Quelques rares Maliens qui croyaient encore aux mirages de la “souveraineté reconquise” de même que les observateurs étrangers subjugués par des slogans insensés, commencent à peine à admettre que le Mali, à l’image de son voisin et allié du Niger est dans un état végétatif et court tout droit à sa perte.
Il y’a des signes qui ne trompent pas et constituent des avertissements cinglants: l’encerclement progressif de Bamako, le blocus économique impitoyable, les attaques qui se succèdent, sonnent comme l’orage qui annonce une tempête violente et inéluctable. Sentences méritées pour une junte maléfique ou symptômes manifestes d’une agonie en marche que rien ni personne ne peut arrêter? Tous s’accordent maintenant à reconnaître que le point de non-retour a été atteint, q’une ligne rouge est franchie avec l’asphyxie de la capitale. Comme au Niger, le réveil arrive trop tard, le sursaut est tardif. C’est comme le médecin après la mort. Cela fait longtemps que l’État malien pourrit de l’intérieur, même si la junte s’obstine à vendre un récit officiel qui suggère que tout irait pour le mieux et marcherait comme sur des roulettes. Le pire est pris pour le meilleur dans l’obsession de puissance paranoïaque d’un cartel mafieux.
L’escalade, enfin, reconnue par les plus sceptiques n’a rien de spontané ni d’accidentel. La dégradation de la situation que certains feignent de découvrir subitement remonte à très loin dans le temps, depuis les premiers pas des putschistes.
Les dernières vidéos qui circulent, montrant des combattants nordistes, aguerris, demandant la route de Bamako, n’étant pas des autochtones, non sans désinvolture, rassurés qu’aucun État ne se dressera sur leur chemin, donnent froid dans le dos. Chacun réalise que le rubicon a été franchi: l’on n’est plus loin de l’apocalypse.
L’invasion de ces nouveaux combattants, visiblement déterminés et rompus à l’art de la guerre, ne relève pas d’un pur hasard : elle traduit une expansion territoriale des groupes armés et une intensification dangereuse de leurs opérations. Méthodiquement, les djihadistes accentuent leurs pressions et avancent, inexorablement. L’on assiste, impuissant, à une recrudescence de la violence. Il faudrait s’attendre à des risques particulièrement élevés durant le mois de Ramadan habituellement mis à profit car un moment de grande attention pour des démonstrations de force et des grandes offensives spectaculaires destinées à frapper les esprits et les consciences dans le pays et le monde.
Les incrédules invétérés et nihilistes professionnels, avides de discours mensongers, abonnés aux thèses officielles trompeuses sont désormais face à la vérité brutale et indéniable : le Mali n’est plus un État, mais un bateau ivre institutionnel que la propagande tente de maintenir à flot avant le naufrage certain.
Il y’a toujours ce moment grotesque dans la vie d’un État qui meurt : celui où il parle haut et fort dans l’espoir d’exorciser le mauvais sort.
Les discours, les communiqués, les promesses, les mises en scène martiales, se multiplient, se suivent et se ressemblent. L’on s’échine à faire croire que tout est sous contrôle alors que rien ne va plus. Là où l’on attend de voir à l’œuvre une autorité tranquille, un Etat fort, on se retrouve avec des dirigeants égarés dans leurs contradictions et incapables d’affronter l’épreuve d’une réalité hostile.
Le Mali en est à ce stade.
Or, l’état comateux du pays ne peut autoriser l’aveuglement volontaire, le déni chronique et les mensonges d’État éhontés. Le chaos qui étrangle Bamako n’a fait que révéler et amplifier la ruine totale et générale dans tout le pays que nul ne peut plus ignorer ni démentir sans tomber dans la ruine de l’âme et de l’esprit. La junte a toujours vacillé, maintenant elle est au bord du précipice, condamnée à la chute libre. Une issue funeste qui résulte de fautes graves, d’errements impardonnables, de l’incompétence et de la folie au sommet d’un État dans les mains d’une junte criminelle. Le Mali est un pays à l’abandon, à la merci de tous les dangers. Ses populations sont exposées à la violence terrorriste aveugle et chaque jour sont victimes de massacres horribles.
un État ne s’effondre pas parce que sa capitale est menacée ou assiégée mais cela n’arrive aussi que quand il est en faillite, n’a plus un supplément d’âme ni pouvoirs véritables ni autorité avérée.
