février 17, 2026
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MACKY SALL À L’ONU : AU-DELÀ DU PROCÈS EN SORCELLERIE, L’EXIGENCE DE VÉRITÉ

​La tribune du Professeur Ndiaga Loum, parue ce 16 février 2026, résonne comme un cri de passion qui, sous le voile d’une haute autorité morale, occulte les réalités chirurgicales de l’histoire immédiate du Sénégal. En brossant le portrait sans nuances d’un « boucher », l’auteur s’adonne à un révisionnisme émotionnel qui oublie l’essentiel : la responsabilité partagée dans les crises qui ont secoué notre nation.

Répondre à ce texte est une nécessité pour sortir du tribunal des indignations et entrer dans celui des faits. Car la bêtise – pour emprunter les mots du Professeur – consiste précisément à sacrifier la complexité du réel sur l’autel du ressentiment.

L’illusion du paroxysme victimaire et la réalité de l’ordre

​Le Pr Loum évoque des « assassinats » et des « tortures », mais passe sous un silence coupable la genèse du chaos qu’il dénonce. En effet, entre 2021 et 2024, le Sénégal n’a pas basculé dans la violence par décret, mais sous la pression d’une stratégie insurrectionnelle délibérée. Les événements dont il fait état sont le résultat direct de l’appel d’Ousmane Sonko à la jeunesse pour « descendre dans la rue » afin de se soustraire à des dossiers judiciaires de droit commun : le dossier Sweet Beauté (corruption de la jeunesse) et l’affaire Mame Mbaye Niang (diffamation).

​Mobiliser la théorie de la responsabilité de l’État, c’est admettre que face au saccage d’infrastructures publiques, à l’incendie criminel du CESTI et de l’Université de Dakar, la mission première du pouvoir est de protéger les institutions. Lorsque la rue tente d’imposer sa loi à celle des tribunaux, l’État n’a d’autre choix que d’exercer sa souveraineté pour éviter la déliquescence de la République. Dés lors, faire de l’autorité face au chaos un crime, c’est désarmer moralement toute démocratie future.

​Le paradoxe d’une amnistie refusée en paroles, mais gardée en actes

​L’auteur fustige une loi d’amnistie « satanique » dont Macky Sall serait le grand bénéficiaire. Pourtant, la rigueur exige de rappeler une vérité que le Pr Loum semble vouloir effacer : ce sont Ousmane Sonko et l’actuel Président Bassirou Diomaye Faye qui en furent les premiers miraculés. Sans cet acte de clémence souveraine, le paysage politique sénégalais actuel serait amputé de ses dirigeants d’aujourd’hui, qui sont passés de la cellule au Palais grâce à la plume de celui qu’ils vilipendent.
​Plus révélateur encore. Bien que le parti au pouvoir (Pastef) dispose aujourd’hui d’une majorité écrasante et ait promis d’abroger cette loi lors des législatives de 2024, elle demeure intacte en 2026. Pourquoi ce renoncement ? Parce que cette loi fut l’acte de « réalisme politique » indispensable pour éviter une guerre civile imminente. En choisissant l’éthique de la responsabilité chère à Max Weber plutôt que celle de la conviction aveugle, Macky Sall a offert au Sénégal le pont nécessaire pour une alternance pacifique. La dénoncer comme un crime tout en s’y accrochant pour préserver la paix sociale est une inconséquence intellectuelle que le Pr Loum ne saurait justifier.

​Le leadership national : l’architecte de l’émergence

​Au-delà des tensions passagères, le bilan national de Macky Sall est celui d’une transformation structurelle inédite. Il a quitté le pouvoir après avoir hissé le Sénégal au rang de nation émergente et futur producteur de pétrole et de gaz. Ce leadership ne fut pas seulement celui d’un bâtisseur de béton, mais celui d’un visionnaire de la résilience sociale. Chez Macky Sall, l’émergence n’est pas un slogan, ce sont les établissements de santé, d’éducation et de formation, les Universités, le Train Express Régional (TER), le BRT, un réseau autoroutier qui a irrigué le territoire national, entre autres.
​Cependant, son œuvre la plus « humanisée » réside dans la lutte contre les vulnérabilités. Par le biais des Bourses de Sécurité Familiale et de la Couverture Maladie Universelle (CMU), il a instauré pour la première fois un filet social pour des millions de ménages démunis. En investissant massivement dans la transition énergétique et la gestion des ressources hydriques, il a préparé le pays aux défis climatiques du siècle.
Surtout, Macky Sall a surpris les cassandres en refusant volontairement de briguer un troisième mandat, respectant sa parole contre les vents contraires. Cet acte de retrait volontaire, quasi inédit sur le continent pour un président de son envergure, lui a conféré une stature de sage que le ressentiment local tente désespérément de flétrir.

