avril 16, 2024
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APRES 12 ANS DE POUVOIR Le bilan de Macky Sall à la présidence de la République

Macky sall passe aujourd’hui le témoin à Bassirou Diomaye Diakahr FAYE, son successeur à la suite de l’élection présidentielle du 24 mars dernier. Après cette cérémonie de passation de service précédée par la prestation de serment du nouvel élu, le cinquième président de la République du Sénégal devra vite s’atteler au travail pour faire face aux multiples défis qui l’attendent. Cependant, son successeur lui a laissé un pays qu’il a, pendant douze ans, essayé de mettre sur les rampes de l’émergence.  Aujourd’hui, l’heure de faire le bilan global de la gestion de Macky Sall a sonné. Si le président sortant a réussi à la mise en œuvre d’une bonne politique pour booster l’économie du pays, il n’en demeure pas moins que des insuffisances ont été relevées dans certains domaines où le Sénégal traine les pieds. un hub économique

Il a rejoint la liste des anciens présidents du Sénégal. Macky Sall a passé douze (12) ans (2012 – 2024) à la tête du pays. Comme lui-même l’avait dit lors d’une interview accordée à la presse locale, il ne passe pas un jour de plus à la présidence après le 2 avril.

A la faveur de l’élection présidentielle du dimanche 24 mars 2024, le Sénégal a un nouveau président en la personne de Bassirou Diomaye Faye, le candidat porté par l’opposant principal au régime précédent, Ousmane Sonko.

  1. Sall quitte ainsi la présidence de la République en laissant sa place à son successeur comme le prévoit la Constitution sénégalaise. Il n’a pas voulu briguer un second mandat à la tête du Sénégal, invoquant un « code d’honneur », même si la constitution lui donne le droit pour un « second quinquennat », selon lui.

L’argument selon lequel il a encore droit à un mandat, Macky Sall le tient de la révision constitutionnelle de 2016 par référendum où, lorsqu’il disait que cette révision s’applique à son magistère, le Conseil constitutionnel a donné un avis contraire en disant que seul son second mandat sera un quinquennat.

Il a longtemps brandi cet argument, surtout lors des rencontres avec la presse au cours desquelles il a estimé qu’il a le droit de se présenter à la présidentielle de 2024. Le Conseil constitutionnel « a estimé que mon premier mandat était intangible et qu’il était hors de portée de la réforme », disait-il. Le débat est plutôt porté sur le champ politique que juridique, selon lui.

Son silence sur sa position sur un troisième mandat a crispé le pays qui a sombré pendant un temps dans une tension politique, avec son lot de violentes manifestations accompagnées de morts, de blessés et des centaines de Sénégalais emprisonnés.

A 63 ans, celui qui est formé à l’Institut des Sciences de la Terre de Dakar et diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure du Pétrole et des Moteurs (ENSPM) de l’Institut Français de Pétrole (IFP) de Paris s’en va, laissant un bilan que des observateurs qualifient de mitigé pour le Sénégal.

Transformer l’économie et accélérer la croissance : la vision économique de Macky Sall

A son arrivée au pouvoir, le président Macky Sall a lancé de grands projets pour, selon son programme, relever le Sénégal dont la population vit au seuil de la pauvreté. Il a promis transformer l’économie et d’accélérer la croissance à l’horizon 2035.

C’est dans ce cadre qu’il a lancé, dès l’aube de son mandat, le Plan Sénégal Emergent (PSE) qui est « le cadre de référence des politiques de la ‘’gouvernance de Macky Sall’’ visant à conduire le Sénégal sur la voie de l’émergence à l’horizon 2035 », selon les explications de la présidence de la République à l’époque.

Grâce à cette politique, le pays a connu l’installation des plaques solaires, ce qui a fait doubler la puissance électrique du Sénégal en sept (07) ans. Le 22 mai 2022, Macky Sall a inauguré la Centrale solaire de Diass qui ajoute 23 MW de solaire au réseau du pays. Cette Centrale permettra au Sénégal de se rapprocher de son objectif d’atteindre les 30% d’énergie renouvelable dans son mix, et à la Senelec d’alléger sa dépendance aux hydrocarbures.

L’une de ses grandes réalisations reste également la nouvelle ville de Diaminadio, à 60 Km de Dakar, proche de l’aéroport Blaise Diagne, qui promet d’être un pôle économique important.