C’est le monde à l’envers et le comble de l’inconscience humaine. Alors que le navire Mali tangue et prend eaux de tous côtés, l’on ose continuer à parler de “montée en puissance de l’armée nationale”, de “souveraineté retrouvée”, de “reconquête du territoire”. L’on refuse de voir et admettre qu’il n’y a plus d’Etat, que le pays n’existe plus que sur le papier et pourrait à tout moment disparaître de la carte du monde. On se nourrit de discours et vit d’illusions. On croit ainsi gouverner et accomplir ses missions de service public. Un Etat n’existe pas parce qu’il hausse le ton ou en se complaisant dans les effets d’annonces. C’est une erreur fatale de se départir des actes et de la politique du concret pour épouser les mots et la phrasélogie .
Depuis des mois, voire des années, le Mali est livré à une insécurité persistante et endémique qui tourne à la tragédie et à la déchéance. Voilà un pays où l’État, à cause de ses défaillances et de ses mauvais choix a perdu le monopole de la violence légitime et son pouvoir de coercition. La guerre contre le terrorisme est un moindre mal et défi, par rapport à la lutte désespérée pour garantir la survie d’un État, affaissé et émietté, moribond.
La junte, médiocre et orgueilleuse n’arrive pas à mesurer l’ampleur du désastre alors qu’il n’est point besoin d’un dessin pour comprendre qu’il y’a péril en la demeure. Les artifices ne résistent plus à la tyrannie des faits qui s’enchaînent dans un engrenage mortel. En vérité, le Mali, comme tous les Etats de l’AES, abandonné à son sort, n’est plus gouverné.
Dans cette chronique d’une décomposition du sommet à la base, il n’est plus possible de se voiler la face : au-delà des attaques directes contre les positions militaires et de l’embargo armé imposé sur les axes, le Mali subit un étranglement systématique de son tissu économique, financier et logistique. Une guerre menée dans la durée, pensée, assumée, revendiquée. Cette offensive est conduite principalement par le JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, affilié à Al-Qaïda). Elle s’inscrit dans le cadre du « jihad économique » comme le laissent entendre les messages des djihadistes eux-mêmes. L’objectif n’est plus seulement de harceler l’armée ou de frapper symboliquement l’État : il s’agit de faire » tuer » l’économie pour faire tomber le régime. Dans l’intervalle, rendre le pays ingouvernable, invivable, jusqu’à l’effondrement total.
Face à une junte rongée par une faillite structurelle minée par les tensions internes, incapable de sécuriser les axes vitaux, tributaire de mercenaires étrangers qui se comportent en prédateurs plutôt qu’en combattants, cette stratégie est en train de porter ses fruits. Les pénuries récurrentes de carburant, la paralysie des industries, le désinvestissement étranger massif, l’inflation galopante et le mécontentement populaire croissant ne sont pas des accidents : ce sont les effets mécaniques d’une asphyxie organisée. Les jihadistes ne se contentent plus de frapper : ils administrent des territoires, imposent des taxes illégales, exploitent les mines artisanales pour financer leur guerre, bloquent les flux commerciaux et substituent progressivement à l’économie formelle un système parallèle coercitif, transformant le Mali en État néant.
Rappelons d’abord que le Mali a préfiguré le calvaire nigérien : l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako et la base aérienne attenante ont été attaqués bien avant la base 101 de Niamey, dès le printemps 2025 dans des opérations audacieuses qui ont révélé la vulnérabilité du cœur du pouvoir. Ces frappes loin d’être banales et fortuites furent des coups de boutoir sérieux portés à un État déjà agonisant. Comme au Niger, l’attaque au centre de la capitale a exposé la fragilité de l’appareil sécuritaire, rendu la propagande inopérante et forcé à affronter la réalité : il n’y a plus de sanctuaires inviolables, plus de citadelles imprenables. Toute cible est accessible, tout territoire est poreux.
