Après le coup d’État contre Kadhafi, la majorité de ses partisans avaient quitté le pays.
Mais, au fur et à mesure que la situation se stabilisait, ces kadhafistes sont rentrés en Libye afin de soutenir, dans un premier temps, le général Khalifa Haftar, qui dirige l’Est du pays.
À la suite de l’acquittement de Saif al-Islam par la justice libyenne, les partisans de son père ont quitté le clan Haftar pour rejoindre le fils de Kadhafi, candidat déclaré à l’élection présidentielle reportée.
Depuis quelque temps, Saif al-Islam s’opposait à la nomination, par Khalifa Haftar, de ses fils au sein de l’armée libyenne. Ces nominations contestées des fils du général Haftar dans l’armée ont conduit les anciens partisans de Kadhafi à tourner définitivement le dos au clan Haftar. Progressivement, Saif al-Islam a rallié de nombreux partisans de son père, et même ceux qui étaient en exil sont rentrés au pays pour préparer l’élection présidentielle. Autour de lui s’organisent désormais des forces politiques qui constituent une menace pour la candidature de Saddam Haftar, préparé pour succéder à son père.
Sur le plan sécuritaire, Saif al-Islam ne bénéficiait d’aucune protection, car personne n’imaginait que sa vie puisse être en danger. Mieux encore, ce fils de Kadhafi tenait un discours politique pacifique, appelant à l’unité. Saif al-Islam n’a jamais été dans une logique d’affrontement avec le clan Haftar. Malgré cela, la dynastie Haftar le percevait comme une menace politique.
« Le maréchal Khalifa Haftar, chef militaire dans l’Est de la Libye, consolide le pouvoir au sein de sa famille en nommant ses fils à des postes clés dans ses soi-disant Forces armées arabes libyennes (LAAF). Saddam Haftar, le fils cadet âgé de 33 ans, a été promu au poste de chef d’état-major des forces terrestres et il est très probable qu’il succède à son père. Un autre fils, nommé Khalid, a été désigné chef des unités de sécurité des LAAF », lit-on dans ADF Magazine.
De son côté, le journal Le Monde informe que « Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar, qui règne sur l’est et le sud de la Libye depuis dix ans, a été nommé vice-commandant de l’Armée nationale libyenne le jeudi 14 août. Une promotion entérinée par le Parlement libyen siégeant à Benghazi ».
Le 9 mai 2025, Khalifa Haftar a effectué une visite à Moscou. À cette occasion, il a eu un tête-à-tête avec le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou. Ce déplacement a constitué une opportunité pour introduire son fils Saddam Haftar dans les cercles russes. Déjà à cette époque, le général préparait sa succession. Son fils Saddam a également profité de sa position pour se rapprocher de l’Alliance des États du Sahel. Il a notamment été reçu par le général Abdourahmane Tiani. Saisissant la balle au bond, Saddam Haftar a annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle, à laquelle Saif al-Islam figure parmi ses adversaires les plus sérieux.
Selon RFI, le 19 août 2025, « en Libye, la Chambre des représentants, basée dans l’est du pays, a procédé le lundi 18 août, lors d’une séance à huis clos et en présence d’un nombre très limité de parlementaires, à un amendement de la loi relative à l’Armée nationale libyenne (ANL) dirigée par le maréchal Khalifa Haftar. Cet amendement permettra ainsi à Saddam Haftar de succéder à son père dans ses fonctions de commandant général de l’ANL». Michel DIOUF

