avril 28, 2025
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Economie

Le journalisme, une profession essentielle mais dangereuse

Le journalisme est essentiel au développement durable, à la protection des droits de l’homme et à la consolidation de la démocratie, mais reste une profession dangereuse et trop souvent mortelle – et neuf fois sur dix, l’assassinat d’un journaliste n’est pas élucidé.

Selon l’Observatoire des journalistes assassinés de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), plus de 1600 journalistes ont été tués depuis 1993.

D’autres menaces contre les journalistes se multiplient, en ligne et hors ligne, en particulier dans les zones sans conflit. L’emprisonnement des journalistes atteint un niveau record, tandis que la violence en ligne – en particulier à l’encontre des femmes journalistes – et le harcèlement incitent à l’autocensure et, dans certains cas, à l’agression physique.

Les journalistes sont également de plus en plus souvent attaqués lorsqu’ils couvrent des manifestations, tant par les forces de sécurité que par des participants aux manifestations.

De nombreux rapports et études confirment que les menaces touchent plus particulièrement les femmes journalistes et ceux qui représentent des groupes minoritaires.

Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité

Afin de créer un environnement libre et sûr pour les journalistes et les professionnels des médias, les Nations Unies ont élaboré en 2012, de manière participative et multipartite, la toute première stratégie mondiale systématique de protection des journalistes, qui réunit des organes des Nations Unies, des autorités nationales, des médias et des organisations de la société civile. Le Plan d’action des Nations Unies pour la sécurité des journalistes et la question de l’impunité aborde les aspects fondamentaux de la prévention, de la protection, et des poursuites.

Le Plan est le résultat d’un processus qui a débuté en 2010 à la demande du Programme intergouvernemental pour le développement de la communication (PIDC) de l’UNESCO. Il a ensuite été approuvé par le Conseil des chefs de secrétariat des Nations Unies et inauguré à Vienne lors de la deuxième réunion inter-agences des Nations Unies sur la sécurité des journalistes en novembre 2012.

Le Plan appelle à une approche globale et fondée sur une coalition pour sa mise en œuvre, qui est coordonnée par l’UNESCO, en tant qu’agence spécialisée des Nations Unies dans le domaine de la promotion de la libre circulation de l’information. Il comprend six domaines : la sensibilisation, la définition de normes et l’élaboration de politiques, le suivi et l’établissement de rapports, le renforcement des capacités et la recherche. Des milliers d’activités ont été menées au niveau mondial et national pour mettre en œuvre ce Plan, comme en témoignent les bulletins d’information qui lui sont consacrés.

Le Plan des Nations Unies dans les 10 prochaines années et au-delà

Les dix premières années du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la lutte contre l’impunité ont vu des améliorations significatives dans la promotion d’un environnement plus sûr et plus favorable pour les journalistes et les travailleurs des médias, malgré le recul de la liberté de la presse, la perte de confiance du public dans le journalisme professionnel et la perturbation des modèles d’entreprise des médias.

Mais ces dix dernières années ont également été marquées par des reculs et l’émergence de nouvelles menaces pour la liberté d’expression et la sécurité des journalistes, qui n’avaient pas été anticipées lors de la conception du Plan.

Il s’agit notamment des défis numériques tels que la surveillance numérique, la violence en ligne et la cybercriminalité, qui touchent particulièrement femmes journalistes  ; la prévalence croissante de la désinformation et du discours de haine ; et la croissance exponentielle des technologies numériques, qui suscitent des inquiétudes quant à l’utilisation abusive des plateformes numériques et au rôle de médiateur des sociétés de l’Internet entre le respect de la liberté d’expression et la sécurité des journalistes.

Ces défis comprennent également l’utilisation de poursuites stratégiques contre la participation publique (SLAPPs), qui visent souvent les journalistes pour les empêcher de rendre compte de questions d’intérêt public ; ou encore la nécessité croissante de fournir une assistance d’urgence aux journalistes dans les zones de conflit et les zones non conflictuelles. Lors de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme, les États Membres des Nations Unies sont évalués sur leur performance en matière de liberté d’expression et de sécurité des journalistes et ont récemment reçu des outils sur les meilleures pratiques à cet égard.

Pour renforcer la mise en œuvre du Plan au cours de la prochaine décennie, il faut donc s’attaquer à ces nouveaux défis.

Les Nations Unies – Engagées dans la protection des journalistes

Les Nations Unies travaillent activement à la protection des journalistes. En témoignent le nombre croissant de déclarations, résolutions et autres textes normatifs, le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et l’impunité, ainsi que son Appel à l’action en faveur des droits humains. La protection des journalistes fait également partie du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a pour mandat de promouvoir et de protéger l’exercice et la pleine réalisation, par tous, de tous les droits de l’homme, y compris les droits des journalistes et des travailleurs des médias. Le HCDH travaille à la mise en œuvre des mandats de l’Assemblée générale et du Conseil des droits de l’homme relatifs à la sécurité des journalistes. La Rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression plaide également en faveur de la sécurité des journalistes.

En tant qu’agence des Nations Unies ayant pour mandat spécifique de promouvoir « la libre circulation des idées par le mot et par l’image », l’UNESCO s’efforce de promouvoir la sécurité des journalistes et de lutter contre l’impunité de ceux qui les attaquent. . Cela passe par la formation des acteurs judiciaires et des forces de sécurité aux normes internationales en matière de liberté d’expression, d’accès à l’information et de sécurité des journalistes.

L’un des principaux objectifs du Plan d’action des Nations Unies est de sensibiliser à l’importance d’un journalisme indépendant et professionnel. Les journées internationales, telles que la la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai) et la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes (2 novembr), encouragent la discussion et l’analyse et promeuvent les initiatives liées à la liberté de la presse, à la sécurité des journalistes et à la question de l’impunité.

 

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