​Un leadership africain gravé dans le marbre du monde

​Le CV international de Macky Sall ne se lit pas à travers les diatribes de l’opposition, mais à travers des accomplissements historiques. Les Nations Unies ne cherchent pas un saint, mais un bâtisseur d’équilibres capable de naviguer dans un monde en fragmentation.
C’est sous son impulsion, lors de sa présidence de l’UA en 2022, que l’Afrique a enfin obtenu son siège permanent au G20, brisant un plafond de verre diplomatique vieux de soixante ans.
​C’est lui qui, à Sotchi face à Vladimir Poutine, a arraché le déblocage des céréales et des engrais, évitant une famine certaine à des millions d’Africains.
Qu’il s’agisse de la réallocation des Droits de Tirages Spéciaux (DTS) pour renflouer les économies africaines après la pandémie, ou de son plaidoyer inlassable pour une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU, il a été l’architecte d’une « Afrique des solutions ».
Il a transformé le continent de simple consommateur d’aide en un acteur géopolitique exigeant des partenariats d’égal à égal.

​L’invité du monde contre le fantasme de l’exil

​Le Pr Loum décrit un homme en « exil doré ». La réalité est tout autre. Macky Sall est aujourd’hui l’un des Africains les plus sollicités sur la scène mondiale. Sa nomination comme Envoyé spécial du Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète (4P) illustre que son expertise sur les crises climatiques et économiques est reconnue par-delà les océans.
​Pour la communauté internationale, il n’est pas le « boucher de Marrakech », mais le garant d’une stabilité rare dans une région ouest-africaine déstabilisée par les coups d’État et le terrorisme. Le contraste est saisissant : tandis que certains tentent de l’effacer à Dakar, les plus grandes chancelleries se bousculent pour bénéficier de ses conseils stratégiques. Le monde ne voit pas en lui un fugitif, mais un homme d’État qui a su orchestrer une alternance démocratique modèle dans un climat de tension extrême.

​Le rendez-vous souverain du « huis clos des pairs »

​Finalement, le sort de cette candidature ne se jouera pas dans les colonnes des blogs militants, mais dans l’intimité du « huis clos virtuel des Chefs d’État » décidé lors du 39ème sommet de l’UA à Addis-Abeba. C’est ici que la théorie de la solidarité institutionnelle prend tout son sens. Les leaders africains refusent que le parricide diplomatique sénégalais prive le continent d’une chance historique d’accéder au Secrétariat général de l’ONU.
​Le Président Bassirou Diomaye Faye se retrouve désormais face à ses pairs. Dans ce cercle restreint, la « raison d’État » continentale pèsera plus lourd que les rancœurs de coalition. Sera-t-il le chef d’État qui porte l’Afrique au sommet du monde à New York, ou restera-t-il le prisonnier des aigreurs de ceux qui préfèrent saboter leur propre pays plutôt que de voir un adversaire réussir ?

​Quand la haine aveugle la raison

​En conclusion, on ne dirige pas le monde avec des tapis de yoga ou des indignations sélectives. Le Sénégal de 2026 n’a pas besoin de procureurs de l’émotion, mais d’architectes de sa puissance. Macky Sall ne sera peut-être pas Secrétaire Général de l’ONU si son propre pays décide de se saborder, mais s’il échoue, ce ne sera pas à cause de son « bilan », mais à cause d’une bêtise atavique qui consiste à préférer une défaite nationale à une victoire de l’autre.
​L’histoire jugera. Entre celui qui a bâti l’émergence et porté la voix de l’Afrique au G20, et ceux qui tentent aujourd’hui d’éteindre sa lumière par pure mesquinerie, le « mauvais côté de l’histoire » n’est pas celui que l’on croit. Le Sénégal saura-t-il être le moteur de cette victoire africaine, ou restera-t-il celui qui a éteint la lumière à New York ?

​Par Mamadou Bassirou KÉBÉ

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