expérience russe.

L'enjeu est clair : faire évoluer les économies africaines d'un modèle largement fondé sur l'exportation des matières premières vers un système capable de produire localement des biens à plus forte valeur ajoutée.

Former une génération d'ingénieurs pour accompagner l'industrialisation

Reprenant la parole, le recteur Vladimir Litvinenko a souligné la pertinence du dialogue pour les pays participants.

« Ce dialogue est très pertinent pour nos pays », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Ce dialogue est une vraie force ».

Il a particulièrement insisté sur la nécessité de former un potentiel humain hautement qualifié, capable de soutenir les ambitions industrielles des États africains.

« Nous avons besoin de potentiel humain bien formé », a-t-il affirmé.

Pour lui, le développement du secteur minier ne peut être dissocié de la formation scientifique et technique. Les pays africains doivent investir dans l'émergence d'une nouvelle génération d'ingénieurs, de chercheurs et de spécialistes capables de maîtriser les technologies nécessaires à l'exploitation et à la transformation des ressources naturelles.

« Nous devons développer une génération techno-ingénieure », a-t-il déclaré.

Le recteur a également rappelé que l'industrialisation exige une maîtrise nationale des moyens de production et des ressources stratégiques.

« Les États doivent comprendre qu'ils ne peuvent pas s'industrialiser avec les ressources d'autres pays », a-t-il souligné.

Dans cette logique, la formation des scientifiques et des ingénieurs devient une condition indispensable à la souveraineté économique.

« Nous devons former des scientifiques et des ingénieurs », a-t-il poursuivi.

Vladimir Litvinenko a réaffirmé la volonté de son université de renforcer ses liens avec les établissements africains. Selon lui, plus de 200 universités africaines devraient travailler avec l'Université des mines de Saint-Pétersbourg.

Cette perspective ouvre la voie à des programmes de formation, à des échanges universitaires et à des projets de recherche conjoints destinés à soutenir le développement du secteur minier africain.

Le recteur a enfin appelé à construire une intégration plus étroite entre les partenaires.

« Nous voulons travailler avec l'Afrique », a-t-il déclaré, avant de conclure sur la nécessité de bâtir une véritable intégration entre les deux parties.

Irina Abramova alerte sur les enjeux démographiques et la valorisation des ressources

Directrice de l'Institut des études africaines de l'Académie des sciences de Russie, Irina Abramova a élargi les débats en mettant en relation les perspectives démographiques du continent africain et les enjeux mondiaux liés aux ressources naturelles.

Elle a rappelé qu'à l'horizon 2100, l'Afrique pourrait représenter 40 % de la population mondiale.

Cette perspective soulève, selon elle, des questions fondamentales concernant la disponibilité des ressources et leur utilisation au bénéfice des populations.

« Il y a un déficit de ressources au vu de l'évolution de la population mondiale », a-t-elle déclaré.

Face à ces défis, Irina Abramova a posé une question centrale : « Comment peut-on faire pour que nos ressources puissent profiter à nos pays ? »

Cette interrogation rejoint les préoccupations exprimées par les représentants africains au cours des échanges. Elle renvoie à la capacité des États à définir des politiques économiques permettant de transformer leurs richesses naturelles en emplois, en infrastructures, en compétences et en développement durable.

Pour la directrice de l'Institut des études africaines, les ressources doivent avant tout contribuer au développement des pays qui les détiennent.

« Nos ressources doivent profiter au développement de nos pays », a-t-elle insisté.

Son intervention a ainsi renforcé l'idée selon laquelle la coopération internationale doit accompagner les stratégies nationales de développement, plutôt que se limiter à l'exploitation et à l'exportation des matières premières.

La Russie et l'Afrique envisagent de nouveaux accords sur les ressources naturelles

Du côté russe, Dmitri Tetenkin, représentant du ministère des Ressources naturelles, a souligné les possibilités de coopération entre les deux parties.

« La Russie et l'Afrique ont des potentialités énormes », a-t-il déclaré.

Il a annoncé que des mémorandums portant sur l'utilisation des ressources naturelles seraient signés avec des pays africains.

Deux mémorandums ont ainsi été signés le mercredi 14 octobre 2026 dans les locaux de l'Université des mines de Saint-Pétersbourg.

Ces engagements illustrent la volonté des participants de traduire les discussions en initiatives concrètes. Ils doivent toutefois être appréciés à la lumière de leur contenu précis, des engagements effectivement pris et des modalités de leur mise en œuvre.

Le dialogue ne se limite donc pas à une réflexion générale sur l'avenir du secteur minier. Il constitue également un cadre de discussion pour la mise en place de partenariats institutionnels et techniques entre les pays africains et la Russie.

La Libye met en avant ses ressources et la sécurité juridique des investisseurs

Mohamed Takala, représentant de la Libye, a souligné la nécessité de revoir les politiques d'utilisation des ressources naturelles afin de mieux servir les intérêts nationaux.