Le Mali coche, aujourd’hui, toutes les cases d’un Etat failli à la perfection, dans le menu détail : perte du monopole de la violence, abandon des zones rurales aux groupes armés, blocus économique qui asphyxie la capitale, dépendance humiliante à des mercenaires étrangers (l’Africa Corps russe, qui pille l’or au lieu de combattre), flux de réfugiés massifs , pénuries chroniques d’énergie et de carburant, paralysie des infrastructures vitales, et une armée démoralisée.
L’assassinat du capitaine Amadou Coulibaly, chef du détachement des FAMa à Goma-Coura, illustre le niveau de dégradation extrême des conditions de vie dans certaines casernes, où la pénurie, le désordre et l’indiscipline sont tels qu’un officier peut être abattu au sein même de son unité pour des futilités comme une querelle autour d’un morceau de viande. Le JNIM ne cache plus ses ambitions : isoler Bamako, afin de provoquer une implosion du régime.
Le secteur minier, pilier central de l’économie nationale l’or représentant près de 80% des exportations est devenu une cible stratégique prioritaire.
Dès février 2024, un convoi lié à la mine d’or de Fekola est attaqué sur l’axe Fekola–Bamako, causant des pertes humaines parmi les employés et entraînant des suspensions temporaires d’activités. En mai 2024, dans la région de Kayes, un convoi de matériel destiné à la mine de Sadiola est tombé dans une embuscade, avec destructions et enlèvements. Des retards de production dans une zone qui concentre l’essentiel de l’or industriel du pays ont suivi. En 2025, les attaques se sont multipliées : convois miniers frappés, travailleurs tués, ressortissants chinois et indiens enlevés, sites évacués, entreprises contraintes de payer des « droits de protections ».
À partir de l’été, sept opérations minières étrangères ont été ciblées simultanément dans l’ouest et le centre du pays, paralysant une large part de la production. En décembre, Kalana est touchée ; en janvier 2026, Denso puis Morila ont subi des incendies d’engins, des destructions d’infrastructures et des enlèvements temporaires de personnel. L’objectif est clair : bloquer les exportations, tarir les recettes, étouffer l’État.
L’industrie n’est pas épargnée. Les sites de ciment, de chaux et de carrières ,essentiels à la construction, aux travaux publics et à l’agriculture sont méthodiquement ciblés. Dès juillet 2025 le site de Carrières et Chaux du Mali à Karaga fut attaqué, la production stoppée, des expatriés enlevés. En janvier 2026, des attaques coordonnées d’une ampleur inédite frappèrent simultanément Diamond Cement à Gangontéry, CCIM à Karaga et le site Stones à Gouroundapé : engins lourds incendiés, bâtiments détruits, enlèvements, fermetures temporaires. Ces attaques, loin d’être isolées, s’inscrivent dans une volonté assumée de paralyser l’économie réelle, d’assécher la construction, de renchérir les importations et d’aggraver la dépendance extérieure.
Mais c’est sur le terrain logistique et énergétique que l’asphyxie atteint son paroxysme. À partir de septembre 2025, les attaques contre les camions-citernes se sont multipliés sur les axes du sud et de l’ouest notamment entre Kayes, Diboli et Bamako. Des dizaines de citernes furent ainsi incendiées, parfois lors d’embuscades spectaculaires contre des convois escortés. Le carburant, dont 95% est importé du Sénégal et de la Côte d’Ivoire devient une arme de guerre. Les files interminables à Bamako, les transports paralysés, les prix qui explosent, les services qui ralentissent ne sont pas des dysfonctionnements : ce sont les symptômes visibles d’un blocus économique en cours. En janvier 2026, l’incendie massif de camions-citernes sur l’axe Kayes–Diboli consacra le contrôle de facto par les jihadistes de corridors stratégiques reliant le Mali à ses voisins.
