Les Etats face aux groupes terroristes : Le rôle des drones dans les guerres futures.

«Drone : la course aux armements des groupes terroristes ». Voilà le tire du 02e numéro du canard «Questions de terrorisme». Cette édition s’est penchée sur l’utilisation des drones qui «n’est plus limitée aux forces armées régulières, car les organisations terroristes possèdent ce type d’avions, ce qui fait partie de leur puissance aérienne et ce qui donne à ces avions l’avantage militaire d’être utilisés dans l’attaque et la reconnaissance. Cette technologie est apparue dans de nombreuses organisations terroristes, telles que l’organisation terroriste Daech, Al-Qaïda, Hezbollah et des groupes terroristes en Amérique latine, et la raison de son intérêt est due à sa facilité d’achat, ses faibles coûts, sa grande précision, sa flexibilité opérationnelle et ses capacités de défense élevées». Réalisé par la « Coalition Islamique Militaire Contre le terrorisme », ce numéro a été supervisé par le Major-Général Mohammed bin Saïd Al-Mughaidi. DakarTimes vous présente les grandes lignes de ce numéro qui anticipe sur les menaces du futur au plan sécuritaire.
Par exemple, Daech a utilisé des drones pour filmer des séquences-vidéo de ses combattants réalisant des attentats suicides par des voitures piégées, puis a utilisé ces images dans une forme de propagande médiatique qui a contribué à remonter le moral de l’organisation et à recruter de nouveaux terroristes.
Il est à noter également qu’al-Qaïda est beaucoup moins active dans l’utilisation de la technologie des drones que Daech, mais l’ancienne branche syrienne d’al-Qaïda, maintenant connue sous le nom de Hayat Tahrir al-Sham, était un cas exceptionnel, surtout lorsqu’il s’agissait d’utiliser des drones comme outil médiatique et de propagande. Les militants de Hayat Tahrir Al-Sham ont lancé une célèbre attaque par un escadron de drones sur une base russe en Syrie, en janvier 2018, à l’aide de drones artisanaux assemblés à partir d’un petit moteur, de bois fin et d’un certain nombre de petits missiles.
En plus, le Hezbollah libanais et les Houthis ont utilisé des drones pour attaquer diverses cibles. Le Hezbollah a mené plusieurs attaques contre des cibles israéliennes à l’aide de drones de fabrication iranienne. Par exemple, en juillet 2017, le Hezbollah a lancé trois drones iraniens contre le champ gazier offshore de Karish, situé en mer entre Israël et le Liban.
Pour information, les drones utilisés par le parti sont fabriqués en Iran, et l’Iran a formé des combattants du Hezbollah à l’utilisation de ce type d’avions dans ses camps à l’intérieur du territoire syrien. Les Iraniens ont également formé des combattants du Hezbollah sur la façon d’assembler des pièces pour des drones, après qu’ils aient été passés en contrebande depuis l’Iran via la Syrie.
De plus, le Hezbollah dispense une formation à la milice Houthi au Yémen sur la façon d’assembler des drones iraniens et de les utiliser pour effectuer des attaques.
C’est la raison pour laquelle il faut connaître l’historique de l’émergence des drones et les étapes de leur développement à des fins militaires, et identifier l’impact stratégique, tactique et militaire des drones et revoir le développement des tactiques défensives élaborées par les groupes terroristes, mettre en évidence les risques d’actes terroristes l’emploi, présenter les utilisations des drones par les organisations terroristes et estimer les risques futurs liés à l’utilisation des drones par des groupes terroristes, s’informer sur les systèmes de détection et enfin identifier le rôle des drones dans les guerres futures.
L’émergence des drones et le développement de leur emploi militaire
Les drones ont provoqué de nombreux changements dans l’équation de la guerre, tels que les coûts humains et matériels, le temps, l’espace ainsi que le concept de force. Les drones sont devenus une arme polyvalente que les pays et les groupes armés rivalisent pour posséder dans tous les pays du monde, et leur importance augmente chaque fois que les pays sont en mesure de les développer, les acquérir et les exporter.
Les drones sont considérés comme l’un des moyens de guerre les plus avancés, on en est de plus en plus convaincu et les travaux de développement continuent, compte tenu de leur faible coût matériel et du principe de l’économie humaine, car ils sont pilotés automatiquement à distance, ainsi plusieurs individus dans une petite pièce peuvent conduire plusieurs avions à la fois.
D’un point de vue militaire, les armées préfèrent désormais ce type d’attaque, en raison de sa capacité à toucher des cibles à haute altitude, facilement et avec précision, selon un programme spécifique qui y est programmé, mais s’il est détruit ou ciblé, sa perte sera inférieure à la perte d’un avion de guerre conventionnel.
