Tchad : le Front patriotique du Tchad apporte son soutien aux populations de Miski et appelle à l’unité nationale

Tchad : le Front patriotique du Tchad apporte son soutien aux populations de Miski et appelle à l’unité nationale

Dans une déclaration publiée le 18 octobre 2026 à Paris, le président du Front patriotique du Tchad (FPT), le commandant Hamid Barkai Adoum, exprime sa solidarité avec les populations de Miski, dénonce les risques liés aux opérations militaires et à l’exploitation des ressources minières, et appelle les forces de l’opposition ainsi que l’ensemble des Tchadiens à s’unir autour d’un projet de justice, de démocratie et de bonne gouvernance.

Le Front patriotique du Tchad (FPT) hausse le ton face à la situation qui prévaut à Miski, dans la province du Tibesti. Dans une déclaration signée à Paris le 18 octobre 2026, son président, le commandant Hamid Barkai Adoum, exprime sa « profonde solidarité » avec les populations locales, leurs représentants et leur comité d’autodéfense, confrontés, selon le mouvement, à une pression militaire croissante, notamment à des bombardements par drones et à des opérations de l’armée tchadienne.

Pour le FPT, la crise de Miski ne saurait être réduite à une simple question sécuritaire. Elle soulève, selon le parti, des interrogations fondamentales sur la gouvernance des ressources naturelles, la protection des civils, la préservation de l’environnement et le droit des communautés locales à participer aux décisions concernant leurs terres et leurs moyens de subsistance.

Le mouvement politique estime que la situation exige une réponse dépassant le seul cadre militaire, privilégiant la transparence, le dialogue et la recherche de solutions durables.

Miski, au cœur des préoccupations sécuritaires et minières

Dans sa déclaration, le Front patriotique du Tchad fait part de ses inquiétudes concernant les conséquences humaines, sociales et environnementales de l’exploitation minière dans la région de Miski.

Le parti se dit particulièrement préoccupé par les informations faisant état de bombardements par drones et d'opérations militaires susceptibles de mettre en danger les populations civiles. Il appelle les autorités tchadiennes à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les habitants, prévenir les pertes en vies humaines et respecter le droit international humanitaire, lorsqu'il est applicable.

Le FPT réclame également une vérification indépendante et transparente des faits relatifs aux opérations militaires, à leurs conséquences sur les civils et aux conditions d'exploitation des ressources minières.

« La richesse minière du Tchad doit profiter au peuple tchadien dans son ensemble », soutient le mouvement, qui met en garde contre le risque de voir les ressources naturelles devenir une source de confrontation, d'exclusion des communautés locales et d'enrichissement au profit d'intérêts particuliers.

Le FPT réclame davantage de transparence dans l'exploitation minière

Au-delà de la situation sécuritaire, le Front patriotique du Tchad dénonce des pratiques d'exploitation minière qu'il juge opaques, insuffisamment contrôlées et potentiellement dangereuses pour les populations et l'environnement.

Le mouvement exprime notamment ses préoccupations concernant les bénéfices qui profiteraient, selon lui, à des intérêts proches du pouvoir et à des groupes armés qui lui seraient liés. Ces accusations, formulées par le parti, appellent à des vérifications indépendantes.

Pour remédier à cette situation, le FPT demande la transparence sur les contrats miniers, les autorisations d'exploitation et les revenus générés par les activités extractives.

Il plaide également pour la protection des terres, des ressources en eau, de la biodiversité et des moyens de subsistance des communautés locales. À cela s'ajoutent la réalisation d'évaluations environnementales indépendantes, la publication de leurs conclusions et la consultation effective des populations concernées.

Le parti réclame enfin la mise en place de mécanismes de contrôle destinés à prévenir les abus, les conflits d'intérêts et le détournement des richesses nationales.

Pour le FPT, les ressources du sous-sol tchadien constituent un patrimoine national dont l'exploitation doit répondre à l'intérêt général, dans le respect des droits des populations et des générations futures.

Appel à la désescalade et au dialogue

Face à la montée des tensions dans le Tibesti, le Front patriotique du Tchad appelle les autorités à privilégier le dialogue et à mettre fin aux violences contre les populations.

Le mouvement conteste la manière dont le pouvoir présente la situation sous l'angle sécuritaire et dénonce ce qu'il considère comme une instrumentalisation des forces militaires au service d'intérêts politiques.

Dans son adresse, le président du FPT insiste sur la nécessité de protéger les civils et de rechercher une issue pacifique à la crise. Il réaffirme que le soutien de son mouvement aux revendications des populations de Miski s'inscrit, selon lui, dans une démarche en faveur de la dignité humaine, de la justice, de la transparence et d'une gestion équitable des ressources nationales.

Le parti appelle ainsi à une désescalade et à l'ouverture d'un dialogue permettant de répondre aux préoccupations des communautés concernées.

Vers un front républicain et démocratique de l'opposition ?

La déclaration du Front patriotique du Tchad dépasse toutefois la seule question de Miski. Elle prend également la forme d'un appel à l'unité des forces de l'opposition, des organisations de la société civile et de l'ensemble des citoyens tchadiens.

