NIGER: Trois ans après son satané putsch, pyromane pathologique, Tiani met le feu aux poudres !

NIGER: Trois ans après son satané putsch, pyromane pathologique, Tiani met  le feu aux  poudres !

Le grand oral du général Abdourahamane Tiani à l’épreuve des faits et le désastre annoncé. Ce qui s'annonçait comme un grand oral pour célébrer dans la solennité le sinistre anniversaire de l'usurpation du pouvoir par Abdourahamane Tiani, s'est révélé à l’épreuve des faits, un verbiage dégradant dans une perspective de désastres avec des signes qui ne trompent guère, de mauvais prémices nombreux et probants.

26 juillet 2023- 26 juillet 2026: trois ans, jour pour jour depuis le renversement du président démocratiquement élu du Niger Mohamed Bazoum, le général Abdourahamane Tiani, son tombeur a cru devoir prendre la parole pour exorciser sa forfaiture, non sans faire étalage de sa mauvaise foi et tenter de berner l'opinion publique avec un tissu de mensonges et son éternelle posture victimaire. Il accuse de crimes sans culpabilité ni preuves et se drape dans le délire de persécution dont il est devenu coutumier.

Fastidieuse, enveloppée d'une fausse solennité, pêchant par une mise en scène grotesque, l'intervention du renégat et traître à la nation, putschiste écervelé, se voulait à la fois une ébauche de bilan, une auto-justification et une énième promesse de « refondation ». Elle ressemble davantage à un plaidoyer " pro domo", guidé par un désir de séduction et un instinct de survie grégaire.

Un récit, sans tête ni queue : de la poudre de perlimpinpin.

À l’occasion du troisième anniversaire de son maudit putsch, le général Abdourahamane Tiani, s’est livré à une longue tirade qui n'a apporté aucun éclairage ni n'a édifié personne à propos du naufrage nigérien et de ses conséquences humaines et sécuritaires dramatiques. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une vaine opération de propagande afin de se disculper et défausser sur d'autres face à ses échecs innombrables et retentissants. L'on a relevé le goût immodéré de la fuite en avant et noté des dénégations flagrantes et odieuses.

L’élucubration médiatique était vouée à présenter le bilan du CNSP, défendre la « refondation », glorifier la rupture avec la France et démontrer que les nouvelles alliances notamment nouées avec la Russie, la Chine, la Turquie, l’Iran et d’autres partenaires avaient placé le Niger sur orbite et lui avaient ouvert la voie d’une souveraineté pleine et entière.

Le grand oral attendu, tant espéré ne fut guère un moment d'échanges libres et ouverts sans tabous ni pressions. C'était plutôt un monologue, un entretien prémédité et orienté au cours duquel l'on a entendu qu'un seul son de cloche. De fausses vérités ont été assénées, de vrais mensonges furent distillés sans la moindre contradiction ni aucune réplique pour rétablir la véracité des faits et remettre les pendules à l'heure.

Il ne s’agissait pas d’une conversation libre avec des journalistes indépendants, capables d'interpeller le chef de la junte sur ses contradictions de lui opposer des chiffres sur les pertes militaires, les massacres de civils.

Tiani n'a pas été à la peine, en étant forcé de s'expliquer sur l’état réel des finances publiques, les recettes pétrolières, les contentieux miniers, les écoles fermées, les déplacements de populations ou encore l’absence de calendrier électoral.

Il s’agissait d’un entretien calibré, strictement encadré, préparé et parfaitement maîtrisé, dans lequel le général pouvait choisir les questions, décider des réponses. Il lui est revenu de mener le débat, d'un bout à l'autre, d'en fixer les règles et déterminer les modalités pratiques. C'est pourquoi des questions inévitables dans un entretien franc et libre, ont été occultées :

-Combien de soldats nigériens sont morts depuis le 26 juillet 2023 ?

-Combien de civils ont été massacrés ?

-Combien de villages ont été abandonnés ?

-Combien d’écoles sont fermées ?

-Combien de familles ont fui leurs terres ?

-Combien de kilomètres de routes peuvent encore être parcourus sans escorte militaire ?

-Combien de marchés ont été fermés ?

-Quel montant exact le pétrole a-t-il rapporté au Trésor public ?

-Quelle part de ces recettes a été consacrée aux hôpitaux, aux écoles, à l’électricité et à l’eau ?

-Quand les Nigériens, pourront-ils à nouveau choisir librement leurs dirigeants ?