Les effets militaires et politiques sont cumulatifs et dévastateurs. L’armée est contrainte de se disperser pour protéger routes, convois, sites économiques et centres urbains, affaiblissant partout sa posture défensive. Les enlèvements d’expatriés alimentent une économie de la rançon. La taxation forcée des populations et l’exploitation illégale des mines artisanales financent durablement les groupes armés. La junte, elle, s’enlise dans la communication, incapable de sécuriser les « lifelines » du pays, pendant que la population glisse dans la peur, la pénurie et la résignation.
La propagande s’essouffle, les communiqués sonnent creux. Peut-être faut-il rappeler les faits comme on égrène des preuves devant un tribunal criminel. Voici la chronique des attaques et incidents, documentés et répertoriés aussi dans des rapports disponibles. Par ordre chronologique, depuis septembre 2025 – une litanie de défaites qui illustre la décomposition :
Le 14 septembre 2025, sur l’axe Diboli–Kayes (région de Kayes), un convoi majeur de camions-citernes est pris en éteau par le JNIM. Environ 20 citernes incendiées, marquant le début du blocus énergétique.
Le 22 septembre 2025, dans le cercle de Kéniéba (axe Faladié–Kéniéba), un convoi mixte d’hydrocarbures et de marchandises est attaqué. 3 à 5 citernes détruites, selon des sources locales.
Le 3 octobre 2025, sur l’axe Nioro du Sahel–Diéma, un dispositif explosif (IED) suivi de tirs cible un convoi. 2 citernes ont pris feu, des chauffeurs ont choisi de prendre la fuite.
Le 18 octobre 2025, au sud-ouest, près de la frontière Sénégal–Kita, une embuscade nocturne. 4 citernes incendiées.
Le 29 octobre 2025, sur la route Nioro–Nara (zone Tamkoutat), une attaque combinée IED et armes légères. 1 citerne détruite, 2 chauffeurs maliens enlevés.
Le 9 novembre 2025, à Bamako, un ressortissant libanais est tué dans un établissement au-dessus du restaurant Amandine, impliquant présumément un mercenaire russe de l’Africa Corps.
Le même 9 novembre 2025, attaque du camp militaire de Soumpi à Niafunké par le JNIM. Bilan : 32 militaires blessés évacués, 15 disparus, 21 morts.
Le 11 novembre 2025, à Timissa (cercle de Tominian), trois drones kamikazes frappèrent le poste FAMa. Des Morts et des blessés. Des impacts significatifs. Une opération revendiquée par le GSIM.
Le 27 décembre 2025, enlèvement du commandant Amadou Touré (Armée de l’Air), de son fils et d’un civil à Bananzolé (cercle de Ouéléssébougou, 50 km de Bamako). Véhicules emportés.
Le 28 décembre 2025, revendication de l’enlèvement par le GSIM via Zalaqa. Le groupe a menacé , dans la foulée, d’autres cibles liées à la junte.
Le même 28 décembre 2025, une embuscade contre un convoi de citernes escorté par les FAMa sur Bougouni–Bamako a été enregistrée. Des Pertes en vies humaines, des dégâts matériels. Signature du GSIM.
Le 30 décembre 2025, IED contre patrouille conjointe FAMa et milices russes, près de Ménaka. 5 victimes (morts et blessés). L’État islamique au Sahel a revendiqué le crime.
Le 2 janvier 2026, prise de contrôle total d’un poste militaire FAMa à Altouna (près de Diabaly). Des vies perdues, du matériel emporté (armes, munitions, logistique).
Le même 2 janvier 2026, violents combats à Tin Tadjlalene (près d’Anderamboukane, Ménaka) entre FAMa, Africa Corps, MSA-D et État islamique. Bilan inconnu, réseau coupé.
Le 6 janvier 2026, coupure délibérée de l’électricité du barrage de Manantali via la forêt du Baoulé (zone sanctuarisée GSIM), aggravant la crise énergétique.
