La position adoptée lors de la quinzième session du Conseil d’association entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne constitue un tournant qualitatif dans l’approche européenne du dossier du Sahara. Le fait de considérer qu’« un véritable statut d’autonomie pourrait représenter l’une des solutions les plus viables » ne relève plus de la simple rhétorique diplomatique, mais traduit une évolution vers l’adoption d’un référentiel politique clair pour le règlement du différend.
Sur le plan de la formulation, le communiqué dépasse la logique classique d’« encouragement des parties » pour reconnaître explicitement que la base de la solution réside dans le plan d’autonomie proposé par le Maroc. Cette évolution sémantique est significative : elle marque le passage d’une neutralité prudente à une position fondée sur le réalisme politique et la recherche d’une issue praticable à un conflit prolongé.
D’un point de vue politique, la signature conjointe du ministre marocain des Affaires étrangères et de la Haute Représentante de l’Union européenne confère à cette position une portée institutionnelle engageante. Il ne s’agit plus d’un simple signal, mais d’une orientation susceptible d’influencer durablement les politiques européennes futures à l’égard de la région, notamment en matière de coopération stratégique, économique et sécuritaire.
L’ancrage explicite du communiqué dans les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, en particulier la résolution 2797, souligne la volonté de l’Union européenne de s’inscrire dans le cadre de la légalité internationale, tout en privilégiant une approche pragmatique axée sur une solution politique réaliste plutôt que sur des schémas figés.
Ce positionnement s’inscrit enfin dans une dynamique internationale plus large impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, visant à consolider le soutien international à l’initiative marocaine d’autonomie. Le consensus européen qui se dessine renforce les équilibres diplomatiques en faveur de cette option et réduit progressivement l’espace des approches idéologiques au profit d’une logique de règlement politique durable.
En définitive, la question n’est plus, pour l’Union européenne, de savoir si l’autonomie constitue une solution, mais comment elle peut être mise en œuvre concrètement dans le cadre de la souveraineté marocaine. Ce glissement de perspective marque une étape déterminante dans l’évolution du dossier du Sahara.
Par Hamoud Ghaillani

