À l’occasion du forum de l’eau organisé à Dakar, la délégation de la Russie s’est confiée à Dakartimes. Rappelons qu’elle était composée de représentants du Ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement de la Fédération de Russie, ainsi que du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie.
Question 1. Vos attentes concernant la conférence ont-elles été satisfaites ?
Dans l’ensemble, l’événement était très riche et consacré à l’un des thèmes mondiaux les plus actuels : la gestion des ressources en eau. Nous considérons cette rencontre comme une étape importante dans la préparation de la Conférence des Nations unies sur l’eau, qui se tiendra en décembre 2026 aux Émirats arabes unis.
Nous saluons la contribution des organisateurs, le Sénégal et les Émirats arabes unis, à la préparation de l’événement et à l’établissement d’un dialogue visant à accélérer la réalisation du sixième objectif du développement durable « Garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous et assurer une gestion durable des ressources en eau ».
La Fédération de Russie accorde une grande attention aux questions relatives aux ressources en eau, en particulier au dialogue dans le cadre des Nations unies. La délégation russe a participé activement aux travaux de la conférence et a contribué à l’élaboration d’approches équilibrées et axées sur les résultats pour résoudre les problèmes liés à l’eau. En particulier, la Fédération de Russie a présenté sa vision et ses propositions dans le cadre d’une série de dialogues interactifs, en s’appuyant sur son expérience nationale et internationale.
Nous notons toutefois que certaines approches initialement proposées doivent être affinées. Il s’agit de la nécessité de parvenir à un équilibre et de prendre en compte les positions de tous les États membres de l’ONU, y compris les pays en développement. Malheureusement, au cours des discussions, il n’a pas toujours été possible de présenter pleinement et de manière égale les opinions de tous les participants, et nous estimons qu’il est important de corriger cette approche lors des prochaines étapes de la préparation.
La Russie entend continuer à travailler activement et de manière constructive à toutes les étapes de la préparation de la conférence, y compris les événements prévus jusqu’en décembre, ainsi que dans le cadre d’autres forums internationaux clés. L’un des événements les plus importants dans ce domaine sera la conférence internationale sur l’eau qui se tiendra à Douchanbé en mai prochain, à laquelle nous prévoyons également de participer activement.
Question 2. Quelles sont les ambitions de la Russie au Sénégal ?
La Fédération de Russie est traditionnellement orientée vers une coopération ouverte, équitable et mutuellement avantageuse avec ses partenaires étrangers. Les pays africains, et en particulier le Sénégal, sont des partenaires potentiels naturels dans ce domaine. Nous considérons les questions relatives aux ressources en eau, à l’assainissement et à l’approvisionnement durable en eau comme l’un des domaines importants de cette coopération.
La Russie est le deuxième pays au monde en termes de réserves d’eau renouvelables et possède une expérience pratique considérable dans le secteur de la gestion des ressources en eau. Cette expérience couvre des domaines tels que l’agriculture, les systèmes d’irrigation, le traitement et la purification de l’eau, ainsi que la prévision et la prévention des phénomènes hydrologiques dangereux et des catastrophes naturelles.
Nous sommes ouverts au développement de la coopération, notamment sous la forme d’échanges de technologies, d’expertise et de bonnes pratiques. Nous partons du principe qu’il ne doit y avoir aucune restriction artificielle ni barrière discriminatoire sur cette voie. L’égalité d’accès aux technologies, aux investissements et au financement doit être garantie compte tenu des intérêts nationaux des pays partenaires et sous la houlette de leurs gouvernements.
Question 3. Quels sont les projets de la Russie dans les pays africains ?
L’Afrique occupe traditionnellement une place importante dans les priorités de la politique étrangère de la Fédération de Russie. Nous considérons les pays africains comme des partenaires importants et prometteurs dans des domaines tels que l’agriculture, la gestion des ressources naturelles, l’énergie, l’écologie, l’éducation et la formation professionnelle.
La Russie plaide systématiquement pour que les pays africains disposent de toutes les conditions et possibilités nécessaires à un développement durable. À cet égard, nous sommes prêts à partager les meilleures pratiques, les développements scientifiques et les technologies appliquées que nous avons accumulés, notamment dans le domaine de l’utilisation rationnelle des ressources en eau et de l’adaptation au changement climatique.
Il est essentiel pour nous que la coopération avec les États africains soit fondée sur le respect, la prise en compte des priorités nationales et un partenariat à long terme, et non sur l’imposition de modèles de développement externes.
Question 4. Quels sont les montants d’investissement prévus au Sénégal ?
Comme cela a déjà été souligné, la Russie est favorable au libre accès aux investissements internationaux, en particulier dans un domaine aussi important que la gestion des ressources en eau.
Dans le même temps, il est important de ne pas perdre de vue la question du respect des engagements internationaux déjà pris, ainsi que de l’utilisation rationnelle des moyens dont dispose le système des Nations unies.
Plusieurs États ont déjà annoncé des engagements financiers importants pour promouvoir le développement des systèmes d’assainissement et l’accès à l’eau potable dans les pays africains. Nous partons du principe que ces engagements doivent être pleinement respectés dans les délais convenus.
En outre, il convient d’être prudent à l’égard des initiatives existantes visant à créer des structures internationales supplémentaires, qui sont en elles-mêmes coûteuses sur le plan financier. Il convient d’étudier la possibilité de réduire les coûts bureaucratiques et d’affecter les fonds ainsi libérés à des projets concrets visant à améliorer l’accès de la population à l’eau.
Une telle approche peut garantir des progrès réels et durables dans la résolution des problèmes liés à l’eau.
Question 5. Quelles structures étaient représentées à la réunion de Dakar ?
Compte tenu du thème, du profil et de l’orientation pratique de l’événement, la délégation russe à la réunion préparatoire de Dakar était composée de représentants du Ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement de la Fédération de Russie, ainsi que du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie.
Nous avons l’intention de continuer à accorder la plus grande attention à la préparation de la Conférence des Nations unies sur l’eau et d’impliquer le plus largement possible les ministères russes concernés, les organisations scientifiques et les experts dans ce processus. Nous sommes convaincus qu’une telle approche interministérielle et globale permettra d’apporter une contribution constructive et substantielle à la prochaine conférence aux Émirats arabes unis.

