Niger, la CEDEAO est-elle dans une impasse ?

« Les démocraties en Afrique sont d'abord des processus en cours. Nous ne sommes pas, dans la plupart des pays de l'espace francophone, dans des démocraties mais dans des pays en voie de démocratisation. Il y a des préalables à la démocratie, à commencer par la séparation des pouvoir, qui ne sont pas acquis dans les pays africains. On voit que dans la plupart des pays, la justice est et sous l'influence du politique. Nous sommes plus proches de ce que certains appellent démocratures (…)»
« (…) les instances régionales africaines sont victimes du discrédit du leadership politique mais aussi de l’image de « syndicats de chefs d’État » dont les affublent les populations, qui voient en elles les symboles mêmes d’une gouvernance antidémocratique, dont les leaders s’empressent de condamner les coups de force militaires mais ne se gênent pas pour mettre en place des « coups d’État constitutionnels » afin de perdurer au pouvoir.»
Ces dernières années, l’Afrique de l’Ouest connaît une intensification variée des violences et une multiplication des conflits. Alors que les perspectives de croissance semblent très encourageantes, ces difficultés pourraient entraver son futur développement et remettre en cause les avancées économiques et sociales réalisées par les pays de la sous-région. L’Afrique de l’Ouest a en effet été déstabilisée par des flambées de violences, la résurgence de conflits et la montée de l’extrémisme religieux, en particulier au Mali, au Burkina Fasso, au Niger, au Nord du Nigéria.
Le trafic de drogue et la piraterie maritime s’y sont aussi rapidement enracinés. Le principal défi pour la sous-région sera de surmonter la violence et la fragilité dans ses zones les plus vulnérables afin qu’elle puisse poursuivre les avancées impressionnantes enregistrées au cours de la dernière décennie en matière de renforcement de la démocratie et de développement économique. A cela s’ajoute la problématique persistante des coups d’Etat, devenue quasiment une sorte « d’opération de restauration de l’Etat de droit » fragilisant sérieusement nos « démocraties naissantes ».
Justement, notre réflexion porte sur cette dernière, en l’occurrence le coup d’Etat au Niger articlé sur la CEDEAO essentiellement.
Ce sujet trouve ainsi, toute sa pertinence, au regard des crises politico-démocratiques de ces dernières années dans la Région.
Mais plus grave encore, relativement au gel des avoirs, ces sanctions sont en violation flagrante avec le principe de fonctionnement de la Banque Centrale : « dans l’exercice des pouvoirs et dans l’accomplissement des missions qui leur sont conférés par le Traité de l’UMOA et par les présents Statuts, la Banque Centrale, ses organes, un membre quelconque de ses organes ou de son personnel ne peuvent solliciter, ni recevoir des directives ou des instructions des institutions ou organes communautaires, des Gouvernements des Etats membres de l’UMOA, de tout autre organisme ou de toute autre personne. »
- Contextualisation…
- L’Union africaine et l’architecture de paix et de sécurité à l’échelle continentale
- Changement anticonstitutionnel de gouvernement : les sanctions de la CEDEAO au regard de l’article 45 du protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance
- La CEDEAO n’est-elle pas allée plus loin dans ses sanctions ?
- refus de soutenir les candidatures présentées par l’Etat membre concerné à des postes électifs dans les organisations internationales ;
- refus de tenir toute réunion de la CEDEAO dans l’Etat membre concerné ;
- suspension de l’Etat membre concerné dans toutes les Instances de la CEDEAO ; pendant la suspension, l’Etat sanctionné continue d’être tenu au paiement des cotisations de la période de suspension.
Mais plus grave encore, relativement au gel des avoirs, ces sanctions sont en violation flagrante avec le principe de fonctionnement de la Banque Centrale : « dans l’exercice des pouvoirs et dans l’accomplissement des missions qui leur sont conférés par le Traité de l’UMOA et par les présents Statuts, la Banque Centrale, ses organes, un membre quelconque de ses organes ou de son personnel ne peuvent solliciter, ni recevoir des directives ou des instructions des institutions ou organes communautaires, des Gouvernements des Etats membres de l’UMOA, de tout autre organisme ou de toute autre personne. »
- Une jurisprudence de la Cour de justice de la CEDEAO en faveur du Niger ?
- Une intervention militaire, « une déclaration de guerre ? »
- Expriment leur solidarité fraternelle et celle des peuples burkinabè et malien au peuple frère du NIGER qui a décidé en toute responsabilité de prendre son destin en main et d'assumer devant l'histoire la plénitude de sa souveraineté ;
- Dénoncent la persistance de ces organisations régionales à prendre des sanctions aggravant la souffrance des populations et mettant en péril l'esprit de panafricanisme ;
- Refusent d'appliquer ces sanctions illégales, illégitimes et inhumaines contre le peuple et les Autorités Nigériens ;
- Avertissent que toute intervention militaire contre le Niger s'assimilerait à une déclaration de guerre contre le Burkina Faso et le Mali ;
- Préviennent que toute intervention militaire contre le Niger entraînerait un retrait du Burkina Faso et du Mali de la CEDEAO, ainsi que l'adoption de mesures de légitime défense en soutien aux forces armées et au peuple du Niger :
- Mettent en garde contre les conséquences désastreuses d'une intervention militaire au Niger qui pourrait déstabiliser l'ensemble de la région comme l'a été l'intervention unilatérale de l'OTAN en Libye qui a été à l'origine de l'expansion du terrorisme au Sahel et en Afrique de l'Ouest.
- Une guerre de plus au sahel, une catastrophe pour le Sahel
- Et les drapeaux russes dans les manifestations ?