Selon les informations, elle abritera l’industrie pharmaceutique du Sénégal. On y trouve une unité de fabrication de vaccins contre la fièvre jaune. Les premiers vaccins pourraient en sortir d’ici la fin 2024.

La ville accueille déjà des centaines d’entreprises et certains ministères.

Sur le plan des infrastructures routières, Macky Sall a fait construire le chemin de fer pour le Train express régional (TER), reliant Dakar à la ville de Diaminadio d’abord, et aujourd’hui à l’aéroport international Blaise Diagne, passant par plusieurs banlieues. Il a aussi inauguré le Bus Rapid Transit (BRT) pour désengorger la capitale.

A Dakar et surtout à l’intérieur du pays, sous Macky Sall, beaucoup de routes sont sorties de terre, facilitant ainsi l’acheminement et l’échange des biens et services.

Le président sortant a continué à inaugurer des infrastructures qui portent sa signature jusqu’aux dernières heures avant son départ du palais de la présidence.

L’équité territoriale

C’est l’une des promesses du candidat Macky Sall dans son programme Yoonu Yokkuté qu’il a présenté aux sénégalais en 2012.

A Dakar et surtout à l’intérieur du pays, sous Macky Sall, beaucoup de routes sont sorties de terre, facilitant ainsi l’acheminement et l’échange des biens et services.

Trois programmes phares ont permis ces réalisations : le PUDC, le PUMA et Promovilles.

Le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), comporte 4 volets : allègement des travaux des femmes, hydraulique rurale, pistes rurales et électrification rurale, a été conçu en 2015 en vue d’éradiquer la pauvreté et les inégalités.

Le Puma, lancé en 2016, intervient en zone frontalière et vise l’équité territoriale par la modernisation des axes et territoires frontaliers et l’amélioration des conditions de vie des populations dans ces zones.

Le Promovilles, comporte trois volets : voirie urbaine, assainissement et éclairage public a été lancé en 2016,

Dans les zones rurales les plus reculées, des villages jadis privés d’eau et d’électricité ont eu accès à ces services grâce à ces programmes. Le taux d’électrification rurale au Sénégal est passé de 27 à 58% avec Macky Sall.

Pour le désenclavement, 6673 kilomètres de pistes rurales ont été réalisées dans les territoires de l’intérieur.

La gestion du Covid

Le leadership du président Macky Sall a été salué par le monde dans sa gestion de la pandémie. Le Sénégal a été classé 2e dans le classement du magazine Foreign policy, qui a fait une analyse de la manière dont 36 pays ont géré la pandémie. Les États-Unis se sont retrouvés au 31e rang des 36 pays examinés par le magazine.

Lorsque le Sénégal a connu son premier cas positif deux mois plus tard, le président Macky Sall a immédiatement imposé un couvre-feu et limité les déplacements entre les 14 régions du pays.

Le Sénégal a rapidement augmenté sa capacité de dépistage en créant des laboratoires mobiles capables de fournir des résultats dans les 24 heures,

Le gouvernement de M. Sall a également réalisé une prouesse spectaculaire : chaque personne testée positive a eu un lit de traitement, qu’elle présente ou non des symptômes. Cette mesure a permis de réduire drastiquement les risques de transmission communautaire du virus.

Cette stratégie a eu un coût élevé pour les finances du pays : 1000 milliards de francs CFA ont été mobilisés. Et toujours pas utilisés à bon escient.

Surendettement ?

En effet, selon la Cour des comptes sénégalaise dans un rapport publié en décembre 2022, des milliards de francs CFA ont été dépensés sans rapport avec la pandémie.

A ce jour, aucune poursuite pénale n’a été engagée contre les personnes mises en cause dans ce rapport. Une aubaine pour les adversaires du président Sall qui en ont fait un exemple de l’impunité qui a caractérisé son régime.

Ce bilan dont se glorifient le chef de l’Etat lui-même et ses proches est contesté par ses adversaires qui lui reprochent d’endetter le pays au-delà du raisonnable.

Entre 2019 et 2022, l’endettement public du Sénégal a considérablement augmenté passant de 64% à 75% du PIB, dépassant ainsi le seuil de l’UEMOA (70%).

L’analyse de soutenabilité de la dette du FMI et de la Banque mondiale maintient un risque modéré de surendettement (externe et global), avec toutefois une marge de manœuvre très limitée pour absorber les chocs à court terme.

