février 19, 2026
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Burkina Faso: Le mirage Sécuritaire, l’illusion développiste à l’épreuve du Sang et des Pixels.

Au Burkina Faso, le régime du capitaine Ibrahim Traoré excelle dans l’art de la diversion systématique et brille dans les mises en scène grossières. D’un côté une propagande sécuritaire tonitruante caractérisée par des communiqués victorieux et des postures martiales tendant à faire croire que la bête terroriste a été domptée. De l’autre, une nuée développiste, nourrie à l’intelligence artificielle avec des échangeurs virtuels et des cités fantômes. Des écrans de fumée pour masquer l’effondrement dans le monde réel. Les faits impitoyables surplombent toutes les bulles lancées à la cantonnade : le pays saigne, s’affaisse dans un basculement inédit dont l’histoire du Sahel est familière et seule a le secret. Les événements sont réputés imprévisibles et incontrôlables.

A propos de l’illusion sécuritaire, c’est une farce grotesque qui projette des victoires imaginaires dans des défaites inavouables. À en croire les officiels hors sol, le Burkina Faso serait sur la voie d’une reconquête irréversible contre des groupes armés en débandade. L’État aurait repris ses droits et jouirait de la plénitude de son autorité. La réalité, naturellement tranche avec ce tableau idyllique. Elle renvoie à une litanie d’attaques quotidiennes qui ravagent le Nord, le Sahel, l’Est, le Centre-Est et la Boucle du Mouhoun. Des positions militaires assiégées, des convois anéantis, des villages dévastés, des administrations en pleine désertion. Seule la zone méridionale, frontalière de la Côte d’Ivoire, échappe relativement à la razzia.

Ironie suprême puisque Ouagadougou accuse sans cesse Abidjan de pactiser avec les terroristes. Les Ivoiriens, eux font preuve de retenue afin d’éviter une escalade stérile. Pendant ce temps les frontières “fraternelles” avec le Mali et le Niger piliers de l’Alliance des États du Sahel sont devenues des charniers ouverts où les incursions les plus sanglantes se multiplient.

Le week-end dernier a été émaillé d’incidents qui sont autant de scènes d’horreur. Le samedi 14 février 2026 à Titao près de la frontière malienne, une base militaire considérée comme imprenable a été balayée en plein jour par des assaillants déchaînés. Après avoir écrasé les forces en présence, ils ont saccagé des bâtiments administratifs, incendié des ambulances et abattu un pylône de télécommunication condamnant ainsi la ville à l’isolement. Bilan provisoire : une centaine de morts et de disparus parmi les soldats. Une forteresse réduite en un amas de ruines en quelques heures. voilà à quoi ressemble la “reconquête” tant vantée.

Quelques heures plus tard à Kantchari sur l’axe du Niger, un nouveau cauchemar. Une cinquantaine d’agents des eaux et forêts piégés dans les tranchées qu’ils avaient creusées sur ordre des autorités ont été massacrés. Ces dispositifs défensifs, censés barrer la route aux ennemis se sont mués en fosses communes improvisées. Le symbole object d’une stratégie improvisée et suicidaire où l’amateurisme tue plus sûrement que l’adversaire.

Les civils ne sont pas épargnés : dans le Nord et le Sahel des attaques islamistes sèment la mort et forcent à des déplacements massifs. Le Burkina Faso trône parmi les pays les plus ravagés par le terrorisme mondial. Il ne s’agit pas d’une invention malveillante mais de statistiques implacables. Les zones chaudes ? Autour de Djibo, Arbinda, Gorom-Gorom, Markoye, Sebba dans le Sahel, les axes ruraux du Centre-Nord menacés d’isolement Tapoa, Gourma, Komondjari et Kompienga dans l’Est, où forêts et frontières servent de repaires aux groupes armés, Solenzo et environs dans la Boucle du Mouhoun théâtre de massacres récurrents. Plus au sud, des poches d’insécurité s’enracinent, minant routes et marchés.

Ce n’est pas une série d’incidents isolés : c’est un étranglement systématique. Le Nord vacille, l’Est s’embrase l’Ouest saigne et l’État se ratatine en îlots urbains assiégés. Les populations laminées, oscillent entre résignation et rage silencieuse, tandis que la répression muselle médias et dissidents. Le silence imposé n’apaise pas la peur. il l’étouffe littéralement.

Le régime ne se limite pas qu’à l’illusion sécuritaire. Il en cultive une autre plus insidieuse : celle d’un développement spectaculaire, fabriqué en pixels et charrié par des promesses virtuelles. Pendant que les garnisons tombent et les agents périssent dans des « tranchées-sépultures », les réseaux officiels débordent d’images rutilantes : échangeurs futuristes complexes industriels ambitieux cités administratives dignes de Dubaï. Le Burkina Faso réel agonise, celui du virtuel rampant triomphe allègrement.

À défaut de reconquérir le territoire, on s’installe dans le confort de l’imaginaire. À défaut de sécuriser les axes, on cultive une image flatteuse. L’intelligence artificielle devient un outil de propagande suprême : elle génère des ponts sans piliers, des centrales sans énergie, des villes sans vie. Des rendus 3D impeccables saturent l’espace numérique créant l’illusion d’un État en pleine renaissance. Les routes minées, les convois mitraillés, les villes barricadées sont relégués au second plan. Une guerre de perception est menée avec frénésie pour que l’écran reste immaculé.

Un pouvoir qui gouverne par un tour de passe-passe confond l’illusion des maquettes à la réalité de réalisations concrètes. Un État qui privilégie les simulations aux actes tangibles devient théâtral et parodique. Le risque ? Un décalage hallucinatoire : le citoyen admire des infrastructures monumentales en ligne tout en sombrant entre cratères et zones interdites. Le vertige est total.

On ne bâtit pas une nation avec des algorithmes. On ne stabilise pas un pays avec des effets spéciaux. Quand la communication vise à démentir le réel, elle le travestit et trahit. Lorsqu’un régime parie sur le récit plutôt qu’il ne s’appuie sur les faits, le réveil sera brutal, le retour à la réalité cauchemardesque.

L’histoire du Burkina Faso le prouve : aucun pouvoir ne survit à la propagande, n’échappe à la sentence populaire. L’accumulation de souffrances, d’injustices et de mensonges est fatale. Au silence apparent et à la résignation forcée succèdent toujours des tempêtes violentes et jamais prévisibles. La question sécuritaire reste le baromètre de la légitimité, le mirage développiste, un leurre de plus. Quand un État perd le contrôle sur ses routes, ses garnisons, ses marchés et laisse ses citoyens dans l’abandon, ce n’est plus une crise ordinaire, c’est une décadence mortelle.

Au Sahel, les malheurs ne s’annoncent pas. Ils surprennent.

Samir Moussa

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