DEMOCRATIE-DROITS HUMAINS-3e MANDAT : L’Alerte d’Afrikajom Center

Ce rapport est le premier du genre exclusivement porté sur la géopolitique du Sénégal que le Think Tank Afrikajom Center a envisagé de publier sous ce format, sans l’intégrer comme d’habitude dans le cadre global des études sur les pays de la CEDEAO. Il s’agit de situer le Sénégal dans le monde, le Sénégal en Afrique et le Sénégal au sein de la CEDEAO, le Sénégal dans l’islam.
Mais surtout dans le contexte global d’un basculement géopolitique qui rebat les cartes des relations internationales, des rapports de force et d’influence des Grandes Puissances dans le monde et des puissances moyennes sur le continent africain. Force est de constater l’émergence de puissances moyennes qui cherchent à s’affranchir de toutes les tutelles, et une volonté politique de plus en plus marquée des leaders africains de nouer des relations de partenariat gagnant-gagnant avec toutes les grandes puissances.
Il existe une donnée majeure de la géopolitique qui constitue un point aveugle ou un angle mort, dont l’impact grandissant dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale est présente : il s’agit de la révolution numérique et digitale, de l’influence du web sur la vie politique et démocratique de tous les pays du monde et tout particulièrement des pays africains. Le web est en train de bouleverser fondamentalement notre rapport au savoir et à la connaissance, il s’agit d’une véritable révolution industrielle qui reste impensée et presque absente dans les établissements d’enseignements et dans les universités.
Quelques marqueurs qui permettent de situer le Sénégal
- Le Sénégal traverse un tournant majeur de son histoire politique, économique et sociale dans un contexte de basculement géopolitique mondial dont les contours sont encore assez flous avec l’émergence d’un monde multipolaire marqué par des tendances lourdes à la démondialisation, à la désoccidentalisation et à la dédollarisation, consécutives aux effets du conflit Russo-Ukrainien et l’influence de l’Islam.
- En ce qui concerne le Continent africain, au regard des différents sommets Europe-Afrique, France-Afrique, Japon-Afrique, Russie-Afrique, Chine-Afrique, Amérique-Afrique, Turquie-Afrique, le constat le plus évident c’est que l’UA est beaucoup plus un objet de la géopolitique de pays développés en quête de matières premières et d’investissements ou de puissances moyennes qu’un sujet actif porteur d’une vision et d’une stratégie géopolitique continentale. Concernant la régulation des crises politiques, sécuritaires, humanitaires et en matière de gouvernance, l’UA en dépit d’efforts palpables reste désespérément impuissante face aux coups d’Etat militaires et inconstitutionnels. C’est pire concernant les crises sécuritaires car la Force en attente n’existe que sur le papier, elle n’est pas opérationnelle et n’a pas de fonds pour fonctionner face à la dégradation continue de la situation sécuritaire au Sahel, notamment au Burkina-Faso, au Mali, au Niger et au Nigéria. Les Groupes Armés Terroristes (GAT) gagnent de plus en plus du terrain et propagent la menace ans les pays du Golfe de Guinée, notamment au Togo, au Bénin, au Ghana, et ils pointent le nez aux frontières du Sénégal.
- Le basculement géopolitique mondial a un impact réel au Sénégal surtout avec la présidence de l’Union africaine assurée par le Président Macky SALL et qui lui permet d’intégrer momentanément la cour des grands avec son implication dans l’actualité internationale caractérisée par sa rencontre avec le Président Poutine, le Président ZELENSKY, le Président BIDEN et le Président Xi JINPING qui assurait la présidence du G20. Toutes choses qui confirment une tradition diplomatique qui depuis l’indépendance et le Président Léopold Sédar SENGHOR a contribué à donner du Sénégal l’image d’un pays influent en Afrique et dans le monde.
- En Afrique de l’Ouest francophone, le contexte politique, géopolitique, sécuritaire et social caractérisé par une multitude de crises cumulatives, complexes et connectées a eu pour effet l’émergence de coups d’Etat militaires et inconstitutionnels qui ont souvent pour sources profondes le forcing de certains Chefs d’Etat à vouloir conserver coûte que coûte le pouvoir par des révisions qui violent la Constitution avec le troisième mandat, ou la fraude électorale.
- Cette nouvelle donne géopolitique remet brutalement en question toutes les normes et règles relatives à la démocratie, à l’Etat de droit et aux libertés fondamentales acquises depuis les années 90 à la suite des conférences nationales souveraines inaugurées par le Bénin. On assiste à un véritable basculement qui, si on y prend garde va constituer un facteur de division et de régression au sein des Etats membres de la CEDEAO et de l’UA.
- A cette situation, il faut ajouter la présence et l’influence de l’islam fondamentaliste, salafiste, wahhabite et djihadiste qui exerce une pression sur la vision et les pratiques sociales (application de la charia, code vestimentaire, port de la barbe, etc.) partout en Afrique de l’ouest, le Sénégal n’échappe pas à cette influence manifeste depuis la révolution iranienne de 1979, avec la création de l’Etat islamique.
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