À toutes ces questions Tiani n’a pu apporter aucune réponse. Il s'est abrité derrière les formules creuses, s'est adonné comme à son habitude à des accusations fallacieuses contre l’étranger, a ressassé des promesses de refondation. Il n'a pas brandi les résultats de sa fameuse lutte contre l'insécurité, car un sujet qui serait trop sensible pour être évoqué, publiquement. Si dans une guerre les préparatifs peuvent relever du secret défense, les conséquences, elles sont visibles de tous.

Au Niger, à la date du 26 juillet 2026, la réalité est loin d'une embellie sécuritaire et ne laisse pas paraître une quelconque avancée souverainiste. Elle confine à la ruine et au chaos. Une situation cauchemardesque que Tiani au premier chef n'a eu de cesse d'alimenter ces derniers trente-six mois. La déflagration n’est plus une hypothèse ni une éventualité: c'est une perspective certaine, voire inéluctable. Ses conséquences seront considérables pour les Nigériens et frapperont l’ensemble de la sous-région le Mali notamment, avec un risque de déstabilisation potentiellement encore plus important.

Un exercice de légitimation, pas de reddition des comptes.

L’entretien de Tiani était un monologue diffusé dans un espace médiatique verrouillé, qui n'a pas permis d'aborder une actualité aussi brûlante que les attaques à l’aéroport au coeur de la capitale.

Un chef d’État qui choisit le cadre, les thèmes et la finalité de sa prise de parole publique aspire à construire le récit qu’il souhaite. Celui de Tiani est connu d'avance, redondant et invariable : souveraineté, prétendument, recouvrée, rupture fracassante avec la France, Alliance théorique avec des États du Sahel, reprise du contrôle des ressources et résilience du peuple. Dès que ce récit cousu de fil blanc et destiné à la consommation locale est confronté à la réalité, à la vérité des faits, le contraste devient saisissant.

La rupture diplomatique : spectaculaire, mais stratégiquement stérile.

Oui, les forces françaises sont parties.

Oui, les forces américaines ont quitté le pays.

Oui, la Russie, la Chine, la Turquie et l’Iran ont pris une place plus importante dans les partenariats du Niger.

La junte présente cette recomposition vertigineuse comme une révolution historique. Encore faut-il démontrer qu’ell a produit des résultats concrets, meilleurs, à ceux obtenus dans le passé avec d'autres États amis et partenaires de l'occident.

Une rupture diplomatique ne constitue une réussite que si elle entraîne des effets mesurables. Par exemple, une baisse des attaques, une amélioration du renseignement, une meilleure protection des populations, une sécurisation durable des axes routiers, une hausse des recettes publiques et une amélioration des services sociaux. Or sur chacun de ces tableaux, le bilan demeure fragile, contesté ou franchement négatif.

Tiani et son antienne de la souveraineté.

Les Nigériens constatent avant tout l’insécurité, la fermeture d’écoles, le recul de la présence de l’État dans des pans entiers du territoire et la dégradation continue des services publics essentiels. La souveraineté proclamée se limite donc au discours politique pompeux, demeure au stade de slogans vides et ressemble à un voeu pieux.

Sécurité : le cœur du débat!

La situation sécuritaire fut le prétexte du putsch. Les auteurs du coup d’État avaient dénoncé l’incapacité supposée du président Bazoum à endiguer la progression des groupes armés. Trois ans plus tard, ils n'ont pas fait mieux. Au contraire, ils ont provoqué la chienlit, en ruinant les acquis, en amplifiant et aggravant l'insécurité avec une recrudescence des attaques et une succession de tragédies.

Le 26 juillet 2023, au moment du coup d’État, les groupes affiliés au JNIM et à l’État islamique au Sahel ne contrôlaient aucune portion du territoire nigérien. Trois ans plus tard, leur présence s’est considérablement étendue : ils disposent de sanctuaires, de zones d’influence et de capacités de circulation dans plusieurs régions du pays, où ils remettent en cause régulièrement l’autorité de l’État, multiplient les attaques et imposent parfois leurs desiderata aux populations locales..

Ils se sont adaptés, renforcés et ont démontré leur capacité à frapper , même les infrastructures les plus sensibles du pays.

Le 29 janvier 2026, l’aéroport international Diori-Hamani et la base aérienne de Niamey ont été attaqués à l’aide de drones, de mortiers et de lance-roquettes. Le 18 juin 2026, ce même complexe stratégique a de nouveau été pris pour cible. Selon le bilan officiel, onze militaires et deux civils nigériens ont été tués .

Deux attaques contre la principale plateforme stratégique du pays, en moins de six mois, ne constituent pas un incident de parcours ou des actes bénins. Elles révèlent une vulnérabilité persistante.

La capitale n’est plus hors de portée.