En effet, ce type d’avion est le résultat d’une intelligence artificielle en constante évolution, et de ses multiples utilisations qui ne s’arrêtent pas aux frontières militaires, mais sont plutôt utilisées dans divers travaux civils tels que la photographie et la livraison de commandes, ainsi que dans la topographie aérienne et l’agriculture. Ils ont également de grandes capacités d’adaptation en fonction des perturbations et changements environnementaux.
Les États-Unis ont utilisé des drones au début des années 70 du siècle dernier, en particulier pendant la crise de la guerre du Vietnam, et le conflit qui se produisait dans la jungle, connu par la guerre des gangs. Ce qui a nécessité le recours aux drones pour régler ce genre de problèmes.
Les drones se différencient des avions de chasse traditionnels sur plusieurs points dont le plus important est leur petite taille et le faible poids de munitions qu’ils emportent. Cependant, ce défaut de poids des munitions est compensé par l’augmentation de l’efficacité des explosifs emportés par ces avions, sachant que le danger et la destruction des explosifs sont très élevés. Les drones sont pilotés à distance, ce qui leur donne un large espace de manœuvre, alors que la portée des avions conventionnels est presque limitée, tandis que les drones volent à une vitesse plus lente et consomment moins de carburant, ce qui est considéré comme un avantage pour les techniciens militaires plutôt qu’un défaut. Les drones peuvent également rester longtemps dans les airs, ce qui permet d’atteindre plus efficacement les objectifs. On peut donc dire que la recherche de cibles et le tir sont les deux principales utilisations des drones militaires aujourd’hui.
Le premier drone est apparu en Angleterre en 1917, puis il a été développé en 19241. Depuis la première guerre mondiale, les États-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont été les premiers pays à les utiliser dans leurs armées, puis l’ex-Union soviétique les a rejoints dans les années trente du siècle dernier. La seconde guerre mondiale 1939 -1945 et la guerre de Corée 1950 - 1953 ont permis aux États-Unis de les utiliser à des fins d’entraînement, comme missiles guidés et pour contrer les avions de chasse habités. Chaque drone était utilisé pour un objectif unique une fois pour toutes, c’est pourquoi on en a produit environ 15 000 dans une usine située au sud de la Californie.
Quant à son rôle dans le domaine des renseignements, il s’est fait remarquer à la suite de la guerre du Vietnam 1955- 1975, et a également été associé à son utilisation dans l’attaque du Kosovo en 1999, lorsqu’il a été approvisionné à cette époque pour la première fois par des missiles.
En raison du développement continu de son industrie et de la demande croissante quant à son acquisition, on s’attend à ce que les dépenses mondiales s’approchent de plus de 100 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2019, en particulier avec l’aspiration de nombreux pays au développement pour remplacer les avions de combat équipés de pilotes et de missiles, y compris les missiles nucléaires. Parmi les pays concurrents dans ce domaine figurent les États-Unis d’Amérique et Israël, grands producteurs mondiaux de drones. Ils dominent le marché et le contrôlent, notamment Israël, qui est son principal exportateur.
Les drones en pièces d’attachées
Les fabricants de drones utilisent les composants suivants :
nombre d’avant les attentats du 11 septembre, 2001, n’a pas dépassé 200 appareils. L’importance de leur rôle multiple et diversifié est apparue depuis que l’armée américaine a commencé à les utiliser, équipés d’armes, dans la guerre en Afghanistan en 2001, la guerre en Irak et contre al-Qaïda au Yémen et leur utilisation par la Central Intelligence Agency (CIA) au Pakistan en 2004.
Les drones ont apporté de nombreuses solutions aux risques et coûts humains et matériels liés aux opérations militaires menées par les armées sur terre, sur mer et dans les airs. En outre, il a fourni des fonctionnalités de combat élevées et des technologies électroniques en transportant des capteurs sensibles et des caméras haute résolution, et les progrès technologiques ont contribué à atteindre des altitudes élevées allant jusqu’à 33 000 pieds, avec sa capacité à stocker de l’énergie, suffisamment pour 40 heures de vol continu.
En Afghanistan en 2010, les forces américaines ont utilisé des drones en fournissant cinq cents heures de photos et de vidéos sur les terres afghanes, et ces photos et vidéos ont atteint un haut degré de précision. Cela a permis aux forces américaines de faire la distinction entre les fermes ordinaires et les fermes de pavot afghanes. Ainsi, l’expérience de l’utilisation de drones dans la guerre d’Afghanistan a fait une différence stratégique et tactique fondamentale par rapport à ce que les armées réalisent sur le terrain, à travers la surveillance, le suivi et le ciblage dans le cadre d’une même mission.
