Les chiffres clés du projet de loi des finances 2024

Le ministère des Finances et du Budget a publié le projet de loi de finances pour l’année 2024. Revêtant un « caractère unique », au total, les prévisions de recettes du projet de loi de finances 2024 s’établissent à 4 915,2 milliards de FCFA, contre 4 096,4 milliards de FCFA dans la loi de finances pour l’année 2023, soit une augmentation de 818,8 milliards de FCFA (+20%) selon les services de Mamadou Moustapha BA. Le projet détaille aussi les réalisations, projets, et autres défis du pouvoir en place.
Dans l’exposé général des motifs, le ministère des Finances et du Budget (MFB) rappelle que toute loi de finances est particulière mais celle de l’année 2024 revêt un caractère unique. En effet, depuis que l’actuel Chef de l’État, Macky Sall a confirmé, dans son discours à la nation du 03 juillet 2023, sa volonté de ne pas se porter candidat à l’élection présidentielle du 25 février 2024, pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, un Président de la République soumet à la représentation nationale un projet de budget qu’il est sûr de mettre en œuvre pendant seulement trois mois. Le budget de l’État pour 2024 n’est pas un document isolé. Il s’inscrit dans une stratégie globale dont l’horizon dépasse les mandats électoraux, quel que soit leur nombre.
Le MFB fait savoir qu’il marque une étape supplémentaire dans une trajectoire bien définie, qui n’a pour point de repère que le bonheur du peuple sénégalais. Ainsi, le projet de loi de finances (PLF) pour 2024 affiche, comme ceux qui l’ont précédé, une volonté réelle de maintenir le Sénégal sur sa trajectoire d’émergence, profonde aspiration de tout Sénégalais de quelque bord qu’il soit. Même si les concepts peuvent changer, les hommes être remplacés, les délais, les outils et les méthodes évoluer, il y’a certaines vérités qui resteront stables car elles ne sont liées ni à l’idéologie, ni aux convictions personnelles encore moins aux évènements politiques.
Le ministère des Finances et du Budget souligne que la présente loi de finances qui s'abreuve de la sève nourrissante du Plan Sénégal Émergent s'articule autour des six vérités indéniables, pour ne pas dire six axiomes, que sont : le développement du Sénégal ne se fera pas sans une transformation structurelle de son économie, permettant de générer une croissance forte, durable et inclusive ; la transition écologique constitue un enjeu qui doit se trouver au cœur de toutes les politiques publiques ; le capital humain doit devenir, à l’ère de l’intelligence artificielle, la principale richesse d’une nation, si elle veut éviter de se retrouver parmi les perdants de la mondialisation ; les citoyens sont devenus plus exigeants et plus impatients qu’aux décennies précédentes. La demande d’État, à travers notamment une protection sociale et des services publics de qualité, est forte. L’emploi, surtout l’emploi des jeunes, n’est plus un simple droit mais une revendication sociétale, comme la liberté et la sécurité ; le succès des politiques publiques est fortement tributaire de la vigueur des institutions qui les mettent en œuvre, de l’efficacité du système de gouvernance au sein duquel elles s’inscrivent ; la paix est une condition du développement mais dans l’environnement géopolitique incendiaire qui entoure le Sénégal, l’effort de guerre constitue le prix de la paix.
C’est parce qu’il est structuré autour de ces six axiomes, parce qu’il ne fait que prolonger une histoire qui a commencé à s’écrire il y’a dix ans, une histoire qui ne s’arrêtera pas en 2024 car elle transcende le sort personnel d’un Président de la République, que le PLF est pourvu de la même dignité que les lois de finances qui l’ont précédé.
Pour en saisir toute la portée, il est utile de se replacer au début de l’histoire, à ce moment précis où le Sénégal a décidé de se fixer un nouveau cap, de se doter d’une feuille de route ambitieuse, à partir de 2014. Mais pour comprendre comment notre pays en est arrivé là, comment il a forcé son destin, bravé les vents contraires et emprunté résolument l’escalier du Progrès, il est important de pénétrer la méthode employée, d’analyser la politique budgétaire mise en œuvre depuis 2012. Les éléments clés du projet de loi de finances (PLF) 2024 renseignent sur les évolutions très favorables qui ont eu cours dans notre pays. Mieux, ils indiquent aussi de façon tangible que le Sénégal est dans une meilleure situation qu’à la date du 1er avril 2012 et se trouve devant de belles perspectives. Le PLF 2024 est le legs ultime d’un Président de la République à la postérité, la preuve la plus éclatante qu’il laisse son pays dans un état bien meilleur qu’il ne l’avait trouvé le 1er avril 2012, et avec des perspectives qui autorisent tous les espoirs pour le Sénégal et pour les Sénégalais.
