Kaffrine : Mamadou Djigo rétablit la vérité sur les réalisations de Macky Sall et dénonce la « trahison politique » d’Abdoulaye Saydou Sow

Kaffrine : Mamadou Djigo rétablit la vérité sur les réalisations de Macky Sall et dénonce la « trahison politique » d’Abdoulaye Saydou Sow

Dans une lettre ouverte aux populations de Kaffrine, l’ingénieur aménageur et responsable de l’APR, Mamadou Djigo, revendique la paternité de la vision territoriale ayant conduit à la transformation de la région. Il accuse Abdoulaye Saydou Sow de vouloir récupérer des réalisations engagées avant son arrivée à la tête de la mairie et appelle les militants de l’APR à ne pas le suivre.

La bataille politique autour de l’héritage de Macky Sall à Kaffrine prend une nouvelle tournure. Dans une lettre ouverte adressée aux populations de la région, Mamadou Djigo, ancien Directeur général de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire et secrétaire national chargé de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation de l’Alliance pour la République (APR), entend rétablir ce qu’il considère comme la vérité historique sur les grandes réalisations de Kaffrine.

Au cœur de son intervention : la vision de transformation territoriale portée par l’ancien Président Macky Sall, mais également le parcours politique d’Abdoulaye Saydou Sow, maire de Kaffrine, dont il dénonce avec virulence le positionnement politique actuel.

Une vision territoriale portée par Macky Sall

S’adressant aux habitantes et habitants de Kaffrine, de Koungheul, de Birkilane, de Malem-Hodar ainsi qu’à la diaspora kaffrinoise, Mamadou Djigo rappelle que la transformation de Kaffrine ne serait pas le fruit du hasard ni d’une succession de décisions improvisées.

Selon lui, la région avait été pensée dans le cadre d’une vision globale, cohérente et anticipée, destinée à faire de Kaffrine une véritable métropole régionale.

« Quand nous planifiions Kaffrine comme métropole régionale, nous avions une vision globale, cohérente et anticipée de son développement territorial », affirme-t-il.

Dans cette perspective, plusieurs infrastructures structurantes avaient été identifiées et programmées pour accompagner le développement de la région. Il cite notamment l’Hôpital Thierno Birahim Ndao, la Sphère administrative, le Campus universitaire, la Gouvernance, le Tribunal d’instance, l’Espace numérique et l’Hôtel de Ville.

Pour l’ancien responsable de l’aménagement du territoire, ces équipements s’inscrivaient dans une stratégie destinée à renforcer les services publics, attirer les investissements, créer des emplois, freiner l’exode rural et faire de Kaffrine un véritable moteur du développement régional.

« Ces réalisations ne peuvent pas être présentées comme son bilan personnel »

Mamadou Djigo insiste sur la chronologie des événements pour contester toute appropriation politique de ces réalisations par Abdoulaye Saydou Sow.

Dans sa lettre, il rappelle que ce dernier n’était pas encore membre de l’APR lorsque la vision territoriale de Kaffrine avait été conçue. Il souligne également que plusieurs infrastructures avaient déjà été réalisées ou inaugurées avant son accession à la mairie de Kaffrine.

« Il faut donc que cela soit parfaitement clair dans l’esprit de chacun. Ces réalisations ne peuvent pas être présentées comme faisant partie de son bilan personnel », écrit-il.

À cette époque, poursuit-il, le travail de planification territoriale était notamment mené avec Abdoulaye Wilane, alors maire de Kaffrine.

Pour Mamadou Djigo, les dates, les cartes, les documents de planification, les décisions administratives et les réalisations constituent autant d’éléments permettant de vérifier l’origine de cette transformation.

« Les faits doivent rester les faits », martèle-t-il, en appelant les populations à examiner les documents plutôt que de se laisser guider par les récits politiques.

Les fondateurs de l’APR marginalisés ?

La lettre ouverte prend ensuite une tournure ouvertement politique. Mamadou Djigo revient sur l’ascension d’Abdoulaye Saydou Sow au sein de l’APR et dénonce ce qu’il présente comme la marginalisation progressive des militants fondateurs et des responsables historiques du parti dans la région de Kaffrine.

Selon lui, l’arrivée de nouveaux responsables dans les structures du parti aurait contribué à écarter plusieurs cadres de la première heure.

« Lorsque Abdoulaye Saydou Sow a rejoint l’APR, les militants fondateurs et les responsables de la première heure ont, selon moi, été progressivement écartés et marginalisés », affirme-t-il.

Il estime que des responsables haut placés du parti ont accompagné l’ascension politique du maire de Kaffrine, au détriment de nombreux cadres historiques.

Mamadou Djigo invite les responsables de Koungheul, de Birkilane, de Malem-Hodar et du département de Kaffrine à se souvenir de cette période. Il cite notamment Makhtar Dia de Birkilane et Abdou Ndao de Malem-Hodar, qu’il présente comme des témoins de cette histoire politique.

Ces affirmations relèvent de son appréciation personnelle des événements et constituent le fondement de sa dénonciation.