Les infrastructures stratégiques ne sont plus inaccessibles. La force conjointe de l’AES n’apparaît pas, à ce stade, comme un bouclier suffisamment dissuasif. Les nouveaux partenariats militaires n’ont pas encore permis d’assurer une sécurisation durable du territoire.

Les attaques contre l’aéroport ne représentent que la partie visible de l'iceberg.

Pour le seul mois de juin 2026, un décompte prudent fait état de 223 morts, civils et militaires : 169 membres des forces de défense et de sécurité, 24 miliciens et 30 civils. La région de Tillabéri concentre, à elle seule, huit des treize incidents recensés et 161 des 223 victimes, soit près de 72 % du total. L’épicentre de la violence ne s’est donc pas déplacé. Il s’est au contraire intensifié.

Le 17 juin, l’attaque de l’EIGS contre le camp d’Inatès aurait causé au moins 70 morts parmi les forces de défense et de sécurité. Certaines sources locales évoquent un bilan encore plus élevé. Le lendemain, les violences se sont poursuivies à Banibangou, Amara et Mehanna, avec de nouvelles pertes parmi les militaires, les miliciens et les populations civiles.

Le 30 juin, une double offensive a frappé la région de Tillabéri. À Diagourou, le JNIM a attaqué une position de la Garde nationale et des miliciens DomolLeydi. Selon les informations disponibles, trente-trois soldats et quatorze miliciens ont été tués. À Torodi, une autre attaque a été repoussée au terme de violents affrontements, mais au prix de plusieurs morts et blessés, parmi lesquels figure notamment le fils du chef de canton de Kieta. Les obsèques de plusieurs soldats de la Garde nationale ont été ensuite organisées au cimetière de Yantala, à Niamey.

Une enquête a permis d’établir l’identité de vingt-sept des trente-trois militaires tombés à Diagourou. Derrière chaque nom, chaque matricule et chaque unité se trouvent des familles endeuillées, des enfants devenus orphelins et des proches, confrontés au deuil.

Le 17 juillet 2026, une nouvelle embuscade dans la région de Téra illustre une fois encore la gravité de la situation. Le ministère de la Défense annonce seize soldats tués et vingt-trois blessés. D’autres sources , évoquent un bilan plus lourd, avec au moins quarante-sept militaires tués, plus de cinquante blessés et la mort du chef du détachement.

Quelques jours plus tard, le 23 juillet, deux attaques distinctes frappèrent l’axe Dosso-Gaya : un bus a été pris pour cible près de Bella, tandis qu’une embuscade a coûté la vie au chef d’agence de la BOA de Dosso. Le même jour, à Sakoira, dans le département de Loga, des civils ont été tués avant que les assaillants ne poursuivent leur progression vers Tamara.

Le 24 juillet, des frappes de drones menées par l’armée nigérienne à Chinagodrar ont provoqué la mort de sept civils qui s’étaient rassemblés pour présenter leurs condoléances.

À Doungouro, une embuscade survenue en pleine journée, dans une zone pourtant soumise à de strictes restrictions de circulation, a fait, selon les informations disponibles, cinquante-trois morts parmi les forces de défense et de sécurité, soixante et un blessés, deux disparus, tandis que plusieurs véhicules et une importante quantité de matériel militaire ont été emportés.

Cette succession d’événements soulève des interrogations sur les capacités de surveillance, d’anticipation et de réaction des forces engagées, notamment lorsqu’une colonne importante d’assaillants peut se regrouper et frapper en plein jour dans une zone présentée comme étroitement contrôlée.

Depuis le 26 juillet 2023, plusieurs décomptes indépendants avancent un bilan dépassant les 5 600 morts civils et militaires. Ces chiffres traduisent tous une aggravation soutenue de la violence. Au-delà des statistiques, ce sont surtout les réalités quotidiennes qui marquent les populations : villages abandonnés, routes devenues dangereuses, marchés fermés, écoles et centres de santé contraints de cesser leurs activités, déplacements forcés et climat d’insécurité permanent.

Et maintenant, le symbole ultime de l’effondrement : même les hauts responsables deviennent des cibles. Le général Ibro et le chef de corps Habibou auraient été attaqués sur l’axe de Doutchi alors qu’ils se rendaient à des obsèques, par un groupe circulant sur une dizaine de motos. Lorsqu’un général et un chef de corps peuvent être pris pour cible sur un axe national, cela signifie que le sentiment d’insécurité a atteint le sommet de l’appareil militaire lui-même. Ce n’est plus seulement les soldats de base, les miliciens ou les civils qui meurent. C’est la hiérarchie qui se découvre vulnérable sur les routes du pays qu’elle prétend contrôler.