Au Yémen entre 2012- 2015, les raids aériens menés par l’armée américaine à l’aide de drones ont contribué à creuser un vide dans les rangs du groupe Ansar al-Sharia, affilié à l’organisation Al-Qaïda dans la péninsule arabique, en éliminer les dirigeants les plus en vue de ce groupe, au moindre coût humain et matériel. Cela a réalisé ce que les forces humaines n’ont pas réalisé sur le champ de bataille. En 2017, les raids aériens menés au Yémen se sont élevés à environ 176 raids utilisant des drones.
Au cours des années 20072009-, les drones américains en Irak ont effectué environ 476 raids. Ces raids ont joué un rôle majeur quant au retrait de la majorité des forces terrestres américaines en 2011, et cela a été compensé par le doublement de l’activité de vol continu de drones dans l’espace aérien irakien tout au long des années qui ont suivi le retrait. C’est plutôt pareil à ce qui s’est passé en Afghanistan.
Les tactiques défensives des groupes terroristes
L’organisation terroriste Daech a lancé un large éventail d’attaques à l’aide de drones dans ses combats en Syrie et en Irak. Selon le Commandement central américain, pendant la bataille pour libérer Mossoul, Daech a utilisé des avions qui peuvent être facilement obtenus sur des sites Web et des magasins en ligne, et a également utilisé des hélicoptères à quatre roues motrices pour surveiller et larguer des explosifs sur les forces irakiennes. On constate que l’émergence de nouvelles tactiques par des organisations terroristes utilisant des drones double les menaces, puisque l’attaque d’un groupe d’avions sur une cible précise oblige les missiles anti-aériens à les détruire.
En 2018, l’attaque de la base aérienne russe de Hmeimim en Syrie visait l’étendue de la capacité des organisations armées à s’entraîner et à se perfectionner aux usages de cette technologie. Le ministère russe de la Défense a fait état d’une attaque par un escadron de 13 drones qui était équipé d’une caméra pour surveiller sa progression et corriger sa trajectoire, tandis que le reste des avions étaient chargés de 400 grammes d’explosifs, équipés de billes métalliques capables de toucher des cibles à une distance de 50 mètres. Les avertissements de telles attaques demeurent. En
2020, le chef du Commandement central américain, Kenneth McKenzie, a averti que les forces américaines au Moyen-Orient ne sont pas suffisamment préparées pour se défendre contre des essaims de petits drones.
De nombreuses attaques terroristes et opérations de reconnaissance avec des drones ont eu lieu en Irak ; 10 attaques de drones ont été lancées en 2021 contre des cibles à l’intérieur de l’Irak :
- Le fuselage du drone:
- Dispositif de contrôle de l’avion:
- L’émetteur et le récepteur:
- Les moteurs:
- Les hélices:
- Le boîtier électronique de contrôle de vitesse:
nombre d’avant les attentats du 11 septembre, 2001, n’a pas dépassé 200 appareils. L’importance de leur rôle multiple et diversifié est apparue depuis que l’armée américaine a commencé à les utiliser, équipés d’armes, dans la guerre en Afghanistan en 2001, la guerre en Irak et contre al-Qaïda au Yémen et leur utilisation par la Central Intelligence Agency (CIA) au Pakistan en 2004.
Les drones ont apporté de nombreuses solutions aux risques et coûts humains et matériels liés aux opérations militaires menées par les armées sur terre, sur mer et dans les airs. En outre, il a fourni des fonctionnalités de combat élevées et des technologies électroniques en transportant des capteurs sensibles et des caméras haute résolution, et les progrès technologiques ont contribué à atteindre des altitudes élevées allant jusqu’à 33 000 pieds, avec sa capacité à stocker de l’énergie, suffisamment pour 40 heures de vol continu.
En Afghanistan en 2010, les forces américaines ont utilisé des drones en fournissant cinq cents heures de photos et de vidéos sur les terres afghanes, et ces photos et vidéos ont atteint un haut degré de précision. Cela a permis aux forces américaines de faire la distinction entre les fermes ordinaires et les fermes de pavot afghanes. Ainsi, l’expérience de l’utilisation de drones dans la guerre d’Afghanistan a fait une différence stratégique et tactique fondamentale par rapport à ce que les armées réalisent sur le terrain, à travers la surveillance, le suivi et le ciblage dans le cadre d’une même mission.