Le 8 janvier 2026, checkpoint GSIM à Zambougou (axe Fana–Ségou), paralysant la circulation, imposant des contrôles.
Le 16 janvier 2026, une embuscade contre une patrouille conjointe FAMa–Africa Corps sur San–Bla (Ségou). Pertes en vies humaines, dégâts matériels, enregistrés. Le GSIM a revendiqué l’attaque.
Le même 16 janvier 2026, des affrontements à Tamakoutayte (cercle de Manaka, Ménaka) entre Daesh et FAMa–Africa Corps.
Le 18 janvier 2026, attaque du poste militaire FAMa à Noussombougou (Koulikoro). Des militaires tués et blessés. Du matériel emporté (armes, munitions).
Le même 18 janvier 2026, une embuscade contre une patrouille FAMa–Africa Corps entre Sikasso et Loulouni. Bilan lourd : des morts, des blessés, des dégâts.
Le même 18 janvier 2026, embuscade encore contre un convoi FAMa sur Nioro–Diéma (entre Fesso et Béma, Kayes). Des pertes en vies humaines, des véhicules et équipements emportés. Le GSIM a signé l’opération.
Le 19 janvier 2026, une embuscade contre une patrouille des FAMa entre Fasso et Béma (Kayes). 5 militaires tués, des armes et munitions saisies, 2 véhicules blindés détruits.
Le 20 janvier 2026, une vidéo du GSIM , montrant des prisonniers FAMa, notamment le commandant Touré appelant à sa libération.
Le 25 janvier 2026, une embuscade contre les FAMa et Africa Corps à l’est de Diabaly. Toute la patrouille fut décimée. Un bilan très lourd.
25 janvier 2026, encore, EEI contre un véhicule FAMa–Africa Corps sur Boni–Douentza (Mopti). Véhicule détruit, des morts et des blessés. Assaut revendiqué par le JNIM.
Le 31 janvier 2026, une attaque du GSIM contre le camp dozo à Nayo (Ségou). Plus de 20 miliciens tués, du matériel saisi.
31 janvier 2026, encore, le GSIM prend le contrôle de zones frontalières (corridors Sénégal–Kayes–Bamako et Nouakchott–Nioro–Bamako).
Le 3 février 2026: arrivée de 100 mercenaires russes à Kayes pour récupérer les corps de militaires et de chauffeurs tués.
Le 6 février 2026, une infiltration signalée autour de Bamako : alertes populaires et cris de détresse de propagandistes pro-junte comme SOUL Kabako. Des témoins locaux rapportent des mouvements de combattants du JNIM sur des motos dans la zone aéroportuaire de Bamako.
Ce jour 6 février 2026, assassinat du capitaine Amadou Coulibaly au camp Goma-Coura, suite à un différend portant sur un morceau de viande, comme déjà signalé. Un drame révélateur de l’état de famine dans les rangs et des tensions latentes au sein des troupes.
Telle est la triste litanie. La junte est aux abois, le Mali demeure sans gouvernail. Un pouvoir est en place, certes, mais il n’y a plus d’État, plus de cohésion dans l’armée nationale ni espoirs chez les populations. La propagande officielle ne trompe plus que quelques naïfs. Un climat de terreur permanente a été instauré, par un régime qui veut règner par l’intimidation et la peur, désavoué et honni de tous.
Un constat d’une cruelle évidence : le Mali n’est pas qu’attaqué, il étouffe. Un État qui ne remplit aucune de ses obligations régaliennes, ne ravitaille plus, ne produit plus, ne protège plus, est disqualifié. Un État qui ne vit plus, meurt lentement, méthodiquement, sous les coups conjugués de la guerre menée au front et de la guerre économique. Le pouvoir peut continuer à parler encore et toujours, mais il prêche dans le désert car l’écho de la réalité résonnera toujours plus fort que le retentissement de paroles en l’air ou d’actes de bravade et de faux héroïsme. On ne peut cacher le soleil avec une main.
Samir Moussa