« Nous devons revoir notre manière d'utiliser les ressources », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que son pays dispose d'importantes réserves de pétrole et de gaz et qu'il souhaite attirer des investisseurs.

« Nous avons de grandes réserves de pétrole et de gaz en Libye. Nous tendons la main aux investisseurs », a-t-il affirmé.

Cependant, le représentant libyen a insisté sur un préalable essentiel : la souveraineté nationale doit être préservée et les investissements doivent s'inscrire dans un cadre juridique garantissant les intérêts du pays.

« Nous avons besoin d'exprimer notre souveraineté », a-t-il déclaré.

Dans cette perspective, Mohamed Takala a mis l'accent sur la sécurité juridique des investisseurs. Il a indiqué qu'un cadre législatif avait été créé en Libye pour protéger leurs activités.

Il a également évoqué le rôle de la Banque centrale libyenne dans les mécanismes de garantie destinés à sécuriser les investissements et à faciliter les opérations économiques.

Cette intervention a rappelé que l'attractivité d'un pays ne dépend pas uniquement de l'importance de ses ressources naturelles. Elle repose aussi sur la stabilité des règles, la sécurité des investissements et la capacité des autorités à concilier ouverture économique et souveraineté nationale.

Tatyana Dovgalenko appelle à un nouveau réveil de l'Afrique

Responsable du partenariat Afrique-Russie, Tatyana Dovgalenko a évoqué ce qu'elle a qualifié de « nouveau réveil de l'Afrique », plaidant pour une indépendance effective des pays du continent.

Elle a réaffirmé la disponibilité de la Russie à accompagner les partenaires africains dans la réalisation de leurs objectifs de développement.

« Nous sommes prêts à aider nos partenaires africains dans le cadre des plans qu'ils ont eux-mêmes définis », a-t-elle déclaré.

Cette précision souligne, dans son discours, le rôle que doivent jouer les priorités nationales africaines dans la définition des projets de coopération.

Tatyana Dovgalenko a également annoncé que la question de l'exploitation des ressources naturelles serait présente dans les discussions entre les dirigeants lors du prochain sommet Afrique-Russie.

Elle a par ailleurs indiqué que 32 commissions intergouvernementales avec des pays africains avaient été mises en place.

Ces mécanismes constituent des cadres de dialogue susceptibles de faciliter le suivi des engagements et le développement de projets dans différents secteurs.

La responsable a enfin évoqué l'organisation envisagée d'un forum en Afrique, notamment dans des pays comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal et l'Afrique du Sud.

Ces perspectives témoignent de la volonté de prolonger les échanges de Saint-Pétersbourg sur le continent africain, afin de rapprocher les discussions diplomatiques des acteurs économiques, universitaires et institutionnels concernés.

La Sierra Leone appelle à un partenariat gagnant-gagnant

Le ministre Moussa Timothét Kabba, représentant la Sierra Leone, a livré un témoignage particulièrement marqué par la question de la souveraineté économique africaine.

Formé à l'Université des mines de Saint-Pétersbourg et ayant travaillé chez LUKOIL, il connaît les enjeux liés à l'exploitation des ressources naturelles et à la formation des spécialistes du secteur.

« L'Afrique a toujours été privée de ses ressources », a-t-il déclaré, estimant que le continent doit désormais renforcer ses capacités pour mieux maîtriser ses richesses.

Il a insisté sur la nécessité de disposer de nouvelles technologies, indispensables à l'amélioration des méthodes d'exploitation et au développement industriel.

« Nous avons besoin des nouvelles technologies », a-t-il affirmé.

Pour le ministre, l'Afrique doit engager une nouvelle étape de son développement, renforcer son indépendance et se démarquer des rapports de domination économique.

« L'Afrique doit se relever », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Nous devons nous démarquer de l'impérialisme ».

Moussa Timothét Kabba a défendu un modèle de coopération fondé sur des intérêts réciproques.

« Nous voulons un partenariat gagnant-gagnant », a-t-il insisté.

Il a également appelé à approfondir les relations avec la Russie, dont il estime que les compétences et les capacités technologiques peuvent contribuer à répondre aux besoins du continent.

« Nous devons travailler ensemble avec la Russie qui possède tout ce dont on a besoin », a-t-il déclaré.

Le ministre a enfin réaffirmé sa conviction que cette coopération devait se poursuivre dans la durée : « L'Afrique va continuer de travailler avec la Russie et la Russie va continuer à servir l'Afrique ».

Son intervention résume l'une des ambitions majeures du dialogue : faire du partenariat russo-africain un instrument de renforcement des capacités africaines, dans le respect des intérêts de chaque partie.

La République centrafricaine mise sur la cartographie minière

Le représentant de la République centrafricaine a, pour sa part, présenté les perspectives de collaboration avec la Russie dans le domaine de la connaissance géologique et de l'identification des ressources minières.

« Nous voulons des accords avec la Russie », a-t-il déclaré.

Il a notamment évoqué un projet de cartographie minière des territoires africains concernés, qui serait réalisé avec l'entreprise russe ROSGEOLOGIE.