 

Une démocratie malmenée

Le bilan politique de Macky Sall est très contesté. C’est surtout pendant son second mandat que son régime s’est endurci selon des observateurs. Avec lui, la démocratie sénégalaise a pris un sérieux coup, selon le président du Cercle d’études stratégiques sur l’Afrique de l’Ouest, Nathaniel Olympio. En cause surtout, les condamnations judiciaires de ses adversaires politiques, en premier lieu Ousmane Sonko.

Les partisans de ce dernier ont accusé Macky Sall de l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle du 24 mars dernier. Il a été condamné à deux ans de prison ferme pour corruption de la jeunesse dans une affaire qui l’a opposé à une ex-masseuse.

Cette condamnation le 1er juin 2023 a provoqué des manifestations violentes dans le pays avec 23 morts, selon le bilan de Amnesty International.

Cette affaire est qualifiée de manipulation politique par les opposants. Macky Sall a estimé que c’est une affaire judiciaire qui n’a aucune connotation politique. Mais elle a crispé la vie politique du pays pendant deux ans, depuis 2021, avec une succession des émeutes et son lot de pertes économiques pour le pays.

Avant Ousmane Sonko, d’autres opposants, concurrents de Macky Sall, ont été mis en prison sous son régime. Il s’agit de Karim Wade accusé de détournement de fonds publics et de Khalifa Sall pour presque le même chef d’accusation.

La presse sénégalaise n’a pas été aussi épargnée. Des journalistes, critiques vis-à-vis du régime, ont été mis en prison. La chaîne Walf TV est suspendue le 1er juin 2023 pour un mois, accusée de diffusion de propos subversifs et portant atteinte à la sécurité de l’Etat.

Selon Reporters Sans Frontières (RSF), le Sénégal a perdu 31 places dans le classement mondial de la liberté de presse en 2023.

Après la crainte du pire, notamment avec les tentatives décriées de report de la présidentielle sur fond de décrébilisation du Conseil constitutionnel, garant et régulateur du processus électoral, le Président Sall a pris des décisions qui ont fini par sauver l’essentiel : fixer une date rapprochée pour l’élection et promulguer une loi d’amnistie qui a permis d’apaiser les tensions.

 

Visibilité sur la scène internationale

Le premier test du président Macky Sall sur la scène africaine a été sa médiation dans la crise burkinabè en 2015, après l’insurrection qui a conduit au départ forcé du pouvoir de Blaise Compaoré.

Le général Gilbert Diendéré, un proche de Blaise Compaoré a ensuite renversé le président de la Transition Michel Kafando.

Macky Sall s’est rendu à Ouagadougou en sa qualité de président en exercice de la Cedeao, pour négocier « un retour rapide à une vie constitutionnelle normale ».

Même si le président Kafando a été plus tard réinstallé dans ses fonctions et le général Diendéré mis aux arrêts, certains acteurs clé de la crise burkinabè se sont démarqués de la médiation de Macky Sall, dont le président Kafando lui-même.

Cependant, c’est lors de la crise postélectorale gambienne en 2017 que le président Sall s’affirme comme un interlocuteur de poids dans la région. Le Sénégal prend le leadership diplomatique et militaire de la Cedeao pour faire partir Yaya Jammeh qui refusait de céder le pouvoir malgré sa défaite aux urnes devant Adama Barrow.

Ce dernier fut installé à Banjul par les forces de la Cedeao, après avoir, fait inédit, prêté serment à l’ambassade de la Gambie à Dakar.

Sur le plan international, le président Sall s’est affiché comme un grand défenseur des intérêts de l’Afrique. Nommé à la tête de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au cours de son premier mandat, il a toujours défendu la position selon laquelle il faut l’intégration économique pour lutter efficacement contre le terrorisme sur le continent.

En février 2022, il fut nommé à la tête de l’Union africaine (UA).

Le président sortant a été aussi un militant pour l’entrée de l’un des 54 Etats africains comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies ou de l’Union africaine au G20. Il a réussi à avoir cette dernière demande, puisque l’UA a fini par adhérer le G20 comme membre permanent.

Il a aussi milité pour que les sanctions contre la Russie n’affectent pas le secteur alimentaire. Cette démarche a abouti à la levée du blocus sur les stocks des céréales d’Ukraine à destination de l’Afrique.

Macky Sall a laissé ses marques en ce qui concerne la diplomatie du Sénégal à l’extérieur. Nombreux sont ces observateurs qui affirment qu’il a fait rayonner cette diplomatie sur le plan international.

