avril 4, 2025
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SANS TABAC 2022 : La Listab insiste sur le retrait du tabac dans les boutiques

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié aujourd’hui de nouvelles informations sur la mesure dans laquelle le tabac nuit à l’environnement et à la santé humaine, et a lancé un appel afin que des mesures soient prises pour rendre l’industrie plus responsable des destructions qu’elle cause. 

Chaque année, l’industrie du tabac est responsable de plus de 8 millions de décès, de la destruction de 600 millions d’arbres, 200 000 hectares de terres, de la perte de 22 milliards de tonnes d’eau et de l’émission de 84 millions de tonnes de CO2.  

Le tabac est cultivé majoritairement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où il existe un besoin vital en eau et en terres agricoles pour la production des denrées alimentaires destinées à la région. Au lieu de cela, ces ressources sont utilisées pour cultiver des plants de tabac mortels, tandis que la déforestation gagne de plus en plus de terrain. 

Le rapport de l’OMS intitulé : « Le tabac : un poison pour notre planète (en anglais) » souligne que l’empreinte carbone de l’industrie qui provient de la production, de la transformation et du transport du tabac équivaut à un cinquième du CO2 produit par l’industrie du transport aérien commercial chaque année, contribuant ainsi au réchauffement climatique.  

« Les produits du tabac représentent les principaux déchets sur la planète, et contiennent plus de 7 000 produits chimiques toxiques, qui pénètrent dans notre environnement lorsqu’ils sont jetés. Environ 4500 milliards de filtres à cigarettes polluent nos océans, nos fleuves, nos trottoirs, nos parcs, nos sols et nos plages chaque année », a déclaré le Dr Ruediger Krech, Directeur du Département Promotion de la santé à l’OMS. 

Des produits comme les cigarettes, le tabac sans fumée et les cigarettes électroniques contribuent également à l’accumulation de pollution par les plastiques. Les filtres à cigarettes contiennent des microplastiques et constituent le deuxième type de pollution par les plastiques le plus élevé au monde.  

En dépit du marketing mené par l’industrie du tabac, aucun élément ne permet d’affirmer que les filtres présentent des avantages avérés pour la santé. L’OMS appelle les décideurs politiques à considérer les filtres à cigarettes pour ce qu’ils sont, à savoir des plastiques à usage unique, et à envisager d’interdire les filtres à cigarettes pour protéger la santé publique et l’environnement. 

Les coûts associés au nettoyage des produits du tabac qui sont jetés incombent aux contribuables plutôt qu’à l’industrie qui est à l’origine du problème. Chaque année, cela coûte à la Chine environ 2,6 milliards de dollars des États-Unis (USD) et à l’Inde environ 766 millions USD. Le coût pour le Brésil et l’Allemagne s’élève à plus de 200 millions USD (voir le tableau ci-dessous qui présente d’autres estimations).  

Des pays comme la France et l’Espagne et des villes comme San Francisco (état de Californie, États-Unis d’Amérique) ont décidé d’agir. En effet, suivant le principe du pollueur-payeur, ils ont réussi à instaurer une « législation en matière de responsabilité élargie des producteurs » qui rend l’industrie du tabac responsable du nettoyage de la pollution qu’elle crée.  

L’OMS exhorte les pays et les villes à suivre cet exemple, et à soutenir les cultivateurs de tabac afin qu’ils se réorientent vers des cultures durables, à imposer de fortes taxes sur le tabac (qui pourraient également inclure une taxe environnementale) et à proposer des services de soutien destinés à aider les gens à arrêter de fumer.   

Dans le tableau ci-dessous, nous présentons des estimations des coûts directement liés aux déchets issus de produits du tabac dans un pays de chacune des Régions de l’OMS. Ces estimations sont basées sur l’approche de « l’estimation proportionnelle », qui commence par une estimation des coûts de l’ensemble des déchets (« déchets issus de tous les produits ») pour chaque pays, puis applique une estimation de la proportion de l’ensemble des déchets qui constituent des déchets issus des produits du tabac (c’est-à-dire une « pondération » des déchets issus des produits du tabac).   

En ce qui concerne l’estimation des coûts des déchets issus de tous les produits (colonne [1]), nous nous sommes appuyés sur la littérature et les rapports publics disponibles pour les six pays. Pour le Brésil, la Chine et l’Inde, nous n’avons pu identifier aucune source. Ainsi, pour ces pays, nous avons imputé les coûts des déchets issus de tous les produits en appliquant le coût moyen des déchets issus de tous les produits par habitant de pays à revenu intermédiaire similaires pour lesquels des données étaient disponibles. Une fois établi le coût des déchets issus de tous les produits pour l’ensemble des pays, nous avons appliqué la proportion de déchets issus des produits du tabac. La proportion des déchets issus des produits du tabac était basée sur la moyenne mondiale du Ocean Conservancy’s International Coastal Cleanup, pondérée par la prévalence du tabagisme établi par l’OMS dans chaque pays (c’est-à-dire que nous avons supposé que les pays ayant des taux de tabagisme plus élevés auraient des proportions plus élevées de déchets issus des produits du tabac). L’estimation finale du coût des déchets issus des produits du tabac correspond au coût des déchets issus de tous les produits multiplié par la proportion pondérée des déchets issus des produits du tabac.