La cartographie minière constitue une étape importante dans la connaissance du sous-sol. Elle permet d'améliorer l'identification des ressources, d'orienter les travaux d'exploration et de fournir aux autorités des informations utiles à la définition de leurs politiques minières.

Pour les pays africains, la maîtrise des données géologiques représente donc un enjeu stratégique. Une meilleure connaissance des ressources disponibles peut contribuer à renforcer la capacité de négociation des États, à orienter les investissements et à améliorer la planification du développement du secteur.

Le représentant centrafricain a annoncé qu'un exposé sur cette initiative serait présenté lors du prochain sommet Afrique-Russie.

Cette perspective illustre la place accordée aux connaissances scientifiques et techniques dans la coopération envisagée entre les deux parties.

La création d'un Centre Afrique-Russie pour le développement des mines

L'un des moments importants de cette rencontre est intervenu le mercredi 14 octobre 2026, avec la signature annoncée d'un accord visant à créer un Centre Afrique-Russie pour le développement des mines.

Cette initiative entend donner une dimension institutionnelle plus structurée à la coopération entre les acteurs africains et russes du secteur minier.

Un tel centre pourrait contribuer à rapprocher les universités, les organismes de recherche, les administrations publiques et les professionnels des industries extractives. Il pourrait également favoriser les échanges d'expertise, la formation des ingénieurs et le développement de projets communs.

Cette perspective rejoint les propositions formulées tout au long des débats, notamment celles relatives au renforcement de la recherche scientifique, à la formation des compétences locales et au transfert de technologies.

Le recteur Vladimir Litvinenko a également évoqué la perspective d'une collaboration avec plus de 200 universités africaines.

Par ailleurs, d'autres accords devraient être signés lors du prochain sommet Afrique-Russie sur les mines.

Ces annonces témoignent d'une volonté de dépasser le cadre des échanges ponctuels pour mettre en place des mécanismes de coopération à plus long terme.

La portée réelle de ces initiatives dépendra toutefois de leur mise en œuvre, des moyens mobilisés et de leur capacité à répondre aux besoins définis par les pays africains.

Au-delà de l'exploitation, l'enjeu de la transformation locale

Au fil des interventions, un constat commun s'est dégagé : l'abondance des ressources naturelles ne garantit pas, à elle seule, le développement économique.

Les représentants africains ont insisté sur la nécessité de mieux contrôler l'exploitation des matières premières, de renforcer la formation des spécialistes et de développer des industries locales capables de transformer les ressources avant leur commercialisation.

Cette orientation implique des investissements dans les infrastructures, la recherche scientifique, l'enseignement supérieur et les technologies industrielles.

Elle suppose également que les États africains disposent des compétences nécessaires pour négocier les contrats, encadrer les investissements, maîtriser les données géologiques et définir des politiques minières cohérentes avec leurs stratégies nationales de développement.

La coopération avec la Russie est présentée par les intervenants comme une possibilité de répondre à une partie de ces besoins, notamment grâce à son expérience dans les domaines minier, géologique, scientifique et technique.

Cependant, la construction d'un partenariat réellement équilibré exige que les projets répondent à des objectifs clairement définis, que les compétences soient progressivement renforcées sur le continent et que les bénéfices économiques profitent effectivement aux populations.

La question de la souveraineté ne se limite donc pas à la propriété des ressources dans les textes. Elle concerne aussi la capacité à les connaître, à les exploiter, à les transformer et à utiliser les revenus qu'elles génèrent pour financer le développement.

Un dialogue à transformer en résultats concrets

Le dialogue Afrique-Russie sur les mines à Saint-Pétersbourg a permis de mettre en évidence les ambitions communes et les attentes des participants en matière de coopération minière, scientifique et industrielle.

Les interventions des responsables russes et africains ont convergé autour de plusieurs priorités : la souveraineté sur les ressources naturelles, la formation des ingénieurs, le développement de la recherche scientifique, le transfert de technologies, la cartographie minière et la transformation locale des matières premières.

Les mémorandums signés le 14 octobre 2026, l'accord annoncé pour la création d'un Centre Afrique-Russie pour le développement des mines et les perspectives de collaboration entre l'Université des mines de Saint-Pétersbourg et plus de 200 universités africaines constituent des étapes importantes dans cette dynamique.

Mais le principal défi reste celui de la concrétisation. Pour les pays africains, l'enjeu sera de faire en sorte que les accords conclus débouchent sur des formations qualifiantes, des capacités scientifiques renforcées, des investissements productifs et une meilleure valorisation locale des ressources.

Le véritable succès de ce dialogue se mesurera à sa capacité à transformer les richesses du sous-sol africain en richesses économiques, industrielles et humaines pour les populations du continent.

C'est à cette condition que le partenariat entre l'Afrique et la Russie pourra s'inscrire dans une logique durable, fondée sur le respect mutuel, le partage des compétences et la recherche de bénéfices réciproques.

M.M. BANE ( Envoyé spécial à Saint Petersburg)