INTERVIEW CHERIF ASSANE SAGNA, PRESIDENT DES JEUNES CADRES DE LA CASAMANCE : «Rien n’est encore gagné pour Amadou BA »

Chérif Assane SAGNA, président de l’Association pour le Développement de Ziguinchor, du Collectif des Jeunes Cadres de la Casamance et du Mouvement Ziguinchor «Sama Yitté Sunu Mommel » s’est prononcé sur plusieurs questions dont le choix d’Amadou BA comme candidat de Benno Bokk Yakaar. Il a lancé un message à l’endroit de la jeunesse avec un état des lieux exhaustif de la situation politique à Ziguinchor.
Bonjour Monsieur Assane SAGNA. Vous êtes le président de l’Association pour le Développement de Ziguinchor. Qu’est ce qui a été à l’origine de la création de ce mouvement ?
Merci pour cette question. Vous savez, je suis natif de la Casamance. Je suis né et j’ai grandi dans ce terroir ainsi que mes parents directs et mes arrières grands parents. Lorsque j’ai terminé mes études, je me suis engagé en politique pour participer au développement de Ziguinchor. En vérité, j’ai accepté de répondre à l’appel de mes sœurs et frères qui m’ont toujours tendu la main. J’ai alors compris qu’il n’y a pas meilleure manière d’aider son terroir, que d’investir auprès des populations. C’est ainsi que nous avons créé l’Association pour le Développement de Ziguinchor. L'Association pour le Développement de Ziguinchor (ADZ) regroupe des citoyens d'horizons divers et de sensibilités politiques différentes, soucieux de réfléchir à l'élaboration de politiques de Développement ambitieuses et innovantes pour Notre Terroir. Elle est le fruit de plusieurs années d’analyses, de réflexions et d’échanges entre Ziguinchorois vivant à l’intérieur du Sénégal, dans la sous-région et dans la diaspora, évoluant dans des sphères professionnelles variées et complémentaires. Ces ressources humaines de qualité ont pour objectif essentiel de faire de l’association un levier significatif de développement de notre terroir avec comme devise : « Mon Terroir, Ma Priorité ».
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Nous avons beaucoup fait pour les jeunes et les femmes. Nous avons initié des programmes de formation pour les femmes à qui, nous avons octroyé des financements. Les préoccupations des jeunes n’ont pas été négligées. Nous avons adopté une démarche inclusive pour permettre à chaque fils du terroir d’apporter sa pierre.
ADZ en quelques chiffres :
Selon vous, sur quel levier il doit s’appuyer pour aider la jeunesse.
D’abord, il doit tenir un langage de vérité aux jeunes. Amadou Ba ne doit pas commettre les mêmes erreurs que ses prédécesseurs concernant la question de l’emploi jeune. Me Abdoulaye WADE et Macky SALL sont tombés dans le piège de l’emploi. Car, un Gouvernement n’a pas vocation à offrir de l’emploi aux jeunes. Il créé les conditions d’un environnement économique attrayant, veiller à la stabilité politique, faciliter l’installation des entreprises étrangères, accompagner le secteur privé local et exiger la transformation des matières premières sur place pour créer de la valeur ajoutée. L’importation de la matière première fait perdre beaucoup d’emplois aux jeunes. En plus, il faut tenir un discours de vérité aux jeunes. Toute personne âgée de 25 à 40, en bonne santé et ayant toutes ses capacités physiques et intellectuelles doit pouvoir créer son propre business. L’auto entreprenariat doit être encouragé chez les jeunes. Le Gouvernement doit mettre fin à l’assistanat qui pousse les jeunes à croire que seul l’Etat peut leur offrir du boulot. Ce qui est faux. Chaque année, plus de 200.000 jeunes viennent grossir les rangs des demandeurs d’emplois. Tous veulent travailler dans l’Administration. Or l’ensemble des fonctionnaires font presque 120.000 agents. Il faut alors que les jeunes comprennent qu’un emploi se crée. Chaque jeune peut être son propre employeur. Il suffit juste d’avoir le courage et d’être inventif pour s’en sortir. Sans avoir un diplôme, un jeune peut créer son propre emploi et gagner sa vie sans envier ceux qui sont diplômés. L’Administration est surchargée. Elle ne peut pas employer tous ces milliers de jeunes demandeurs d’emploi. Ce discours de vérité fera tilt dans la tête de ces jeunes qui tentent l’émigration. Car, ils comprendront qu’ils peuvent réussir dans leur propre pays s’ils croient à leur propre potentiel. Ce n’est pas parce qu’on a voyagé dans un avion ou qu’on se réveille dans un pays européen qu’on va forcément réussir dans la vie. C’est utopique !
L’Etat a financé plusieurs projets pour des jeunes et des femmes. C’est bien. Mais, les jeunes sénégalais sont pressés. Certains veulent, tout et tout de suite. Ce qui n’est pas possible. Il faut être patient et travailler dans le long terme pour réussir. Les possibilités ne manquent pas au Sénégal mais les jeunes n’arrivent pas à démystifier l’Europe, les Usa. Tous rêvent d’entrer dans un avion. Cela peut s’expliquer car dans le passé, ce sont les modou modou qui étaient les références, les modèles de réussite. Aujourd’hui, il y a une mutation sociale dont les jeunes tardent à comprendre. Le modèle de réussite des modou modou n’existe plus. Au contraire, ils rentrent pour travailler dans leur pays. Le véritable modèle qui doit faire référence chez les jeunes d’aujourd’hui, ce sont ces jeunes de la banlieue dakaroise, ces jeunes de Touba, de Ziguinchor qui ont réussi sans quitter le pays et sans l’aide du Gouvernement. Ils se sont battus et ont réussi tout seul. Voilà le vrai modèle.