L’émergence, un nouveau cap qui constitue une fixation du pouvoir
Selon le MFB, le PLF 2024 s’inscrit dans un continuum, celui de la marche de notre pays vers l’émergence, une ambition affichée à partir de 2014, avec un plan clair pour y parvenir en l’espace de deux décennies. Mais c’est en 2012 que l’histoire a réellement débuté puisqu’il a fallu consacrer deux ans à un effort d’assainissement budgétaire sans lequel toute nouvelle stratégie de développement aurait été vouée à l’échec.
Un préalable : réparer la machine budgétaire
Au 1er avril 2012, la situation des finances publiques du Sénégal était, globalement, la suivante :
- une croissance économique (1,8% en 2011) inférieure à la croissance démographique (2,8%, en 2011) ;
- une situation délicate des comptes publics avec un de déficit budgétaire proche de 8%, avec en miroir une dégradation du compte courant de la balance des paiements ;
- un pouvoir d’achat réduit par une inflation au-dessus du plafond communautaire de l’UEMOA, conjugué à une circulation fiduciaire en repli de 0,6% entre 2010 et 2011 ;
- une situation financière caractérisée par : un besoin net de trésorerie de 302,572 milliards de FCFA ; un doublement de l’encours de la dette publique en moins de 6 ans : 1 022,7 milliards de FCFA correspondant à 20% du PIB en 2006, contre 2 741,4 milliards de FCFA équivalant à 40% du PIB au 31 mars 2012) ; un gap de 60 milliards de FCFA sur la subvention des tarifs de l’électricité ; 5. des choix budgétaires discutables se traduisant, par exemple, par : une campagne agricole 2012 pas totalement couverte au plan budgétaire ; l’inexistence d’un programme d’assistance au monde rural alors même que les paysans et leur cheptel subissaient le contrecoup de la campagne 2011, dans un contexte de renchérissement des prix des produits alimentaires ; des crédits d’investissement qui ont été réorientés pour payer des dépenses courantes. La priorité du Gouvernement, au cours des deux premières années (2012 et 2013), était donc au redressement des comptes publics et à l’assainissement budgétaire, sans oublier de mettre en œuvre certains marqueurs sociaux chers au nouveau Président de la République (bourses de sécurité familiale, couverture maladie universelle, gratuité de l’hémodialyse pour les insuffisants rénaux, baisse des prix des denrées de première nécessité, etc.). Il s’agissait également de jeter les bases du futur décollage économique du pays avec des réformes majeures, à savoir : une revue du cadre juridique par, notamment, l’adoption d’un nouveau Code général des impôts et celui des douanes, une réorganisation et modernisation de l’Administration publique avec la suppression d’agences et de structures administratives budgétivores et la dématérialisation de la procédure de délivrance de l’autorisation de construire, etc.). Puis, vers la fin de l’année 2013, une nouvelle stratégie de développement, reprenant l’esprit ainsi que les fondamentaux de YONU YOKUTE (le programme qui avait permis au candidat Macky SALL d’emporter l’adhésion des Sénégalais en 2012 et d’être élu Président de la République) a été conçue : le Plan Sénégal Émergent (PSE), opérationnalisé par des Plans d’Actions Prioritaires (PAP) sur un trend glissant de 5 ans. Le PSE a été officiellement consacré comme référentiel unique des politiques publiques à l’occasion de la réunion du Groupe consultatif des partenaires techniques et financiers du Sénégal, tenue à Paris les 24 et 25 février 2014. En effet, deux ans après son élection, le Président de la République a fait le constat que le caractère erratique de la croissance, son atonie et l’ampleur des urgences sociales, imposaient de changer de cap afin d’inscrire le Sénégal sur une nouvelle trajectoire de développement. 6 Le PSE repose sur la vision d’un « Sénégal émergent en 2035, avec une société solidaire, dans un État de droit ». Son opérationnalisation prend appui sur trois principaux axes : (i) transformation structurelle de l’économie et croissance ; (ii) capital humain, protection sociale et développement durable ; (iii) gouvernance, institutions, paix et sécurité. L’objectif est donc d’installer l’économie sur une trajectoire de croissance forte, inclusive, durable, créatrice d’emplois et tout en préservant l’environnement et les ressources naturelles. Et sur ce plan, on peut dire que les résultats ont été au rendez-vous.