avril 3, 2025
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Politique

CHRONIQUE : Ah ce mandat cornélien… ou faire comme l’ami Macron ?

Mars 2012, en un seul essai, Macky Sall pulvérisa les records en engrangeant au deuxième tour de la 3e présidentielle sous l’ère de l’alternance politique avec 65, 80% du scrutin. Au départ, l’écrasante majorité du landerneau sociopolitique ne misait aucun copeck sur lui. Diantre, comment ce jeune wadiste à peine sorti des limbes libertaires pouvait-il vaincre le maître qui lui avait gradué une exceptionnelle trajectoire politico-administrative comme personne d’autre dans la fratrie libérale.

Mai 2014 dans un hexagone en effervescence de renouvellement politique, un tout jeune (39 ans) avec plus de 65% d’une présidentielle atypique venait de fragmenter le vieillissant clivage politique droite/gauche. En un seul essai, son mouvement citoyen affaissait d’obsolètes appareils politiques et, embrayait sa marche résolue vers la 5e République.

L’histoire retiendra qu’en deux années successives dans l’espace francophone, deux jeunes cadres adoubés envoyèrent leurs curateurs idéologiques à leurs crépuscules politiques et entendaient significativement faire bouger les lignes.

Macron est d’ailleurs toujours dans l’action au sortir d’une présidentielle où il ne mouilla pas tellement le maillot sauf au dernier virage pour un prude duel avec la dame Le Pen. Il compte d’ailleurs accélérer la cadence, passé les fourches caudines du purgatoire du 12 juin. « Le 3e tour » selon Jean Luc Mélenchon (troisième présidentiable) qui compte emporter les législatives en y jetant son va-tout dans l’espoir d’imposer la cohabitation politique à un nouveau président frétillant ; (Président de l’UE), il n’attend que d’expédier les législatives pour s’attaquer aux brulants dossiers locaux et européens l’Ukraine mais aussi l’Afrique subsaharienne.

Etrange similitude des problématiques avec celles que gèrent Macky Sall –Président de l’UA – mais pour l’instant, chevillé par des législatives tumultueuses sur lesquelles surfent artifices juridiques et jurisprudences ; à peine sorti des élections locales où sa grande coalition – toujours gagnante – fut proprement laminée, profondément balafrée par la parte des grandes villes dont Dakar la capitale.

Son excellence trouvera-t-il assez de ressources et de stratégies pour envisager de partager avec son ami, à nouveau, le même agenda scellé à Dakar au sortir de l’historique rencontre du Partenariat Mondial pour l’Education au cours de laquelle Macron réunissait à Dakar en guise de remerciements à l’ami de la France : les présidents de la Banque Mondiale, de l’Unesco ; de sept (7) chef d’états et une soixantaine de ministres africains.

Un compagnonnage très productif qui lui permit d’épaissir sa carrure internationale, de booster son leadership, d’imprégner par son assiduité les grandes rencontres où se discutent les grandes questions de l’heure. Sa résilience aux conclaves des grandes institutions et instances convainquent son excellence d’être détenteur d’assez de Know-how pour vivifier ce compagnonnage. La toute dernière visite du chancelier allemand Olaf Scholz ainsi sa toute récente participation à la réunion du Conseil européen relative à la crise alimentaire engendrée par la guerre en Ukraine en sont d’éloquents indicateurs.   

Autre similarité, son principale opposant (Ousmane Sonko troisième présidentiable) tel Mélenchon, ragaillardi par les surprenants résultats engrangés par sa coalition patchwork durant les locales, entend lui imposer la cohabitation au sortir du tumulte du parrainage et d’en sortir vainqueur. Bien que pour le moment, ils soient occupés à colmater les brèches et de se concentrer sur l’orthodoxie des listes fuyantes comme des anguilles.

Au vu de ces contextes, Macky Sall ayant compris qu’en politique qui perd le contrôle de la parole perd le pouvoir, n’entend plus laisser à Ousmane Sonko, l’exclusivité des formules et des phrases chocs quelqu’en soient les impacts et conséquences. C’est ainsi que par les bons soins du magasin « panafricaniste », il submergea les médias de sa phrase anecdotique « Mon travail de président est loin d’être achevé » et de donner son éclairage après les élections du 31 juillet, on se contentera toujours du ‘’Ni oui, ni Non’’. En attendant l’ami Macron l’a distancé en débusquant la denrée rare : un premier ministre ce, avant les législatives. Moustapha DIOP