Ramadan s’est achevé… et l’Eid se lève à l’horizon. (Par RSW)
Entre ces deux moments, il y a un instant subtil, presque imperceptible, mais décisif : celui où les cœurs sont révélés. Car si Ramadan était un temps d’élévation, ce qui vient après est un temps de v

Ramadan n’était pas une fin.
C’était une préparation.
Nous avons jeûné, prié, invoqué, pleuré peut-être… mais tout cela n’avait qu’un seul objectif : transformer nos cœurs, pour que nous devenions des serviteurs d’Allah en tout temps, et non seulement en Ramadan.
Dans l’esprit de Ibn al-Qayyim, les œuvres sont comme des graines, mais leur réalité se manifeste après leur plantation. Et les cœurs, eux, sont éprouvés dans la continuité, pas dans l’exception.
Alors aujourd’hui, une question silencieuse nous accompagne :
qu’avons-nous réellement emporté de Ramadan ?
Avons-nous quitté Ramadan… ou Ramadan nous a-t-il quittés ?
Avons-nous changé… ou simplement suspendu certaines habitudes ?
Car celui qui adorait Ramadan, Ramadan est terminé.
Mais celui qui adorait Allah doit savoir que Lui ne disparaît pas.
La Sunna nous enseigne que les œuvres les plus aimées d’Allah sont celles qui sont constantes, même si elles sont peu nombreuses. Voilà le secret : la constance.
Un peu de Coran, mais chaque jour.
Quelques unités de prière, mais sincères.
Un cœur présent, même dans la simplicité.
Ne cherchons pas à reproduire l’intensité de Ramadan… cherchons à préserver sa lumière.
Car la véritable perte n’est pas que Ramadan soit parti,
mais que ce que nous avons gagné avec lui disparaisse.
L’Eid n’est pas seulement une joie extérieure.
C’est un moment où les cœurs reconnaissent une réalité intérieure :
celle d’avoir été invités… et peut-être acceptés.
Les pieux prédécesseurs ne célébraient pas seulement la fin du jeûne,
ils espéraient la fin du rejet.
Alors réjouissons-nous, oui.
Mais avec une joie humble, une joie consciente, une joie tournée vers Allah.
Et demandons-nous :
sommes-nous parmi ceux qui ont été libérés, ou parmi ceux qui doivent encore revenir ?
Ô Allah, accepte de nous ce que nous avons fait de bien,
pardonne nos manquements,
et fais que Ramadan ne soit pas un souvenir… mais un tournant.
Ô Allah, accorde-nous de continuer après ce que Tu nous as permis de commencer,
et fais que nos cœurs restent attachés à Toi, dans l’aisance comme dans l’effort.
Car le véritable Eid…
n’est pas dans les vêtements que nous portons,
mais dans les cœurs que nous portons.