Au Yémen entre 2012- 2015, les raids aériens menés par l’armée américaine à l’aide de drones ont contribué à creuser un vide dans les rangs du groupe Ansar al-Sharia, affilié à l’organisation Al-Qaïda dans la péninsule arabique, en éliminer les dirigeants les plus en vue de ce groupe, au moindre coût humain et matériel. Cela a réalisé ce que les forces humaines n’ont pas réalisé sur le champ de bataille. En 2017, les raids aériens menés au Yémen se sont élevés à environ 176 raids utilisant des drones.
Au cours des années 20072009-, les drones américains en Irak ont effectué environ 476 raids. Ces raids ont joué un rôle majeur quant au retrait de la majorité des forces terrestres américaines en 2011, et cela a été compensé par le doublement de l’activité de vol continu de drones dans l’espace aérien irakien tout au long des années qui ont suivi le retrait. C’est plutôt pareil à ce qui s’est passé en Afghanistan.
Les tactiques défensives des groupes terroristes
L’organisation terroriste Daech a lancé un large éventail d’attaques à l’aide de drones dans ses combats en Syrie et en Irak. Selon le Commandement central américain, pendant la bataille pour libérer Mossoul, Daech a utilisé des avions qui peuvent être facilement obtenus sur des sites Web et des magasins en ligne, et a également utilisé des hélicoptères à quatre roues motrices pour surveiller et larguer des explosifs sur les forces irakiennes. On constate que l’émergence de nouvelles tactiques par des organisations terroristes utilisant des drones double les menaces, puisque l’attaque d’un groupe d’avions sur une cible précise oblige les missiles anti-aériens à les détruire.
En 2018, l’attaque de la base aérienne russe de Hmeimim en Syrie visait l’étendue de la capacité des organisations armées à s’entraîner et à se perfectionner aux usages de cette technologie. Le ministère russe de la Défense a fait état d’une attaque par un escadron de 13 drones qui était équipé d’une caméra pour surveiller sa progression et corriger sa trajectoire, tandis que le reste des avions étaient chargés de 400 grammes d’explosifs, équipés de billes métalliques capables de toucher des cibles à une distance de 50 mètres. Les avertissements de telles attaques demeurent. En
2020, le chef du Commandement central américain, Kenneth McKenzie, a averti que les forces américaines au Moyen-Orient ne sont pas suffisamment préparées pour se défendre contre des essaims de petits drones.
De nombreuses attaques terroristes et opérations de reconnaissance avec des drones ont eu lieu en Irak ; 10 attaques de drones ont été lancées en 2021 contre des cibles à l’intérieur de l’Irak :
- Le 4 mars: des drones pénètrent dans des complexes de commandement à Bagdad et Erbil.
- Le 14 avril: bombardement d’un hangar d’aviation américain à l’aéroport international d’Erbil.
- Le 28 avril: bombardement d’un site de la Coalition internationale.
- Le 11 mai: grève sur un site de la coalition internationale près d’Erbil.
- Le 6 juin: frappe de deux drones sur la base aérienne d’Al-Assad.
- Le 9 juin: grève sur le site de la coalition internationale à l’aéroport international de Bagdad.
- Le 15 juin: frappe de deux drones sur le site de la coalition internationale à l’aéroport international de Bagdad.
- Le 20 juin: Attaque de la base aérienne d’Al-Asad.
- Le 27 juin: Frappe menée par 4 drones près des complexes de commandement à Erbil.
- Utilisation offensive: Les drones sont équipés d’engins explosifs pour servir de bombes à retardement visant des sites militaires ou civils. En août 2022, les autorités maliennes ont annoncé la mort de 42 militaires maliens lors d’une attaque lancée par l’Etat islamique au Sahara à l’aide de drones, d’artillerie et de camions piégés.
- Utilisation pour la reconnaissance militaire: Utilisation de drones à des fins de surveillance, de propagande et de trafic d’armes. Cette utilisation est le modèle dominant de la plupart des groupes terroristes. En janvier 2022, l’Etat islamique d’Afrique de l’Ouest a utilisé des drones pour filmer des extraits d’une vidéo de propagande montrant son camp d’entraînement au Nigeria.
- Le faible coût de ces drones en échange de la grande capacité militaire qu’ils offrent, incitera les pays à se précipiter pour les acheter à des pays militairement développés ou pour les fabriquer: les drones sont très bon marché par rapport au coût des avions de combat coûteux, qui peuvent faire l’objet d’interceptions et de destructions, avec la perte de pilotes dont les pays investissent dans leur formation à un coût élevé, ou comparés à des missiles balistiques également très coûteux, dont la plupart peuvent être interceptés, notamment ceux à des vitesses subsoniques, par les systèmes de défense aérienne qui leur sont destinés.