Le secret militaire évoqué par Tiani peut entretenir le mystère autour des résultats obtenus . Il ne peut, à lui seul, répondre, cependant, aux interrogations suscitées par la dégradation perceptible de la situation sécuritaire.

Le renseignement : absent, tardif ou défaillant ?

Le général Tiani affirme régulièrement que les forces de défense et de sécurité obtiennent des résultats, mais que ceux-ci relèvent du secret militaire. Personne ne demande à une armée de dévoiler ses plans d’opérations, ses sources de renseignements, le déploiement de ses unités ou ses intentions futures. Le secret militaire est une nécessité dans toute guerre.

En revanche, il ne peut devenir le rideau de fer derrière lequel seraient systématiquement dissimulés les échecs, les insuffisances ou les difficultés rencontrées sur le terrain.

Une amélioration de la situation sécuritaire ne se proclame pas, elle se constate:

Lorsque les agriculteurs peuvent retourner cultiver leurs terres sans craindre les attaques.

Lorsque les enfants reprennent durablement le chemin de l’école.

Lorsque les marchés rouvrent et que les activités économiques retrouvent leur rythme normal.

Lorsque les routes redeviennent praticables sans escorte militaire.

Lorsque les familles déplacées peuvent regagner leurs villages en toute sécurité.

Enfin, lorsqu’une infrastructure aussi stratégique que l’aéroport international de la capitale ne fait plus l’objet d’attaques répétées.

La multiplication des attaques surprises, la capacité des groupes armés à déplacer d’importantes colonnes de combattants et la fréquence des embuscades soulèvent une question essentielle : quelle est aujourd’hui l’efficacité réelle du dispositif de renseignements ?

Les informations remontant jusqu’au chef de l’État, sont-elles complètes et fiables ? Sont-elles transmises, sans filtre ? Reflètent-elles fidèlement la réalité du terrain ou sont-elles, consciemment ou non, présentées sous un jour plus favorable afin d’éviter de contrarier les plus hautes autorités ?

Cette interrogation dépasse le seul cas du Niger. Dans de nombreux systèmes fortement centralisés, la chaîne de commandement peut être tentée d’édulcorer la réalité, chacun préférant rassurer son supérieur plutôt que de lui annoncer une détérioration de la situation.

Le risque est alors considérable.

Un dirigeant qui prend ses décisions sur la base d’informations incomplètes ou excessivement optimistes finit par gouverner à partir d’une représentation déformée de la réalité. Sur les cartes qui lui sont présentées, les zones apparaissent sous contrôle. Dans les communiqués officiels, l’ennemi est considéré en débandade. Dans les faits, il prépare déjà l’embuscade suivante. À chaque revers, une même explication revient : le complot extérieur. La France, le Bénin, la Côte d’Ivoire ou d’autres acteurs sont régulièrement mis en cause dans les discours officiels.

De telles accusations, lorsqu’elles sont formulées, appellent naturellement des éléments de preuve vérifiables, à cause de leur gravité notoire. Lorsque toute difficulté est attribuée à des causes exclusivement extérieures, le risque est de repousser l’analyse des dysfonctionnements internes, pourtant indispensable pour adapter les stratégies, corriger les erreurs et améliorer l’efficacité des dispositifs de sécurité.

Une guerre se gagne aussi par la capacité à tirer les enseignements de ses propres insuffisances.

Le renseignement constitue l’un des premiers remparts contre la surprise stratégique. Lorsqu’il devient incomplet, tardif ou insuffisamment exploité, il cesse d’être un avantage opérationnel et peut, au contraire, contribuer à accroître la vulnérabilité des forces engagées comme celle des populations civiles.

Le véritable danger qui menace aujourd’hui le Niger n’est pas uniquement l’offensive des groupes armés. Le véritable danger réside dans la combinaison de plusieurs facteurs préoccupants: l’insécurité, l’affaiblissement des institutions, les difficultés économiques, la fermeture de l’espace politique, l’érosion de la confiance entre gouvernants et gouvernés et la pression régionale.

Un État peut résister longtemps à chacune de ces crises, prise isolément. En revanche, lorsqu’elles convergent toutes au même moment, comme c’est le cas aujourd’hui au Niger, elles peuvent produire un effet de bascule dont les conséquences dépasseront largement les frontières nationales.

Ce n'est pas en pratiquant la politique de l'autruche et avec sa rhétorique incendiaire et inculpatoire que Tiani sortira le Niger de l'ornière et accomplira la mission " messianique " qu'il s'est assigné dans son accès de fièvre souverainiste et sa folie de grandeur. Qui pour sauver le soldat Tiani, condamné sur terre et damné dans le ciel ?

Samir Moussa