Vingt-deux ans après le rendez-vous manqué, Thiès tient enfin sa revanche républicaine. En désignant la ville de Thiès pour accueillir la célébration officielle de la Fête de l’Indépendance du 04 avril 2026, le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, pose un acte à la fois politique, symbolique et réparateur.
Pour de nombreux Thiessois, le choix du Chef de l’Etat corrige une vieille blessure : celle du défilé avorté de 2004, annulé à la dernière minute pour des raisons politiciennes, alors que la ville s’était déjà préparée à recevoir la Nation. Cette fois, l’histoire s’écrit autrement.
Face à la presse, ce mardi 03 février 2026, dans la Salle des délibérations de l’Hôtel de Ville, le Maire Dr Babacar Diop a tenu à souligner la portée de cette décision. Il a évoqué « une réparation morale et institutionnelle » pour Thiès.
« Le Président de la République a réparé une injustice faite aux Thiessois. En 2004, notre ville avait été privée d’un événement qu’elle méritait. Aujourd’hui, justice est rendue », a-t-il affirmé, au nom du Conseil municipal, des autorités administratives, des forces vives et de l’ensemble des populations.
Pour l’édile de Thiès, la décision entérinée en Conseil des ministres le 28 janvier 2026 dépasse le simple choix logistique. Elle consacre la reconnaissance d’une ville qui a toujours joué un rôle stratégique dans l’histoire politique, économique et militaire du Sénégal.
« C’est une marque de confiance forte et historique, mais aussi un signal clair : chaque territoire compte dans la construction nationale », a-t-il insisté.
Une vision d’équité territoriale initiée par le chef de l’Etat
L’accueil du 04 avril à Thiès s’inscrit dans le « Programme Indépendance », vaste chantier de modernisation des infrastructures des chefs-lieux de région. À travers cette politique, l’État entend territorialiser les investissements publics, corriger les déséquilibres et rapprocher les grandes célébrations nationales des populations.
Une démarche que Babacar Diop, maire de Thiès, qualifie d’«ambitieuse, inclusive et porteuse d’un développement harmonieux ».
Dès l’annonce de cette orientation le 19 novembre 2025, le Conseil de Ville avait d’ailleurs officialisé sa candidature. Thiès pouvait faire valoir des arguments solides : de larges avenues adaptées aux parades militaires, des équipements structurants, une capacité d’accueil éprouvée et une tradition républicaine bien établie.
Car Thiès n’en est pas à son premier rendez-vous avec l’histoire. Elle avait accueilli les festivités de l’Indépendance en 1979 sous Léopold Sédar Senghor et avait été retenue en 2004 sous Abdoulaye Wade avant l’annulation du défilé. Ce souvenir, longtemps vécu comme une frustration collective, trouve aujourd’hui son dénouement.
Le maire Dr Diop appelle à une grande mobilisation
La candidature de la ville avait reçu l’adhésion unanime du Conseil municipal lors du Débat d’Orientation budgétaire en décembre dernier. La décision présidentielle vient ainsi consacrer une ambition partagée.
Consciente des enjeux, la municipalité annonce une mobilisation générale. Services techniques, autorités administratives, forces de défense et de sécurité travailleront en synergie pour garantir une organisation irréprochable.
Pour le maire de Thiès, le 04 avril 2026 devra dépasser le cadre d’un simple défilé militaire.
« Ce sera un temps de réconciliation, de paix et de cohésion sociale. Nous ferons de cette célébration une fête populaire, républicaine et fédératrice », a-t-il déclaré, appelant chaque Thiessoise et chaque Thiessois à s’impliquer pleinement.
Thiès, une ville qui s’affirme sur l’échiquier national
Au-delà de l’événement, Babacar Diop voit plus loin. Cette célébration s’inscrit dans une ambition plus vaste : repositionner Thiès comme une grande métropole nationale et africaine.
Pour lui, il est hors de question que la ville soit reléguée au rang de simple banlieue ou de cité-dortoir de Dakar.
« Thiès ne sera jamais une dépendance de la capitale. Elle doit être un centre économique, universitaire, industriel, militaire et culturel majeur. Sa place est parmi les grandes villes qui comptent », martèle-t-il.
Accueillir la fête nationale constitue ainsi une étape stratégique dans cette trajectoire de rayonnement.
En avril 2026, la cité du rail ne sera pas seulement l’hôte d’un défilé. Elle deviendra le symbole d’une justice rendue, d’une fierté retrouvée et d’un Sénégal rassemblé.