Le FPT invite les partis politiques, les mouvements citoyens, les responsables communautaires, les intellectuels, les jeunes, les femmes et les Tchadiens de la diaspora à dépasser leurs divergences afin d'engager une concertation nationale sur l'avenir du pays.

Les discussions proposées devraient notamment porter sur la gouvernance, la justice, la sécurité, la gestion des ressources naturelles et le respect des droits fondamentaux.

Le mouvement d'opposition dresse un bilan critique de la situation politique du Tchad, évoquant près de trente-six années de domination du même système de pouvoir. Il estime qu'une réflexion collective est devenue nécessaire pour mettre fin aux pratiques de mauvaise gouvernance, à la concentration des richesses et à l'exclusion dénoncées par de nombreux citoyens.

Dans cette perspective, le FPT propose la construction d'un front républicain, citoyen et démocratique, capable de défendre des revendications communes et de promouvoir une alternance politique reposant sur des institutions légitimes, la responsabilité publique et le respect des libertés fondamentales.

Pour le parti, l'unité nationale ne peut se construire dans la peur ou le silence. Elle doit reposer sur la justice, l'égalité devant la loi, le respect des différentes communautés et la reconnaissance de la dignité de chaque citoyen.

Un appel adressé à la communauté internationale

Le Front patriotique du Tchad interpelle également plusieurs pays partenaires du Tchad, notamment les États-Unis, la Russie, la Turquie, la Chine, la France, le Soudan, la Libye, le Niger, le Nigeria et la République centrafricaine.

Le mouvement les invite à examiner de près la situation actuelle dans le pays, particulièrement dans le Tibesti, et à s'intéresser aux préoccupations politiques, sécuritaires et économiques de la population tchadienne.

Dans sa déclaration, le FPT accuse le régime de privilégier un discours sécuritaire qui, selon lui, occulte les problèmes de fond auxquels le pays est confronté. Il dénonce ce qu'il qualifie de pouvoir autocratique exercé depuis plusieurs décennies par une même famille et déplore le silence des partenaires internationaux face à cette situation.

Cet appel traduit la volonté du mouvement de porter la question de Miski au-delà des frontières tchadiennes et d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les enjeux de protection des civils, de gouvernance et d'exploitation des ressources naturelles.

L'armée tchadienne appelée à protéger les populations

L'un des passages les plus fermes de la déclaration concerne les forces armées tchadiennes.

Le commandant Hamid Barkai Adoum lance un appel aux militaires afin qu'ils s'abstiennent, selon ses termes, de participer aux violences contre les populations du Tibesti. Il les exhorte à rester fidèles à leur mission de protection des citoyens et à ne pas se rendre complices d'exactions qu'il attribue à des forces liées au régime.

Le président du FPT estime que l'armée nationale doit servir l'ensemble de la population tchadienne et non des intérêts politiques particuliers.

Il appelle ainsi les militaires à faire preuve de responsabilité et à se tenir aux côtés des populations civiles, dans le respect de leurs obligations et de leur mission de défense nationale.

Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions autour de Miski, où les enjeux sécuritaires se mêlent aux revendications locales relatives à l'exploitation des ressources minières.

Un message de soutien aux acteurs locaux

Dans son adresse aux personnes mobilisées sur le terrain à Miski, le président du FPT exprime son soutien aux revendications locales et encourage les populations à poursuivre leur mobilisation.

Le mouvement affirme se tenir aux côtés de ses compatriotes du Tibesti et présente leur cause comme un combat pour l'intérêt supérieur du Tchad.

Tout en exprimant cette solidarité, le parti appelle à une mobilisation citoyenne responsable, pacifique et déterminée. Il souhaite que les revendications de Miski soient entendues et qu'un débat national sérieux s'ouvre sur la gestion des ressources minières et l'avenir politique du pays.

Pour le FPT, la situation de Miski ne constitue pas un problème isolé, mais révèle des questions plus larges touchant à la justice, à la gouvernance et à la responsabilité nationale.

Pour une autre vision de l'avenir du Tchad

En conclusion, le Front patriotique du Tchad réaffirme sa volonté de promouvoir un modèle de gouvernance dans lequel les richesses naturelles contribuent directement au développement du pays.

Le mouvement estime que les revenus issus des ressources minières devraient notamment financer l'éducation, la santé, les infrastructures et l'amélioration des conditions de vie de l'ensemble de la population.

Il plaide pour un Tchad où aucune communauté ne se sente abandonnée, où aucune région ne soit sacrifiée et où les ressources nationales ne soient exploitées sans contrôle ni responsabilité.

À travers cette déclaration, le FPT entend ainsi faire de la situation de Miski un sujet de mobilisation nationale et un point de départ pour une réflexion plus large sur l'avenir institutionnel, économique et démocratique du pays.

« Le Tchad et les Tchadiens d'abord », proclame le mouvement, qui conclut son texte par un appel à la solidarité entre les peuples du Tchad, à la justice, à la démocratie et à la construction d'un pays uni, souverain et respectueux de ses richesses naturelles.

La déclaration a été signée à Paris, le 18 octobre 2026, par le président du Front patriotique du Tchad, le commandant Hamid Barkai Adoum. Soda SALL