Le ticket troublant à valider pour embarquer dans le nouveau train présidentiel !

La Sonkophobie inextinguible et le Sonkobashing, implacable sont-ils suffisants comme gages d’engagement politique indéfectible et de loyauté inoxydable pour accompagner un Président dont toutes les missions, régaliennes et politiques, seront désormais, mâtinées d’un funambulisme pédagogique périlleux ?
Nous doutons profondément de la bonne sagesse d’un tel modus operandi ! Cet effet de meute est tout simplement contre-productif. Les inepties, et contre-vérités grossières de Donald Trump, l’ami de Epstein, n’ont pas empêché les suprématistes xénophobes avec des jobards manipulés, de le réélire. En France malgré les insultes récurrentes dans les médias de gauche, la diabolisation et l’absence de programme sérieux, les électeurs vont propulser au pouvoir le parti politique le plus dangereux pour la cohésion nationale française. Les sondages et tous les scénarios donnent gagnante à leur cheffe de file.
Le NTC (nouveau type de citoyen) n’aime pas qu’on lui dicte la conduite à tenir. Il faut le convaincre. Et celui qui n’a plus de crédibilité ne peut convaincre personne, sinon les alimentaires qui le suivent comme les mouettes suivent le bateau de sardines !
Le rush soudain de l’engeance politicienne vers le nouvel arc présidentiel, accueillie avec haie d’honneur, est tout simplement sidérant ! Qui n’est pas troublé, dans ce pays, par le recyclage impudent de politicards déjà rattrapés par un discrédit brutal dans leur trajectoire spectaculaire et tortueuse ? Cloportes patentés arrivés en fin de route, opportunistes politiciens à l’œil perçant pour détecter leurs clients, vieux briscards dont les partis-croupions qu’ils régentent depuis une éternité étaient quasiment au bord de l’extinction finale... Sans oublier ces hauts fonctionnaires prompts à tourner casaque et à entonner la trompette, cette fois-ci pour une suave sérénade du plan « Sénégal 2050 », alors qu’ils furent, naguère seulement, troubadours à gages du « PSE » ! Que dire enfin de ces repris de justice en col blanc et de ces barons politiciens sous forte suspicion de délinquance financière ? Toutes sortes de taches d’huile du sinistre « tableau systémique » — celui-là même qu’on a brandi à une jeunesse égarée et frustrée comme épouvantail pour déclencher sa fureur dévastatrice — que l'on feint d'ignorer aujourd’hui, pour mieux les recycler. Nous sommes désormais dessillés et pas du tout amnésiques ! Nous refusons d’être prisonniers de destins tracés ! Circulez, y a rien à voir ! D’accord, mais on vous attend au check-point. Le calendrier républicain est inexorable.
Un ovni de la classe politique sénégalaise, affichant plus d’un quart de siècle au compteur avant de conquérir le pouvoir, disait souvent qu’il faut embrigader tout le monde dans la dynamique de conquête du pouvoir. Mais lui est resté au flanc d’une colline abrupte vingt-six ans durant, tandis que vous avez été candidat dans les liens de la détention et vous êtes arrivé au sommet de la station suprême entre Ramadan et Tabaski. Le patriarche du sopi a été élu par une insurrection citoyenne contre 20 ans d’immobilisme exécrable ! Vous êtes plébiscité par un sursaut éthique dont la nuit noire de l’âme aura été un bain de sang traumatique et une destruction apocalyptique des biens publics et privés !
« Les valeurs n'ont d'existence que par l'engagement de l'homme au cœur de sa situation historique », pour ainsi paraphraser le pape de l’existentialisme.
Un grand parti présidentiel infesté de marchands du temple politique, de secouristes de la victoire, TOUS effrayés par le ‘’Toumouranké’’, ne pourra jamais dissiper l’incompréhension populaire générée par ce chalutage politique qui suscite la révulsion horrifiée ! Plus de deux années de dyarchie au sommet de l’État et d’immobilisme consternant, pour aboutir à cette guerre des tranchées qui n’apporte strictement rien au développement de notre pays exsangue ! Et Dieu sait que ce bicéphalisme paralysant et insupportable avait fini par déteindre sur toutes les sphères de la société, y compris dans les grandes entreprises, qui devraient jouer uniquement le rôle de moteur structurel et de catalyseur de croissance. Elles ne doivent nullement être utilisées comme planque juteuse et instruments de promotion complaisante pour construire sa fortune politique et ressusciter des partis politiques-momies !
Il y a encore dans ce pays des esprits éclairés qui à priori, n’entendent pas malice à votre nouvelle démarche d’impulsion vertueuse et d’apaisement du jeu politique.
Mais il faudra bien nous expliquer pourquoi, face aux multiples dérapages du désormais proscrit de l’exécutif, vous avez attendu deux longues années avant de stopper tout net la chute libre. Les dégâts pour le pays sont incommensurables et parfois, hélas, irréparables !
Des déclarations à l’emporte-pièce, à l’instrumentalisation de la justice pour règlement de comptes politiques, en passant par une vulgaire tentative de vassalisation de la presse insoumise en distribuant de manière complaisante l’aide de l’état aux médias, la désacralisation de l’institution et la dévalorisation de la parole du président, la tentative de coup d’État institutionnel par la guignolisation du chef de l’état, les tirs groupés de ses relais communicationnels sur le président et les injures sanglantes, l'overdose médiatique qui avait fini par décrédibiliser sa propre parole, la provocation envers les partenaires internationaux du Sénégal, l'ignorance crasse et définitive des règles rudimentaires de la diplomatie : la voix du Sénégal, qui résonnait de prestige et de crédibilité à l’international et dans la sous-région, est devenue soudain inaudible. Bref une constellation d’absurdités, pour ne pas parler de bêtises, qui a laissé de marbre la clé de voûte des institutions ! Le laisser-faire avait atteint son paroxysme ! Les conséquences sont gravissimes et assombrissent les lendemains de notre pays !
Aujourd’hui la terrible machinerie du populisme cynique, compliquée de victimisation, est mise en branle. Et Dieu sait que les fossoyeurs de la république ont suffisamment de ressources pour traverser le désert ! Certes la parole présidentielle doit être rare. Mais abandonner l’espace médiatique à un bateleur d’estrade, un virtuose de l’affabulation et de la diabolisation, dans un pays qui raffole de sensationnalisme et de frivolités, est un risque majeur pour le travail de restauration des valeurs républicaines entamé.
Des pantins robotiques, groupies et illuminés vous considèrent déjà comme le Judas du ‘’Porossé’’. Et c’est justement chez cette frange de la population défavorisée par l’éducation que la charge manipulatoire risque de faire des dégâts irréversibles ! Les marionnettistes de l'ombre qui les manipulent maîtrisent parfaitement les codes de la guerre informationnelle et du cyberactivisme de masse. Ils disposent de leviers et de moyens de déstabilisation redoutables pour mener à bien leur entreprise de discrédit.
Quelle gageure !
Ass Malick NDOYE
S.G. SUDTRAS-AIBD (syndicat unitaire et démocratique des travailleurs des aéroports du Sénégal).