Votre dernier mot ?
Je dirai que rien n’est encore gagné. Amadou BA doit savoir rassembler. Il doit également comprendre que le plus difficile reste à faire pour lui. Nous avons l’intention de servir la Casamance si on nous fait confiance. Amadou BA doit apprendre des erreurs du passé pour atteindre son objectif politique. Il faut qu’il soit un leader national capable d’unir le Sénégal autour de l’essentiel. Il ne faudrait pas qu’Amadou BA se croit déjà élu président de la République car, il y a des forces de résistance à tous les niveaux du pays. Les gens l’attendent et aucune concession ne lui sera accordée. Pour notre part, nous l’attendons sur le discours et les actes.
Entretien réalisé par Modou FALL
Nous avons beaucoup fait pour les jeunes et les femmes. Nous avons initié des programmes de formation pour les femmes à qui, nous avons octroyé des financements. Les préoccupations des jeunes n’ont pas été négligées. Nous avons adopté une démarche inclusive pour permettre à chaque fils du terroir d’apporter sa pierre.
ADZ en quelques chiffres :
- 1055 femmes bénéficiant du système de financement solidaire
- 05 mosquées réfectionnés
- 02 morgues construites
- 25 puits construits
- 1000 bourses octroyées
- 150 insertions professionnelles
- 45 projets de jeunes financés
- 35 prises en charges médicales
- 350 kits alimentaires par mois pour les familles
Selon vous, sur quel levier il doit s’appuyer pour aider la jeunesse.
D’abord, il doit tenir un langage de vérité aux jeunes. Amadou Ba ne doit pas commettre les mêmes erreurs que ses prédécesseurs concernant la question de l’emploi jeune. Me Abdoulaye WADE et Macky SALL sont tombés dans le piège de l’emploi. Car, un Gouvernement n’a pas vocation à offrir de l’emploi aux jeunes. Il créé les conditions d’un environnement économique attrayant, veiller à la stabilité politique, faciliter l’installation des entreprises étrangères, accompagner le secteur privé local et exiger la transformation des matières premières sur place pour créer de la valeur ajoutée. L’importation de la matière première fait perdre beaucoup d’emplois aux jeunes. En plus, il faut tenir un discours de vérité aux jeunes. Toute personne âgée de 25 à 40, en bonne santé et ayant toutes ses capacités physiques et intellectuelles doit pouvoir créer son propre business. L’auto entreprenariat doit être encouragé chez les jeunes. Le Gouvernement doit mettre fin à l’assistanat qui pousse les jeunes à croire que seul l’Etat peut leur offrir du boulot. Ce qui est faux. Chaque année, plus de 200.000 jeunes viennent grossir les rangs des demandeurs d’emplois. Tous veulent travailler dans l’Administration. Or l’ensemble des fonctionnaires font presque 120.000 agents. Il faut alors que les jeunes comprennent qu’un emploi se crée. Chaque jeune peut être son propre employeur. Il suffit juste d’avoir le courage et d’être inventif pour s’en sortir. Sans avoir un diplôme, un jeune peut créer son propre emploi et gagner sa vie sans envier ceux qui sont diplômés. L’Administration est surchargée. Elle ne peut pas employer tous ces milliers de jeunes demandeurs d’emploi. Ce discours de vérité fera tilt dans la tête de ces jeunes qui tentent l’émigration. Car, ils comprendront qu’ils peuvent réussir dans leur propre pays s’ils croient à leur propre potentiel. Ce n’est pas parce qu’on a voyagé dans un avion ou qu’on se réveille dans un pays européen qu’on va forcément réussir dans la vie. C’est utopique !
L’Etat a financé plusieurs projets pour des jeunes et des femmes. C’est bien. Mais, les jeunes sénégalais sont pressés. Certains veulent, tout et tout de suite. Ce qui n’est pas possible. Il faut être patient et travailler dans le long terme pour réussir. Les possibilités ne manquent pas au Sénégal mais les jeunes n’arrivent pas à démystifier l’Europe, les Usa. Tous rêvent d’entrer dans un avion. Cela peut s’expliquer car dans le passé, ce sont les modou modou qui étaient les références, les modèles de réussite. Aujourd’hui, il y a une mutation sociale dont les jeunes tardent à comprendre. Le modèle de réussite des modou modou n’existe plus. Au contraire, ils rentrent pour travailler dans leur pays. Le véritable modèle qui doit faire référence chez les jeunes d’aujourd’hui, ce sont ces jeunes de la banlieue dakaroise, ces jeunes de Touba, de Ziguinchor qui ont réussi sans quitter le pays et sans l’aide du Gouvernement. Ils se sont battus et ont réussi tout seul. Voilà le vrai modèle.
Votre dernier mot ?
Je dirai que rien n’est encore gagné. Amadou BA doit savoir rassembler. Il doit également comprendre que le plus difficile reste à faire pour lui. Nous avons l’intention de servir la Casamance si on nous fait confiance. Amadou BA doit apprendre des erreurs du passé pour atteindre son objectif politique. Il faut qu’il soit un leader national capable d’unir le Sénégal autour de l’essentiel. Il ne faudrait pas qu’Amadou BA se croit déjà élu président de la République car, il y a des forces de résistance à tous les niveaux du pays. Les gens l’attendent et aucune concession ne lui sera accordée. Pour notre part, nous l’attendons sur le discours et les actes.
Entretien réalisé par Modou FALL