Une accusation de « trahison politique » contre Abdoulaye Saydou Sow

L’ancien Directeur général de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire ne cache pas sa colère face au positionnement politique actuel d’Abdoulaye Saydou Sow.

Il qualifie de « trahison politique ignoble et inacceptable » ce qu’il considère comme un abandon du Président Macky Sall, après avoir bénéficié de la confiance et de l’accompagnement de ce dernier.

Dans une formule particulièrement sévère, il déclare espérer que le maire de Kaffrine aura « la dignité de démissionner » de son poste, qu’il estime avoir obtenu grâce au soutien de l’APR et à une intervention en faveur de sa désignation au détriment d’Abdoulaye Wilane.

Cette demande de démission constitue l’un des points les plus politiques de la lettre ouverte.

Mamadou Djigo appelle ainsi les militants de l’APR à ne pas suivre Abdoulaye Saydou Sow dans ses nouvelles orientations politiques et à s’organiser pour assurer son remplacement dans les meilleurs délais.

« Je rends à César ce qui appartient à César »

Dans un passage consacré à la fidélité politique, Mamadou Djigo affirme que les populations de Kaffrine ne doivent pas, selon lui, trahir Macky Sall.

« Abdoulaye Saydou Sow peut choisir de trahir le Président Macky Sall. Mais nous, Kaffrinois, nous ne devons pas trahir le Président Macky Sall », écrit-il.

Il invite les habitants de Kaffrine, Koungheul, Birkilane et Malem-Hodar à ne pas oublier celui qui, à ses yeux, a porté une véritable vision de transformation de leur région.

Pour lui, la reconnaissance politique doit aller à ceux qui ont conçu, planifié, mobilisé les ressources et engagé les réalisations.

« Le mérite d’un homme politique ne se mesure pas à sa capacité à récupérer les réalisations des autres. Il se mesure à sa capacité à concevoir, planifier, mobiliser les ressources, financer et réaliser », soutient-il.

Une déclaration qui résume sa volonté de replacer le débat sur le terrain des compétences, des responsabilités et de la traçabilité des projets publics.

Le parcours politique de Sow vivement critiqué

Mamadou Djigo s’attaque également au parcours politique d’Abdoulaye Saydou Sow. Il rappelle son passage du Parti socialiste (PS) au Parti démocratique sénégalais (PDS) d’Abdoulaye Wade, puis à l’APR, avant d’évoquer de nouvelles perspectives politiques susceptibles de le conduire vers « Kiiraay ».

Pour l’auteur de la lettre, cette succession de repositionnements pose la question de la constance des convictions, de la fidélité politique et de la cohérence du parcours.

« Pour moi, la politique ne doit pas être une succession de repositionnements au gré des circonstances. Elle doit être fondée sur des convictions, une vision, une compétence et une fidélité à la parole donnée », écrit-il.

Il va plus loin en interrogeant la préparation académique et professionnelle de son adversaire politique. Il évoque notamment l’obtention d’un diplôme de l’ENA à un âge avancé, qu’il estime susceptible de soulever des interrogations sur la trajectoire académique et professionnelle d’un responsable aspirant à de hautes fonctions publiques.

Ces critiques s’inscrivent dans une lettre à caractère politique, sans que les éléments évoqués soient documentés dans le texte par des pièces justificatives.

Kaffrine, symbole de la vision territoriale de Macky Sall

Au-delà de la polémique autour d’Abdoulaye Saydou Sow, Mamadou Djigo veut faire de Kaffrine une preuve concrète de la vision territoriale de Macky Sall.

Il rappelle que la région n’a pas été construite au gré des circonstances politiques, mais dans le cadre d’une planification destinée à organiser durablement son territoire.

Les infrastructures identifiées devaient, selon lui, répondre à plusieurs objectifs : renforcer les services publics, attirer les investissements, créer des emplois, limiter l’exode rural et faire de Kaffrine une métropole régionale.

« Kaffrine n’a pas été construite par hasard », insiste-t-il, en réaffirmant que Macky Sall porte la région dans son cœur.

Dans cette logique, l’auteur appelle les populations à regarder les cartes, les dates, les documents de planification et les réalisations pour apprécier la portée de cette transformation.

L’appel à la mobilisation des militants de l’APR

En conclusion, Mamadou Djigo invite les militants de l’APR de Kaffrine à rester mobilisés et à ne pas suivre Abdoulaye Saydou Sow dans ses nouvelles orientations.

Il les exhorte à s’organiser pour assurer son remplacement dans les meilleurs délais et poursuivre le travail engagé au service de Kaffrine et de ses populations.

« L’APR restera debout ! », proclame-t-il.

À travers cette lettre ouverte, l’ancien Directeur général de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire entend donc défendre un héritage politique, revendiquer la paternité d’une vision de développement et dénoncer ce qu’il considère comme une rupture de fidélité à l’égard de Macky Sall.

La bataille autour de l’héritage politique et territorial de l’ancien Président à Kaffrine est désormais posée en termes clairs : qui doit porter le mérite des grandes réalisations de la région et quelle place pour les responsables historiques de l’APR dans les nouvelles recompositions politiques ?