Il s’est affiché sur la scène internationale comme un grand défenseur des intérêts de l’Afrique. Nommé à la tête de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au cours de son premier mandat, il a toujours défendu la position selon laquelle il faut l’intégration économique pour lutter efficacement contre le terrorisme sur le continent.

En février 2022, il fut nommé à la tête de l’Union africaine (UA).

Le président sortant a été aussi un militant pour l’entrée de l’un des 54 Etats africains comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies ou de l’Union africaine au G20. Il a réussi à avoir cette dernière demande, puisque l’UA a fini par adhérer le G20 comme membre permanent.

Il a aussi milité pour que les sanctions contre la Russie n’affectent pas le secteur alimentaire. Cette démarche a abouti à la levée du blocus sur les stocks des céréales d’Ukraine à destination de l’Afrique.

Cet engagement, selon des observateurs, lui serait bénéfique sur le plan international, même après sa présidence. D’ailleurs, la France lui a ouvert les bras s’il veut embrasser une carrière à l’international.

 

L’héritage de Macky Sall

En renonçant, le 3 juillet 2023, à se présenter à nouveau pour un troisième mandat, Macky Sall a voulu éviter une situation douloureuse pour le Sénégal, lui qui, en 2012, dénonçait la révision constitutionnelle d’Abdoulaye Wade qui voulait se maintenir au pouvoir.

Préserver son honneur et la réputation de la démocratie sénégalaise était ce qui l’a amené à renoncer à un nouveau mandat, selon lui. Cette décision a été à l’origine de l’ouverture du champ politique avec une pluralité de candidats qu’on a observé à l’élection présidentielle du dimanche 24 mars dernier.

Il a organisé une élection présidentielle à laquelle il n’a pas participé. Une première fois au Sénégal. Aujourd’hui, il transfert le pouvoir à l’un de ses opposants qui a gagné la présidentielle. Ce qui traduit, selon Nathaniel Olympio, président du Cercle d’études stratégiques sur l’Afrique de l’Ouest, le dynamisme de la démocratie sénégalaise « qui est une fierté dans la sous-région ».

Macky Sall a laissé derrière lui de grandes réalisations, notamment sur les infrastructures routières grâce à son Plan Sénégal Emergent (PSE). Il a d’ailleurs passé ses derniers instants à présidence à inaugurer des infrastructures et édifices qui contribuent à la modernisation du pays.

Il a aussi réussi à polir l’image du Sénégal sur le plan international par sa diplomatie engagée dans la résolution des conflits en Afrique et ailleurs, et dans le combat pour la place de l’Afrique dans les institutions internationales. Malgré les situations difficiles que traversent les pays de la sous-région avec les mouvements djihadistes et d’autres conflits internes, le Sénégal a gardé sa stabilité et son modèle de démocratie continue d’être cité comme exemple.

Toutefois, les événements politiques de ces derniers mois dans le pays, avec l’embastillement des adversaires politiques de Macky Sall et les tentatives de report de l’élection présidentielle et leur lot de manifestations et de morts ont laissé une tâche noire dans la gouvernance du désormais ancien président du Sénégal.

Une sortie en demi-teinte selon certains observateurs, en témoigne la mesure d’amnistie politique que le président Sall a fait adopter, et qui a contribué à une élection apaisée mais dont la finalité continue toujours de diviser l’opinion.

L’avenir de Macky Sall

Dans son discours traditionnel du nouvel an, le Président sénégalais a levé un voile sur ses projets après la présidence : “Après la transmission du pouvoir, je mettrai en place une Fondation dédiée à la paix, au dialogue et au développement, pour continuer à m’investir dans des causes qui me sont chères’’.

Même si les informations sur le siège ou le financementautour de cette fondation

Les offres de services ne devront pas manquer sur la table du président Sall.

En novembre déjà, Emmanuel Macron l’a nommé Envoyé spécial et président du comité de suivi du Pacte de Paris pour la planète et les peuples (4P).

Selon certaines confidences de ses proches, il envisagerait de s’installer au Maroc après la passation de service avec Bassirou Diomaye Faye.

Cela s’inscrirait alors dans une autre tradition républicaine non écrite au Sénégal, qui veut que le prédécesseur s’éloigne un temps, afin de ne pas gêner son successeur.

 

Avec BBC Afrique

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