La reconnaissance de la Palestine, le carburant de la solution à deux Etats

Pourquoi reconnaître la Palestine maintenant ? Parce que la seule solution politique au conflit israélo-palestinien est la solution à deux États. Or tant qu’un État n’est pas reconnu, ses droits ne sont pas respectés. De ce point de vue, la reconnaissance de la Palestine peut constituer un premier pas vers la paix. La paix c’est la coexistence et il n’y a pas de coexistence sans reconnaissance.
UNE Conférence sur la Palestine s’est tenue à l’ONU à New York les 29 et 30 juillet 2025, à l’initiative de la France et de l’Arabie saoudite, et la question de la reconnaissance de l’État palestinien en était le thème principal. Il y a déjà 148 États-membres de l’ONU qui reconnaissent cet État, y compris, d’ailleurs, 12 États de l’Union européenne, dont la Suède, l’Espagne et l’Irlande et bientôt le Portugal, pour citer quatre États d’Europe occidentale. La France, co-organisatrice de la conférence à l’ONU, reconnaîtra à son tour la Palestine, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2025. La dynamique enclenchée par la diplomatie française - en collaboration avec l’Arabie saoudite - a donc porté ses fruits puisque d’autres États européens ont annoncé ou sont sur le point d’annoncer qu’ils reconnaîtront également la Palestine, tel le Royaume-Uni (« à moins que le gouvernement israélien ne prenne des mesures importantes pour mettre fin à la situation épouvantable à Gaza, qu’il convienne d’un cessez-le-feu et qu’il s’engage dans une paix durable et à long terme, ravivant la perspective d’une solution à deux États » pour citer le Premier Ministre Starmer). La France veut entraîner d’autres États dans son sillage et, plus il y en aura, plus l’effectivité de la Palestine va se manifester dans le monde. Idéalement, la diplomatie française voudrait qu’à terme les Etats-Unis endossent cette reconnaissance par les trois quarts des États-membres de l’ONU, mais cela ne se fera sans doute pas.
Raoul Delcorde
Ambassadeur (hon.) de Belgique. Il a notamment publié « Manuel de la négociation diplomatique internationale », préface de Jean De Ruyt, éd. Bruylant.- Les contours politiques et juridiques de la reconnaissance d’un État