Sahara occidental : pour une médiation crédible, la voix sahraouie doit enfin s’ouvrir au pluralisme

La récente déclaration du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, exprimant la disponibilité de son pays à soutenir une médiation politique entre le Maroc et le Front Polisario, a été accueillie comme un signe d’apaisement régional. Mais elle pose une question essentielle : peut-on encore imaginer un règlement durable du conflit du Sahara occidental en reconduisant le même schéma bilatéral qui a échoué depuis près de cinquante ans ?
Si l’Algérie a bâti sa démocratie sur la pluralité politique, n’est-il pas temps qu’elle reconnaisse ce même droit à une représentation diversifiée du peuple saharaui ?
Depuis l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, 2025, le cadre onusien a changé. Le Conseil appelle désormais à des solutions politiques réalistes, fondées sur le compromis et la gouvernance locale, rompant ainsi avec l’approche rigide du référendum qui a longtemps figé les positions. Ce tournant oblige chaque acteur — y compris l’Algérie, qui se présente aujourd’hui comme facilitatrice — à reconsidérer les paramètres du processus de paix.
Pendant des décennies, la représentation sahraouie a été monopolisée par une seule formation. Or, l’évolution politique et sociale de la région montre qu’il existe désormais une pluralité de voix sahraouies, porteuses de visions divergentes, parfois complémentaires, mais surtout légitimes.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit le Mouvement Sahraoui pour la Paix (MSP), né du rejet des extrêmes et de la volonté de proposer une troisième voie. Loin de la rhétorique figée, le MSP s’est imposé comme un acteur porteur d’une vision pragmatique et inclusive, cohérente avec les orientations de la résolution 2797.
Le MSP a présenté un document inédit : le “Statut spécial du Sahara”, une proposition institutionnelle articulée en 54 articles. Ce texte s’inspire de modèles internationaux reconnus et propose une autonomie avancée dans le cadre de la souveraineté marocaine, avec :
- une Assemblée sahraouie élue, dotée de pouvoirs étendus ;
- un exécutif local responsable devant ce parlement ;
- une gestion locale des ressources naturelles ;
- des garanties pour l’identité, la langue et la culture sahraouies ;
- un système de gouvernance moderne, adapté aux réalités régionales.
- des propositions marocaines modernisées, en cohérence avec la 2797 ;
- un dialogue avec le Polisario, qui demeure un interlocuteur historique ;
- et l’intégration des nouvelles forces sahraouies, au premier rang desquelles le MSP.