REPORT DE LA PRESIDENTIELLE : Le réveil de l’article 42 de la Constitution

Dans une atmosphère gorgée d’angoisse, le Président de la République vient de s’adresser solennement à ses compatriotes. Certes un moment de délivrance pour la Nation tout entière mais aussi qui interroge l’argument de droit. C’est digne d’un « Chef d’Etat », même si cette notion est injustement absente dans les dispositions de notre Constitution en vigueur.
Dans un registre audible, le Président de la République s’est adressé à nous en ces mots : « (…) En ma qualité de Président de la République, garant du fonctionnement régulier des Institutions, et respectueux de la séparation des pouvoirs, je ne saurais intervenir dans le conflit opposant le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire (…). En conséquence, compte tenu des délibérations en cours à l’Assemblée nationale réunie en procédure d’urgence, et sans préjuger du vote des députés, j’ai signé le décret n° 2024-106 du 3 février 2024 abrogeant le décret n° 2023-2283 du 29 novembre 2023 portant convocation du corps électoral. Pour ma part, mon engagement solennel à ne pas me présenter à l’élection présidentielle reste inchangé. Enfin, j’engagerai un dialogue national ouvert, afin de réunir les conditions d’une élection libre, transparente et inclusive dans un Sénégal apaisé et réconcilié (...) ».
A ce stade des événements en cours, on est amené à apprécier la force de l’argument juridique énoncé dans le discours et à décrire la trame parlementaire en cours.
- Un argument justifié dans le discours
- Une procédure articulée en droit