OMS

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Comme toutes les années, la Journée Mondiale Sans Tabac a été célébrée ce 31 mai. A l’occasion de cette édition 2022, la Ligue Sénégalaise contre le Tabac (LISTAB) plaide l’application de la loi antitabac. En d’autres termes, la ligue insiste sur le retrait du tabac dans les boutiques et l’installation des signalétiques homologuées.

Si la fermeture de la Manufacture des tabacs de l’ouest africain (Mtoa), filiale du groupe Imperial Tobacco est un grand pas dans la lutte antitabac au Sénégal, il reste encore un long chemin à parcourir. Pour cause, la non application de la loi anti-tabac, pourtant votée depuis 2014. « Nous considérons que le fait d’avoir voté une loi en 2014 a été une très bonne chose. Parce que pour lutter contre le tabac il faut quand même avoir un fondement juridique. Le problème que nous avons aujourd’hui est que cette loi n’est pas appliquée ou bien appliquée. On s’en rend compte que, un peu partout dans le pays, les gens continuent à fumer n’importe où. Et nous considérons cela comme une anomalie. Nous avons sué sang et eau pour avoir cette loi. Nous avons fait beaucoup d’efforts et consenti beaucoup de sacrifices. Nous ne comprenons pas que cette loi ne soit pas appliquée » se désole le président de la Ligue Sénégalaise contre le tabac, Amadou Moustapha Gaye.

Djibril Wélé secrétaire exécutif de la Listab abonde dans le même sens précisant qu’en 2018, un décret ordonnant de retirer le tabac des boutiques, a été sorti. « Mais son application fait défaut. Et sans son application, il est impossible de faire respecter la loi qui interdit de fumer dans un rayon de 200 mètres des établissements scolaires, universitaires et dans les administrations » explique M. Wélé.  

Le décret ordonne également aux vendeurs de tabac de disposer d’une autorisation des autorités administratives de leurs localités, à savoir le gouverneur ou le préfet. Il a été relevé par ailleurs que même s’il y a des signalétiques dans beaucoup de lieux publics, ces dernières ne sont pas homologuées. « Cela veut dire que ces signalétiques ne respectent pas l’arrêté ministériel » précise M. Wélé avant d’ajouter : « Dans les régions, il y a des comités régionaux qui, malheureusement, ne fonctionnent pas à cause de manque de moyens. Ce qui veut dire qu’il y a une loi, mais l’Etat n’a pas mis les moyens pour son application ».

Une autre alerte lancée par la Listab concerne la cigarette électronique. Plus de 400 bars à chicha ont été relevés par la ligue, dans la seule région de Dakar, sans compter les bars clandestins. « Nous avons un arrêté qui doit réglementer la chicha dans le pays. Rien qu’à Dakar, nous avons 400 salons à chicha, fréquentés par les jeunes. Il faut qu’on alerte sur la chicha. Il faut que les gens comprennent qu’elle est plus dangereuse que le tabac classique » met en garde Amadou Moustapha Gaye. Le président de la Listab précise que « quand on fait une séance de chicha, il faut considérer que vous avez fumé 100 cigarettes ». « Je ne pense pas que les jeunes savent cela. C’est au moins 20 ou 50 jeunes qui sont autour de l’appareil de la chicha dans les salons. La difficulté est qu’ils se partagent une seule pipe. Imaginez parmi ces gosses là qu’il y ait un ou deux qui ont des maladies contagieuses. Tout le monde va choper. Les jeunes doivent être plus conscients. Et nous en appelons à la responsabilité des parents., mais aussi à celle de l’État qui prend une partie de la prise en charge des maladies » ajoute-t-il.

La Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique souligne que « bien que 24 pays africains aient instauré une interdiction de fumer dans les lieux publics et 35 aient instauré une interdiction de toute publicité en faveur du tabac ainsi que de toute promotion et de tout parrainage, un adolescent africain sur 10 consomme du tabac, selon nos estimations. Les nouveaux produits apparus, comme les inhalateurs électroniques de nicotine et les produits du tabac, se révèlent également attrayants pour les jeunes, ce qui accentue nos préoccupations ».

Dre Matshidiso Moeti, de poursuivre : « Étant donné que 44 des 47 pays de la Région africaine de l’OMS ont ratifié la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, qui les engage à adopter des mesures efficaces et reposant sur des bases factuelles pour réduire la consommation de tabac, la nécessité d’atténuer les dommages environnementaux causés par le tabac a amené l’OMS redoubler ses efforts visant à lutter contrer la menace globale.

La Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique de poursuivre : « À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, elle « lance un appel aux gouvernements africains pour qu’ils imposent des taxes environnementales sur le tabac dans toutes les chaînes de valeur et d’approvisionnement, notamment la production, le traitement, la distribution, la vente, la consommation et la gestion des déchets ». « Pour les pays producteurs de tabac, j’engage pleinement le soutien de l’OMS pour aider les agriculteurs à passer à d’autres cultures ».

Elle encourage également nos pays à accélérer la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, qui fournit les orientations nécessaires pour faire progresser la création d’environnements sans tabac, mettre en place des programmes destinés à aider les consommateurs de tabac à arrêter, et apporter un soutien à l’application des droits d’accise et d’autres mesures financières. 

« La réduction de la consommation de tabac joue un rôle clé de catalyseur dans la réalisation des objectifs de développement durable liés à la santé, mais, comme l’illustrent les données environnementales, les avantages vont bien audelà de la santé » souligne-t-elle.

Yaye Moussou TRAORE

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